Jade Bressan

Comment Zuckerberg se câl**** de vos données privées en 5 exemples

Petit retour sur des « moves » semi-douteux du CEO de Facebook.

Mark Zuckerberg a beaucoup fait parler de lui dans l’actualité récente; il répond d’ailleurs aux interrogations des Sénateurs suite au scandale Cambridge Analytica au Congrès américain depuis hier.

Si on se fie à son expression faciale qui ressemble drôlement à celle d’un gars qui vient de pogner ses parents en train de swinger sur la sécheuse, je dirais que ça fait pas trop son affaire. Il semble cependant de plus en plus à l’aise devant public : on a pu le constater hier, alors qu’il a pris de l’aisance au fur et à mesure que la session avançait. L’action de l’entreprise a reflété la bonne performance de Zuckerberg puisque cette dernière a connu une augmentation de 4,5 % durant la journée (ses coachs d’expression orale — dont un ancien assistant de George W. Bush — doivent être contents!).

Mais que se passe-t-il dans la vie du petit geek bum de Harvard devenu dirigeant de l’une des plus puissantes entreprises mondiales pour que son nom apparaisse partout dans les journaux et sur le web? Eh bien, pas mal d’affaires plutôt louches. Et ce n’est pas une nouvelle tendance : le milliardaire a en effet pris des décisions assez douteuses depuis qu’il a mis sur pied Facebook, notamment en ce qui concerne la vie privée de ses utilisateurs. Disons que c’est pas exactement le genre de trucs dont on se vanterait sur Facebook, justement.

J’ai donc pris l’initiative de vous faire un petit résumé des moves semi-douteux de Zuck (outre ceux liés à l’affaire Cambridge Analytica puisqu’ils ont été couverts en long et en large) afin que vous aussi, puissiez constater ce qu’il pense réellement de la vie privée des gens selon ses agissements et non selon ses belles paroles et excuses prononcées devant public.

Facemash ou les débuts d’une plateforme pas très legit

Pour tous celles et ceux qui ont vu le film The Social Network, racontant la vie du fondateur de Facebook, vous vous rappellerez que le jeune Mark avait d’abord développé un engin appelé « Facemash » en 2003, afin de comparer les étudiantes de l’université strictement en fonction de leur beauté; deux photos apparaissaient et les utilisateurs devaient choisir la plus hot des deux filles. De la grosse classe.

Cette plateforme avait connu un certain succès sur le campus de Harvard, mais l’administration a tôt fait de l’interdire et de réprimander Zuckerberg en menaçant de l’expulser pour bris de sécurité, violation des droits d’auteur et atteinte à la vie privée. Ces charges ont cependant été abandonnées par l’université.

« Ça part fort! », comme on dit.

Thefacebook, plateforme née d’une idée volée

Sur le campus de la prestigieuse université, Zuckerberg était reconnu pour ses talents de codeur; les jumeaux Cameron et Tyler Winklevoss ainsi que leur partenaire Divya Narendra l’ont donc recruté pour travailler sur une idée de plateforme sociale appelée Harvardconnection.com (puis UConnect). Sauf qu’après que les trois amis aient discuté de leur projet avec le jeune geek, celui-ci a volé leur idée et a développé Thefacebook — le nom de la plateforme à l’époque — en parallèle, pendant qu’il était censé travailler sur l’autre plateforme.

Après que Zuckerberg ait finalement lancé Thefacebook.com, les trois étudiants l’ont poursuivi pour ne pas avoir respecté le contrat oral sur lequel ils s’étaient entendus en copiant leur idée et en utilisant illégalement le code source conçu pour UConnect. La cause a finalement été réglée à l’amiable pour 1,2 million d’actions Facebook en 2008.

Un ratoureux, ce Mark.

Pirater des courriels de journalistes, pas de trouble!

