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On a beaucoup parlé récemment de la culture d’entitlement, celle où un garçon croit qu’il mérite de coucher avec une fille ou que les filles doivent quelque chose aux hommes.
C’est surtout un message qui trouve son écho chez les geeks, comme le dit l’excellent article Your princess is in another castle paru sur le Daily Beast la semaine passée, et que vous devez impérativement lire. Au complet.
Je me dois d’acquiescer, parce que je suis de cette catégorie de gens qui approche à peu près tout dans la vie comme un problème à résoudre. Avec assez d’effort analytique, je parviens à comprendre comment faire à peu près n’importe quoi; ensuite, réaliser la chose devient trivial. J’ai déjà compris comment ça devait se faire: j’ai juste à appliquer le raisonnement et ça va marcher, right. Sauf qu’une fille, c’est pas un jeu vidéo, une recette, une analyse de livre ou un billet de blogue. C’est un être humain, et y’a pas de code à cracker.
Pis ça m’a pris du temps à le comprendre.
Quand on parle de culture du viol, on parle aussi de cette culture-là. De cette idée qu’on peut gagner une fille, si on suit la méthode. Tout le concept des Pick Up Artists est basé sur cette prémisse, selon laquelle en dosant bien chaque interaction sociale choisie selon un archétype donné, on finit par obtenir ce qu’on veut, comme s’il suffisait d’appuyer sur les bons boutons pour que Jessica ouvre ses cuisses au gars qui en a trouvé la combinaison, quel qu’il soit. Il va sans dire que c’est une idée profondément ridicule, mais elle possède un certain charme pour les gens qui ont été habitués, depuis leur tout jeune âge, à percevoir le monde comme une série d’éléments rationnels et contrôlables. Un monde-dont-vous-êtes-le-héros.
La vraie vie en est bien loin. Parce que personne n’est le héros, personne n’est la star, et personne ne se contrôle à coups de dés, de gamepad ou de revirements dans le scénario.
La friendzone n’existe pas, tu ne te ramasses pas juste ami avec une fille parce que t’as pas fait le bon move au bon moment. T’as des amies, pis si tu peux pas les voir comme autre chose qu’un potentiel vagin à unlocker, t’es un peu la pire chose du monde. Ta princesse n’attend pas que tu appuies sur le bon combo pour la délivrer et qu’elle s’offre à toi. Personne ne mérite quoi que ce soit.
Et ça me fait penser à toute cette flagornerie qu’on voit, partout, depuis quelque temps. Cette idée comme quoi tout le monde mérite d’être aimé. Tout le monde est beau. Tout le monde est parfait.
Personne n’est parfait. Tout le monde a des défauts. Quand Summum fait une pub de marde avec une joke pas bonne qui dit que tout le monde a des défauts et qu’eux, dans leur revue, ils les effacent, ça ne veut pas dire que tout le monde est parfait dans le fond et qu’ils n’ont rien compris. Ça veut dire que tout le monde a des défauts dans le fond, et qu’ils n’ont rien compris. Que le fantasme d’une femme parfaite (ou d’un homme parfait) est stérile, froid et inintéressant pour n’importe qui possédant un minimum de cervelle.
Mon point: Ça. Ne. Change. Rien.
Parce qu’un humain, ce n’est pas parfait, jamais. Et c’est ça qui fait sa beauté. Et c’est ça qu’on aime.
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Ceci est mon dernier billet pour le blogue d’Urbania. Des circonstances hors de mon contrôle m’obligent à tirer ma révérence, du moins pour le moment. Merci à tous de m’avoir lu.
Mais quand je vois des femmes clamer haut et fort que NON, la cellulite et les vergetures, c’est pas laid, c’est NORMAL, ben, je ne comprends plus rien. On ne se mettra tout de même pas à dire que blanc est noir et que le ciel est jaune banane. Des vergetures, c’est pas esthétique, et de la cellulite, c’est rarement très haut sur la liste des choses qu’on cherche chez une partenaire. De même que les femmes cherchant un mec avec une bedaine de bière ou un petit pénis sont plutôt rares.
Des vergetures ou de la cellulite ne rendent pas une femme moche. Mais, grand diable, cessons de dire que le « normal » est « parfait ». Les attentes irréalistes des hommes ne changeront pas parce que les femmes décident soudainement que « toutes les femmes en ont » veut dire que tout est « parfait ». La perfection n’existe pas, en ce bas monde, et plutôt que de tenter de la redéfinir, on devrait peut-être juste accepter nos failles, nos erreurs et nos faiblesses. Prendre à bras le corps celles qu’on peut changer et essayer de s’améliorer un peu, et regarder celles avec lesquelles on est pris pour toujours et voir si y’a pas moyen d’en tirer quelque chose de bien.