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Ma seule et unique semaine de vacances de l’année, je l’ai passée les deux pieds dans le sable… bitumineux. À Edmonton, à «faire semblant», avec une centaine d’inconnus venus d’un peu partout au Canada et en Europe.
«Quessé t’es allé crisser à Edmonton», de me questionner assez judicieusement mon père. Euh, pas facile à expliquer.
«Hein? Le Parlement européen est à Edmonton?» Ben non. C’est une simulation. Ce ne sont pas de vrais députés qui siègent là. Ils font semblant. Pis cette année, ils faisaient semblant en Alberta.
Mais dans ce jeu de rôle parlementaire, les participants font semblant pour vrai. Ils débattent, amendent, votent, approuvent, s’engueulent pour de vrai de vrai. Dans un petit huis clos de fausse réalité où le côté cour est l’extrême-droite et le côté jardin l’extrême-gauche.
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À la SPECQUE, plutôt que de se déguiser en golem ou en mage, les participants se cravatent en politiciens, en journalistes et en lobbyistes. Pendant une semaine, ils jouent un rôle et incarnent, à peu près, la démocratie.
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Comme dans les GN, ils ont une quête à accomplir : faire approuver quatre projets de loi. Dans le plus parfait respect de l’appareil juridique européen.
Toute une théâtralité enveloppe l’événement. Les députés se donnent à cœur joie lors des débats qui se transforment en joutes oratoires. Ils endossent pleinement leurs rôles, même les plus ingrats.
Imaginez, incarner l’extrême-droite. Je me suis dit que ce devait être l’équivalent d’être simple cordonnier dans un univers fantastique.
Au début, j’étais perplexe et un peu réticent. Parce que j’aime pas trop les vestons, encore moins le parlementarisme. J’avais peur de me retrouver dans un repère de minipoliticiens aux culottes trop serrés qui se pètent les Bruxelles. Mais pantoute.
L’événement se déroule plutôt dans une ambiance chill de camp de jour. Dans une sorte de decorum-and-coke, à mi-chemin entre le sérieux de l’hémicycle et la mal de tête d’un sommeil amoché. Sauf que l’exercice demeure full pédagogique, et c’est là tout l’intérêt de la simulation.
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Parce que il n’y a rien de simulacres dans les connaissances qui sont acquises et transmises pendant la semaine. Les travaux existent pour vrai… dans la mémoire d’une centaine de jeunes.
C’est vrai, les textes, une fois approuvés, seront pas réellement appliqués… en tout cas, pas légalement. En tout cas, pas pour l’instant.
Mais ça va au moins avoir servi à éduquer des citoyens. À les informer sur une réalité qui devrait être la leur. C’est ça, en fait, que ça donne : ouvrir les frontières sur d’autres horizons, imaginer des solutions à des problèmes d’ici et d’ailleurs, découvrir une perspective nouvelle (peut-être inédite pour certains) sur le monde avec un grand M.
Et ça, c’est sans parler des belles rencontres. Ouais, des fois, faire semblant, ça a ses vertus.
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