Denis-Carl Robidoux

Montréal, voici mes mots d’amour

J’ai toujours fonctionné par pulsion, c’est-à-dire que je fais mes choix selon le degré d’intensité des papillons dans mon estomac. Si ce n’est pas viscéral, si ça ne me donne pas envie de m’arracher les tripes, si les battements de mon cœur ne franchissent pas les 200/minute, je ne le fais pas.

Alors que je m’emmerdais royalement durant l’été de mes 11 ans (j’avais refusé le camp de jour), (t’étais bon dans ce film Culkin), ma mère a décidé de m’envoyer passer du temps à Montréal chez ma tante. Merci ma douce mom, tout ce qui suit, c’est grâce à toi.

À la seconde où j’ai déposé le pied à Montréal, j’ai été fascinée : le métro, tous ces gens partout, l’odeur de bouffe au centre-ville, les buildings et surtout, cette effervescence que je n’avais jamais ressentie nulle part ailleurs. Tout allait vite, c’était comme un mini New York. Un soir de juillet, alors que je contemplais les feux d’artifice et qu’une explosion de couleurs envahissait le ciel chaud de la métropole, quelque chose s’est produit en moi. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais mon cœur s’est mis à battre excessivement vite. Pouvais-je faire une crise cardiaque à 11 ans ? Non. J’étais juste en train de vivre mon premier coup de foudre. Dans mon estomac aussi, les feux d’artifices éclataient. Et ce sentiment précieux, cette illumination grandiose ne pouvait signifier qu’une seule chose : je devais vivre ici.

C’est ainsi que pendant plusieurs années, j’ai effectué de nombreux allers-retours Québec-Montréal pour apprivoiser la ville. Même que la madame d’Allo Stop (rip) m’avait interrogée de manière douteuse sur la fréquence de mes voyagements. Peut-être pensait-elle que j’étais une drug dealer. Puis, par un matin frisquet de novembre, alors qu’une fine neige tombait sur la Vieille Capitale, j’ai eu une révélation: l’heure était venue d’accomplir ce petit rêve qui me chatouillait depuis trop longtemps.

Un mois et demi plus tard, le 30 décembre 2012, j’étais en route pour la métropole, dans une dangereuse tempête, avec mes sacs de vidanges entassés dans la voiture de mon amie. Ce fut un déménagement mémorable.

Depuis ce jour enneigé, j’ai adopté Montréal et je l’aime un peu plus chaque jour. Je ne suis pas une grande romantique, mais ma chère ville, voici quelques mots d’amour qui devaient être expulsés de mon être.

Montréal, je t’aime. J’aime tes chauffeurs de taxi qui acceptent de me piquer une jasette à 4h du matin même si je vois quadruple à la sortie d’un bar. J’aime toutes tes boulangeries qui embaument le Plateau aux petites heures du matin. J’aime tes musées dans le Vieux et tes rues pavées l’été en talon (lol, not.). J’aime tes bagels du Fairmont et tes 9854 friperies du Mile End. J’aime tes festivals de musique avec tes hot dogs à 14 piasses. J’aime tes foodtrucks l’été et tes lumières de Noël dans le Village à l’année. J’aime ton Villeray et sa tranquillité (et son Dairy Queen. Et aussi parce que c’est mon hood). J’aime tous tes restos à déj’ de Rosemont, tes brasseries de quartier même si je bois pas de bière, tes restos plus fancys de Griffintown. J’aime tes spécimens de Hochelaga, tes belles bâtisses d’Outremont, tes pizzas au Nutella de la Petite-Italie. J’aime tes graffitis sur la Main, j’aime tous tes cafés (et ses séduisants baristas) qui rendent mes heures de travail sur l’ordinateur, disons, plus agréables. Je t’aime à toutes les saisons et même l’hiver parce que rien de plus réconfortant que la chaleur du métro quand il fait -329 dehors. Je t’aime surtout parce que j’ai un jour croisé Manolo de Ramdam sur Mont-Royal et pour cela, je t’en serai forever reconnaissante.

Montréal, tu es délicieuse en tout point. Tu es le petit tas de peanuts sur mon sundae du Mcdo, tu es le Jos Louis que j’avais oublié dans mon armoire quand j’ai une rage de sucre, tu es la surprise dans le Kinder, tu es la guacamole dans un nachos, tu es une savoureuse tranche de bacon le lendemain d’une soirée trop arrosée, tu es la fumée rassurante d’un café le matin.

Tu es aussi la Rolls-Royce des métropoles parce qu’on trouve de tout chez toi : l’Asie, le Liban, l’Iran, le Maroc, le Gabon, la Côte d’Ivoire, Haïti, le Portugal, le Brésil, l’Argentine, la Russie, la Suisse, la France, l’Italie, et tellement plus encore.

Montréal, je t’aime pour la vie.

P.S. M’en veux pas si je suis pas encore allée au Schwartz’s, j’pas fan des line up et encore moins du smoked meat.

P.S.2. Pis moi je l’aime, ton franglais.
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