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Minute de silence svp
Alors que des hommages posthumes s’organisaient déjà hier après-midi, quelques heures à peine suivant les explosions survenues au marathon de Boston, c’est à Twitter qu’on aurait dû implorer une minute de silence.
«Twitter does its best work in the first 5 minutes after a disaster, and its worst in the 12 hours after that», écrivait l’auteur Matt Roller sur Twitter. C’est vrai : rumeurs non fondées, théories du complot, déclarations d’émotions convenues, récupération politique et autres commentaires nombrilistes déplacés fusaient sur le réseau social après la tragédie et fusent encore ce matin.
Comme si les chaînes en continu n’alimentaient pas déjà assez notre boulimie d’information après les grands événements qui secouent la planète, Twitter en rajoute en ouvrant la porte à la logorrhée de tout un chacun. Presque la même date que les attentats d’Oklahoma City! Un Saoudien a été arrêté! Mon ami a terminé en 2 :54. Pendant ce temps, 50 morts dans des attentats en Irak… Une photo brouillée et pas brouillée d’un gars qui a perdu sa jambe. Un héros.
Autant de faussetés, de raccourcis, d’inepties, de sensationalisme n’ont d’autre choix que de relayer la vérité au rang de rumeur ou de banalité. Même une vraie guidoune à info dans des moments comme celui-là ne veut pas avoir à se demander c’tu vrai ou c’pas vrai. Hier, le compte Twitter d’NBC Sports rapportait qu’après avoir franchi la ligne d’arrivée, des marathoniens poursuivaient leur course jusqu’à l’hôpital pour donner du sang. Une belle histoire. Est-ce que c’est vrai? Je ne le sais pas.
Mais je me demande : qu’a fait Twitter de si bien, réellement, dans les cinq premières minutes suivant les explosions? Était-ce si important que l’on sache ce qui venait tout juste de se passer et que l’on se mette trop impatiemment à la recherche d’explications quand, 12 heures plus tard, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé?
Dans tout ce brouhaha, un peu de silence n’aurait certainement pas fait de tort à la paix dans le monde. Quand un événement comme celui-là survient, la dernière chose dont on a besoin, c’est de plus de haine. Et hier, entre ceux qui se fâchaient contre ceux qui ne semblaient pas assez sincèrement consternés et ceux qui blâmaient déjà les méchants musulmans, on générait définitivement plus de mal que de bien.
Hier, loin de Twitter, c’est probablement elle qui avait la meilleure attitude*.
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