François Rieux

Missekat, la mamie du Street-Art

À presque 80 ans, elle pose des chats sur les murs de Paris

Certains soirs Missekat enfourche son vélo, glisse ses bombes de peintures et ses pochoirs dans son panier et part péter les murs du 3e arrondissement. Ses petits-enfants kiffent : “ils disent ‘Cool! Mamie c’est une délinquante!'”

Texte tiré du site de notre partenaire StreetPress.

Rue Debelleyme, Paris 3e – Missekat colle le pochoir en forme de chat sur le mur. La presque octogénaire se saisit ensuite d’une bombe de peinture noire et teste le spray à même le trottoir. En 10 minutes à peine, elle enchaîne les trois pochoirs qui composent son œuvre. 22h50, la mamie rock’n’roll, cheveux ébouriffés, bagouses aux doigts et blouson en cuir remballe ses affaires et enfourche son vélo noir.

“Je vais avoir 80 ans en novembre et quand les gens me voient, ils ne pensent pas que je peux graffer dans la rue”, jubile-t-elle avec un large sourire. Sa spécialité, des chats en tout genre :

“Missekat, ça veut dire ‘petit chat’ en danois [son pays d’origine, NDLR]. J’ai toujours aimé cet animal pour ses qualités comme pour ses défauts.”

L’amour du risque

Les risques ? Tout comme son âge, elle n’y pense pas vraiment une fois sur le ter-ter :

“J’aime le frisson que ça procure. Je n’ai jamais croisé la police, mais je stresse quand même. C’est un mélange d’interdit et de liberté…”

Ses balades au clair de lune lui ont pourtant causé quelques frayeurs. Un soir, vers 23h alors qu’elle tague non loin de chez elle, un homme la filme avant de la prendre à partie de façon virulente :

“Au départ, je pensais qu’il filmait parce qu’il aimait bien ce que je faisais. Non, en fait il voulait me dénoncer. Dans le voisinage, beaucoup n’aiment pas ce que je fais… Ils n’y connaissent rien en art, ce sont des vieux cons!”

Super mamie

Depuis, la street-mamie évite de partir en escapade toute seule :

“De temps en temps, des amis viennent aussi. Juste pour voir… Ça me rassure, car mes dessins suscitent pas que des réactions positives.”

Parfois, ce sont aussi ses petits enfants qui l’accompagnent dans ses virées nocturnes : “Ils ont entre 13 et 14 ans et ils disent ‘Cool! Mamie c’est une délinquante!’, ça me fait beaucoup rire…”

Tirade interrompue par la sonnerie de son téléphone. C’est son compagnon : “Oui j’ai mis les haricots rouges au frigo. Non pas encore. Mais si je te l’ai dit. Je fais un tag dans la rue. À tout à l’heure… Bisous.”

Il semble s’inquiéter de l’heure. Elle décide de le rejoindre. À peine partie, un noctambule photographie déjà le chat fraîchement dessiné sur le mur.

Pour lire la suite de cet article, rendez-vous sur StreetPress.

Pour lire un autre reportage de StreetPress : “Les confessions d’un recruteur de djihadistes en prison”

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