Les multiples naissances de Théodore Pellerin

URBANIA et Axia Films s'unissent pour vous faire découvrir un jeune acteur de talent.

Né un fatidique vendredi 13, c’est malgré tout sous une bonne étoile que Théodore Pellerin voit le jour en juin 97. Élevé par une mère chorégraphe et par un père peintre, le jeune acteur passe son enfance sous le signe de la connaissance, de la curiosité et de l’ouverture d’esprit. « J’ai eu la chance d’avoir une mère qui a toujours pris le temps de m’expliquer la source des choses. Elle pouvait passer une soirée complète à m’expliquer tant l’étymologie des mots que certains principes métaphysiques. Ça m’a permis de développer un grand intérêt pour l’apprentissage en général ».

Aujourd’hui, c’est par le biais du métier d’acteur que Théodore Pellerin a le loisir de satisfaire son appel pour la connaissance. L’œil observateur et l’esprit analytique, il prend toujours le temps de mettre de la lumière sur la source des intentions d’un personnage avant de l’interpréter. « Un personnage complexe n’est pas nécessairement un personnage qui a vécu des choses difficiles, c’est simplement quelqu’un, comme toi et moi, qui a un passé, des habitudes, des réflexes, des peurs. Et ce n’est qu’une fois qu’on connait vraiment son histoire qu’on peut se mettre au service de ce personnage-là ».

La naissance de l’acteur

L’intérêt de Théodore pour la construction de personnage n’est pas né d’hier. Fasciné depuis toujours par ces acteurs interprétant des rôles à des années-lumière d’eux-mêmes, le jeune homme s’inscrit dès l’âge de 12 ans dans une école secondaire spécialisée en théâtre, le collège Robert-Gravel. Sans le savoir, l’adolescent était déjà en train de se donner la chance d’expérimenter, tous les jours et pendant 5 ans, des processus de transformation qui allaient un jour l’amener lui aussi à donner naissance à des personnages n’ayant rien en commun avec lui.

Car même si Théodore Pellerin est né un vendredi 13, il est aussi né de multiples autres fois, à de multiples endroits et de multiples façons depuis ses débuts en jeu, en commençant par son rôle dans la série 30 vies, l’ayant révélé au petit écran en 2013. Depuis, Théodore s’est vu offrir des rôles hautement polarisés, passant d’un Sam stable et réservé dans la série Med à Vrak TV à un Tommy atteint du syndrome de Gilles de la Tourette dans la pièce Yen d’Anna Jordan, jouée à la Licorne à l’hiver dernier. Et chaque fois, Théodore s’investit dans ses incarnations à en éblouir les critiques grâce à son incandescente sensibilité.

«Vincent, c’est un amoureux de la violence, et c’était très nourrissant pour moi de comprendre la source de son sadisme. Autant il ressent tout émotionnellement, autant il ne ressent rien physiquement. »

Mais c’est décidément dans le plus récent et premier long-métrage de Sophie Dupuis, Chien de garde, que Théodore nous interloque par la richesse et par la nuance contenues son jeu. L’interprétation qu’il fait de Vincent, un hypersensible sanguinaire, bouleverse tant par son imprévisibilité que par sa déconnexion du monde réel. « C’est formidable de jouer un personnage d’une telle complexité! Vincent, c’est un amoureux de la violence, et c’était très nourrissant pour moi de comprendre la source de son sadisme. Autant il ressent tout émotionnellement, autant il ne ressent rien physiquement. »

La naissance de Vincent

En effet, ce long-métrage d’une torturante vérité dépeint l’univers d’une famille déséquilibrée de Verdun, où une mère monoparentale (Maude Guérin) tente de garder le cap en élevant ses deux fils impliqués dans la business occulte et barbare de leur oncle (Paul Ahmarani). Bien que l’aîné, JP (Jean-Simon Leduc), fait preuve d’une insupportable lucidité, l’action est davantage dirigée vers le cadet Vincent, diamétralement incontrôlable. « Autant il ressent une empathie et un amour démesuré pour les membres de sa famille, autant il sait se montrer totalement insensible lorsqu’il est question de gens qui ne partagent pas le même sang que lui. Pour lui, la violence est un jeu, et c’est ce qui le rend si imprévisible ».

« Autant il ressent une empathie et un amour démesuré pour les membres de sa famille, autant il sait se montrer totalement insensible lorsqu’il est question de gens qui ne partagent pas le même sang que lui.»

Et pour que cette imprévisibilité soit rendue avec fidélité, Sophie Dupuis avait prévu quelques scènes d’improvisation pour Théodore, rendant les autres interprètes authentiquement déstabilisés, ce qui donne un résultat franchement réel et angoissant pour le spectateur. Mais pour le reste, la réalisatrice a donné un temps précieux et une attention privilégiée à ses acteurs afin qu’ils puissent travailler sur les scènes un mois avant le début du tournage. « Ce fut un réel luxe de pouvoir se réunir et répéter ensemble quelque temps avant. C’est la meilleure façon de tisser de vrais liens et de solidifier la vision que l’on se fait des personnages. Sans cette initiative, l’énergie rendue dans le film n’aurait jamais pu être aussi sincère ».

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Abondant dans le même sens que Théodore, je peux vous garantir que tout l’amour qui fut réservé à la confection des personnages de Chien de garde a servi à donner naissance à un film entier, juste et vibrant, qui verra le jour  au cinéma ce vendredi 9 mars.

Jetez un coup d’oeil à la bande annonce ici:

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