Ou pourquoi je suis contre le fameux projet de loi donnant à la police le pouvoir d’arrêter toute personne masquant son visage dans une manifestation jugée illégale.
Pour expliquer sa ligne dure, le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a indiqué que «Les comportements destructifs et insouciants causent du tort aux collectivités et ne doivent pas être tolérés». Dans le même communiqué, il prendra par exemple l’émeute de l’an dernier après l’élimination des Canucks en finale de la Coupe Stanley, mais aussi les manifestations entourant le sommet du G20 de 2010 à Toronto et, bien sûr, les manifestations entourant la grève étudiante québécoise actuelle.
Faut l’avouer, l’idée a quand même du bon!
Après tout, ce projet de loi pourrait éviter les élans de certains casseurs.
Comment déterminera-t-on le potentiel de violence de chaque manifestation locale? Ça reste à voir et l’exercice se promet d’être loufoque.
Après tout, ça serait triste de considérer automatiquement une manifestation spontanée après une victoire du Canadien en finale de la Coupe Stanley comme étant un attroupement au potentiel violent (mais bon, en considérant la dernière saison de l’équipe, on a encore pas mal de temps pour ajuster la loi d’ici ce moment tant attendu). Tant qu’à être subjectif, pourquoi ne pas frapper pendant le défilé des jumeaux du Festival Juste Pour Rire ou dans la file d’attente du Bal en blanc, pendant qu’on y est? Frappons les vrais événements détestables de la métropole, t’sais!
Bref, le projet de loi a du bon, mais est foncièrement mal à mon humble avis.
Primo, les forces policières ont DÉJÀ le pouvoir d’arrêter les casseurs, masqués ou pas. Un type lance une brique dans une fenêtre? On l’arrête, point final!
Sans oublier le fait que, malgré les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté à Montréal depuis le début de cette grogne populaire, la casse est vraiment minime.
Puis, au risque de m’embourber dans la redite, se masquer est un mal nécessaire dans le conflit actuel.
Chers M. Nicholson et représentants de la Commission de la sécurité publique de Montréal, vous voulez limiter «les comportements destructifs et insouciants » qui causent du tort aux collectivités? Faudrait donc revoir la formation des forces policières – surtout lorsqu’il est question de manifestations – du même coup.