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« Mean Girls » a 15 ans : que doit-on retenir du film culte ?

Une analyse en GIFs.

J’étais en secondaire quatre.

J’avais un premier chum, des cheveux bleachés, une brassière préférée (push-up rose flash) et je découvrais avec émerveillement l’humour de Tina Fey. Le film Mean Girls, scénarisé par la comédienne américaine, prenait l’affiche et des tonnes d’adolescentes tombaient comme moi sous le charme d’une oeuvre faite pour elles, mais différemment…

Quinze ans, une comédie musicale et 129 millions de dollars américains au box-office plus tard, que peut-on retenir du film culte?

Beaucoup de bonnes choses (et d’autres un peu plus discutables).

Vouloir être aimé par une personne qu’on haït, c’est humain…

Mean Girls, c’est l’histoire de Cady (Lindsay Lohan), une adolescente qui découvre l’univers scolaire après des années d’éducation à la maison. La jeune femme a passé 12 ans en Afrique avec ses parents zoologistes, protégée de toutes les règles qui régissent la puberté vécue en collectivité.

Vaguement mésadaptée, elle trouve pour seuls amis les deux hurluberlus de l’école, Janis et Damian (la gothique incomprise et son BFF gai, évidemment).

Les comparses éduquent Cady quant aux différentes cliques qui sévissent : les freaks d’art, les geeks asiatiques, les sportifs, les personnes sexuellement actives, celles qui ne mangent pas et les Plastics, soit les trois filles les plus populaires de l’établissement. Quand elle remarque que Regina George (Rachel McAdams) et ses deux alliées portent attention à Cady, Janis l’invite à infiltrer le clan pour l’aider à se venger d’un coup bas asséné par Regina-la-reine il y a plusieurs années.

Or, Cady se trouvera rapidement aspirée par la soif d’être aimée. Qui ne le serait pas? On a toutes rêvé de se tenir avec les filles les plus fetch de l’école… Et qui pourrait résister au pouvoir inhérent à la popularité?

15 ans plus tard, on lui pardonne, mais on en garde un goût amer parce que l’enjeu est toujours d’actualité.

« Je pouvais l’haïr et, en même temps,  vouloir profondément être aimée par elle », dit Cady au sujet de Regina. Et c’est peut-être l’une des phrases les plus importantes à retenir.

Penchons-nous sur ce paradoxe, la prochaine fois qu’on likera amèrement une photo sur Instagram…
(Ou qu’on se demandera si celui qu’on vient de recevoir venait vraiment du cœur.)

Tina Fey est la femme parfaite…

Le personnage d’enseignante bienveillante incarné par Tina Fey reflète exactement la femme que je souhaite devenir : libre, drôle, belle, brillante, baveuse et indépendante.

En plus, elle a besoin d’avoir trois jobs pour subvenir à ses besoins, ce qui, je crois, représente assez bien le pétrin dans lequel notre génération de pigistes est en train de se crisser. Bref, elle me réconforte dans mes choix de carrière autant qu’elle me fait rêver.

Les « lois du féminisme » sont… à discuter

Selon les Plastics, s’intéresser à l’ex d’une amie défie les « lois du féminisme » (même si l’amie est consentante – et que l’ex aussi).

Selon leur enseignante, il faut éviter de se traiter de « bitch » entre femmes, parce que ça donne la permission aux hommes de le faire (il n’y a donc pas moyen de se réapproprier des termes injurieux).

Selon Cady, dans le monde des femmes, il faut savoir être « sneaky » (sinon, on se fait marcher dessus).

Vive l’avènement de discours multiples et de Beyoncé, mettons…

La colère féminine est légitime!

S’il nous arrive de parler dans le dos de nos amies, c’est parce qu’on n’a jamais appris à exprimer correctement notre colère. Voilà la plus grande leçon à tirer de Means Girls! Ce film, c’est un plaidoyer pour la libération de la colère féminine, un appel à la chute des codes qui régissent notre calme, notre contrôle et notre frustration.

Fonçons.

Le fatshaming, ça vieillit mal…

Avertissement : 15 ans après sa création, Mean Girls peut faire grincer des dents à cause de son bon lot de blagues sur le poids. L’objectif premier de Cady étant de faire engraisser Regina pour qu’elle perde son trône, le film est rempli d’allusions au fait qu’un corps qui n’est pas mince est synonyme d’échec social.

Et si je me rappelle d’avoir trouvé drôles les stratagèmes déployés pour accumuler sournoisement les calories à l’époque, je constate que ce procédé humoristique plutôt facile n’a plus tant sa place, en 2019. Les choses ont changé, pour le mieux.

Et d’autres, en contre-partie, n’auraient jamais dû changer. On devrait encore aujourd’hui pouvoir entendre la chanson Milkshake dans un film, mettre des jupes à taille basse un peu humiliantes et manger des Toaster Strudels pour déjeuner. On devrait aussi pouvoir consulter nos seins pour savoir quand il pleut.

… Surtout consulter nos seins pour savoir quand il pleut.

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