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Cette entrevue est tirée du magazine URBANIA spécial âge d’or, paru à l’été 2010.
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Lorsque MC Gilles rencontre un vrai Gilles, ça fait des flammèches! Réelle idole de sa génération, Gilles Proulx s’est congédié lui-même de son poste à la radio, alors qu’il attirait encore 200 000 auditeurs. Il sévit toujours dans quatre réseaux de télé, où il parle de voyage, d’histoire et même de religion (ndlr: c’est vrai, on l’a déjà aperçu à Victoire de l’Amour à TVA). Il donne des conférences et a une vie toujours aussi chargée. Et ses opinions sur sa société et les jeunes générations n’ont pas changé!
Gilles Proulx: La radio, c’est comme le train: c’est un peu dépassé, mais ça reste un service essentiel. C’est évident qu’avec la multiplication des médias, l’auditoire se fragmente constamment. Les goûts de la jeunesse ont aussi beaucoup évolué par rapport à la radio. Elle est beaucoup plus superficielle… Elle ne veut surtout pas entendre parler d’histoire ou du passé !
Je suis cynique par rapport à l’inculture des jeunes qui sont farauds, forts de leur diplôme de cégépien, et qui disent: « On va vous montrer nous autres ». Et on voit ce que ça donne : une culture de vernis – quand on gratte, y a rien derrière! Comme il n’y a pas de culture historique à la radio et dans les médias en général, quand il se produit un événement majeur, comme la mort d’un personnage fort important, les jeunes ne connaissent pas son histoire, son combat, etc. Je me rappelle, quand le pape est mort, j’ai entendu un comique à la radio dire « Qu’est-ce qu’il a fait de bon, lui, Jean-Paul II ? » C’est lamentable ! Pour devenir une grande gueule dans ce milieu-là, il faut être à la fois drôle et renseigné. Il n’y a plus de Gilles Proulx, d’Arthur, de Cournoyer, de Pascau… Pis Jeff Fillion, on l’a envoyé en orbite : il parle aux étoiles.
Les patrons ? ! Des tarlas ! Des épiciers ! Des anciens vendeurs de canisses de peinture ! Il y a 25-30 ans, pour devenir patron, fallait que t’aies fait la patinoire. Aujourd’hui, c’est la bourse qui parle plus que le résultat d’une programmation. Ça, pis les maudites cotes d’écoute.
On a manqué le train de l’Indépendance, en ‘95… (émotion). La nouvelle génération n’en a que pour le rock’n’roll et les Canadiens de Moscou.
Le hard rock!
Hippie pis pourri, quoi!
On n’a plus de langue… C’est comme quand j’entends : « Ta batterie est t’à terre »… Si est « t’à terre », ramasse-là !
Je ne crois pas. La police n’est plus ce qu’elle était non plus. Avant, quand un morveux « jouait à l’adulte », elle lui donnait un bon coup de matraque entre les deux yeux. Aujourd’hui, c’est le morveux qui donne un coup de poing su’a’yeule à la police ! Et après ça, on forme un comité pour protéger le morveux. Et si on déplore ça, on passe pour des fascistes.
MC? Pour Master of Ceremonies ? ! Ici on dit a-ni-ma-teur! On est au Québec. On est distinct, on est différent.
Environ 25-30 ans. Fait juste regarder les prénoms aujourd’hui: tous les « Bob » et les « Cathy », ça montre un début de déracinement. Les Israéliens, eux, font pas ça, même si c’est un p’tit peuple. Mais, nous autres, on est un p’tit peuple qui ne veut pas devenir grand. Si on était fier…
Ce gars-là aurait dû naître au 19e siècle. Je trouve ça lamentable. T’entends ce que je te dis, même si je suis un « gars de droite »?
Ils ne m’invitent déjà plus parce qu’ils n’ont plus d’argent. Mais ils invitent Ginette Reno qui doit coûter 20 000 piastres par semaine !
J’ai toute faite. J’ai eu 852 blondes.
Mais si je pouvais reprendre du début, j’aimerais être un joueur de hockey. Je serais fort, je plairais aux bonnes femmes, je serais riche et je serais le dieu du stade ! En plus, j’aurais un nouveau contrat chaque année, ça serait bien mieux qu’à la radio. Et j’aimerais jouer pour les Nordiques.
Les jeunes condamnent souvent la droite, mais y savent même pas c’est quoi, ces tricoteux de panier- là! Si la droite, c’est défendre la victime plutôt que le bum, moi j’en suis, oui. Si la droite, c’est s’enrichir, se lever le matin et se donner un coup de pied dans le cul, je suis pour ça. Si la droite, c’est être tanné d’un gouvernement qui est trop lourd parce qu’il y a douze employés à côté de l’escabeau au lieu de quatre, je suis pour ça. Christ… ophe Colomb.