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Eille, ‘y faut ben! Scott Gomez a enfin compté! Que Dieu soit loué! Faites que ce but à sept millions de chapelets soit béni d’entre toutes les pucks et qu’il nous achemine vers le saint graal de la LNH! On l’attendait-t-y pas rien qu’un peu celui-là : À nous la Coupe!
Bon okay, j’avoue : je ne suis pas une vraie fan. J’imagine que vous aviez été totalement bernés par la perspicacité de mes prédictions quant à l’issue de la saison 2012…. Héhé!
Mais en réalité, disons que j’ai un peu dû googler « Scott Gomez », lorsque j’ai vu mon fil Facebook envahi par les acclamations en tous genres à son endroit. En fait, si on pouvait énoncer mes deux principaux champs d’ignorance, j’irais spontanément avec : les automobiles et le hockey. On pourrait donc affirmer que je suis le contre-exemple de la femme à marier pour le lavallois moyen, mais là n’est vraiment pas le point.
À proprement dit, je me sens aussi familière avec l’univers du hockey qu’avec celui de l’art décoratif mésopotamien. Lorsque j’écoute un match, j’ai peine à suivre la rondelle sur la glace. Cherchant à simuler une quelconque compréhension des enjeux, je m’exclame chaque fois que rubber dans filet il y a – peu importe de quel côté de la patinoire. J’ai appris il y a environ deux mois que Georges Saint-Pierre n’était pas un joueur du Canadien. Le Georges des Canadiens, c’est plutôt le type qui vend des extracteurs à jus. Ça m’aide à m’en souvenir. Aussi, vous auriez dû voir ma gueule quand on m’a confirmé que les Nordiques avaient vraiment existé. Ça vous donne une idée d’où je me situe sur le spectre de la hockeymania.
Généralement, lorsque j’assiste à une discussion sur les performances du tricolore, je me garde de tous commentaires. Ils auraient probablement l’éloquence de ceux des joueurs interviewés dans la chambre, de toute façon. Je n’ai aucune idée de ce qui fait un beau jeu, une bonne stat’ ou un bon « premier trio » (ça c’est la quote que j’ai retenu, la fois où j’ai écouté l’Antichambre, à RDS). Je ne sais pas qui est bon, qui ne l’est plus; qui joue cochon, qui pas. M’en fout.
Mais y’a une chose, pourtant, qui me fait tripper à propos du hockey. Je n’aime pas le hockey pour le hockey, mais pour ce que ça représente pour nous, les Québécois. Les matchs, j’y comprends pas grand chose. Mais la frénésie et la force rassembleuse qui les accompagnent, ça, je la capte.
Il n’y a plus grand’ chose qui fasse lever les foules, dans le Québec morne d’aujourd’hui. Le Québec poids plume, comme on l’apprenait hier avec les résultats du recensement 2011…
Mais le hockey! C’est un peu le dernier bastion de notre tempérament collectif bouillant. Imaginez, on vit encore sur le rêve de 93 (j’ai googlé une fois de plus) ! Même le dernier référendum n’a pas eu cette portée! C’est tiré par les cheveux, mais il y a tout de même quelque chose là.
Si on perd trop souvent l’essence de notre fierté québécoise, la frénésie du hockey me rappelle que celle-ci n’est pas morte pour autant. Et ce malgré le fait que la plupart des joueurs actuels du CH ne peurl’ qu’un petite peu la française.
Mais on s’en fout. Ils sont sous notre bannière à nous, et il s’agit du divertissement soulevant le plus de passion au Québec, et ce à tous les paliers de la société. J’veux dire… Ça crie aussi fort à Ville Mont-Royal que dans Centre-Sud quand le Canadien gagne en 3e prolongation.
Lorsqu’il y a match, sans même y penser, on se rassemble dans les chaumières et les tavernes, et on trinque à ce qui faisait partie de notre identité nationale avant même qu’on en prenne conscience. Il ne faudrait pas sous-estimer l’importance des allégeances sportives dans le renforcement et le maintien du substrat identitaire d’un peuple. Dans cette optique-là, le hockey, oui ça me titille une corde sensible.
Alors ça ne me fait rien de voir pleuvoir des tonnes d’articles sur les moindres faits et gestes des protagonistes du tricolore. Si ça peut nous rappeler qu’on veut encore quet’chose tous aussi fort pis dans le même sens, les Québécois!
Mais en tous cas. Ç’a l’air que c’est pas cette année que je vais pouvoir laisser pousser ma barbe des séries. J’suis un peu déçue.