En 2004, en plein litige avec les fondateurs de UConnect, deux membres du journal de Harvard, le Crimson, ont été mis au courant des agissements de Zuckerberg par Cameron Winklevoss. Ces journalistes, Tim McGinn et Elisabeth Theodore, ont donc décidé d’enquêter sur cette affaire en rencontrant chacune des deux parties pour avoir leur version de l’histoire. Tout juste avant que Crimson ne publie l’article, le fondateur de Thefacebook.com a jugé bon de hacker les courriels des journalistes pour être au courant des derniers développements.

Il a donc fait une recherche dans le journal d’entrée de données de sa plateforme afin de trouver des mots de passe erronés utilisés par des membres de Crimson qui tentaient d’accéder à Thefacebook.com. À l’aide de ces informations privées, Zuck a réussi à se connecter à deux comptes de courriel et ainsi, à lire les échanges privés impliquant les deux journalistes et les fondateurs de UConnect.

Pas cool. Pas cool, pantoute.

Messenger enregistre les messages textes et appels des usagers Android

Depuis que le scandale de Cambridge Analytica a éclaté, les utilisateurs de Facebook ont porté davantage attention à ce que la plateforme faisait de leurs données privées. Dylan McKay a téléchargé un fichier zip contenant toutes ces données recueillies par Facebook et en les étudiant, il a remarqué que des informations sur ses appels (noms de ses interlocuteurs, heure, durée) avaient été enregistrées à son insu, sans qu’il ait donné son consentement.

Sean Gallagher, un journaliste d’Ars Technica, a découvert que les propriétaires d’un appareil Android ayant téléchargé l’app Facebook qui ont donné accès à leur liste de contacts durant l’installation, ont par le fait même donné leur accord pour que leurs informations d’appels et de messages textes soient compilées.

Encore une fois, Facebook s’est défendue en disant que c’était une pratique courante dans l’industrie, que les utilisateurs avaient donné leur accord et que le but de cette collecte de données était de fournir une meilleure expérience sur la plateforme.

« Pousse, mais pousse égal », comme on dit.

Impossible d’effacer des messages privés sur Messenger… sauf pour Mark Zuckerberg

Tout récemment, le site Techcrunch dévoilait que Facebook avait effacé des messages de Mark Zuckerberg dans la messagerie privée de la plateforme. « Rien de spécial ici, tout le monde peut faire ça! », me direz-vous. Eh bien justement, non.

Quand vous supprimez des messages de Messenger, l’échange apparait toujours sur la plateforme de votre interlocuteur et il est impossible de le faire disparaitre. Sauf pour le CEO de Facebook qui est le seul utilisateur disposant de cette option. L’entreprise a justifié l’utilisation de cette fonction spéciale en disant vouloir mieux protéger les informations de ses dirigeants suite au piratage de données privées de nombreux employés, dont les hauts placés, de Sony Pictures en 2014. C’est possiblement vrai, mais il y a aussi le fait que Zuckerberg a envoyé des messages instantanés peu subtils par le passé; par exemple, voici un échange avec un ami datant de 2004 sur les données privées des utilisateurs de Thefacebook :

Mark Zuckerberg : yea so if you ever need info about anyone at harvard . . . just ask . . . i have over 4000 emails, pictures, addresses, sms.

Ami : what!? how’d you manage that one?

Mark Zuckerberg : people just submitted it . .  i don’t know why . . . they ‘trust me’ . . . dumb fucks.

Ish.

Après que la nouvelle sur cette fonction spéciale seulement disponible pour Zuck ait été publiée, Facebook a réagi en affirmant qu’elle allait éventuellement rendre cette fonction à tous les utilisateurs de la messagerie.

Du beau rattrapage, toé.

Verdict

Comme vous pouvez le constater, Mark Zuckerberg est loin d’être blanc comme neige en ce qui concerne la protection de la vie privée des utilisateurs de Facebook, son enfant chéri, quoiqu’en laisse paraitre son apparence de garçon timide. Hier, c’était la 14e fois qu’il s’excusait publiquement au nom de son entreprise pour des agissements douteux.

Se soucie-t-il donc vraiment des données personnelles des milliards d’utilisateurs Facebook? Permettez-moi d’en douter. Beaucoup.

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