Mademoiselle Dumpling et l’art du lèche-vitrine

Une histoire de famille.

Sur l’éclectique rue Saint-Hubert, notre regard est toujours sollicité, titillé tantôt par une robe de mariage fuchsia ou par un smoking à froufrous exposé dans un magasin tout aussi anachronique. Un petit creux ? Ce n’est pas le choix de restaurants qui manque : entre le très chico-j’impressionne-ma-date Montréal Plaza, le je-m’y-échoue-à-3h-am  Roi du Smoked Meat et le pas tuable-voyons-dont-que-ça-existe-encore Nickel’s, l’offre est très éclatée. Dans tout ce barda, notre cœur balance vers La maison de mademoiselle Dumpling.

Les plus pressés sur la rue Saint-Hubert freinent la cadence pour admirer, à travers une vitre embuée, des dames qui roulent à la main des dumplings. À la vue de tous, elles préparent leurs farces, ramollissent la pâte, forment de leurs mains savantes des tites bouchées magiques à faire baver les passants. C’est ça que l’on appelle le lèche-vitrine. Bref, on est entré voir Mademoiselle Dumpling et son copain Éric (qu’on peut assurément appeler Monsieur Dumpling).

Qui est Mademoiselle Dumpling?

C’est toute la famille, mais c’est en l’honneur de ma petite fille qui adore en manger. Je m’appelle Dan Yu. Je suis arrivée ici en 2003, à l’époque je ne parlais pas un seul mot en français. Ça m’a pris 5 à 6 ans pour l’apprendre.

Quelle est l’histoire derrière ce resto?

Mes parents viennent de déménager ici et j’ai voulu trouver un moyen pour passer du temps ensemble, le plus de temps possible. Entre-temps, ma voisine faisait des partys et elle a demandé à mes parents de lui faire des mets chinois traditionnels. Elle a tellement aimé qu’elle nous a encouragés à ouvrir notre propre restaurant.

Comment se répartissent vos tâches?

Ma mère est derrière toutes les sauces pour la viande et tous les ingrédients pour les dumplings, mon père s’occupe des pâtes et le reste des sauces. Moi, je fais tout le reste.

Quelle est la différence entre vos dumplings et la concurrence?

On fait tout à la main ! Ma mère fait ça depuis longtemps. Aussi, notre recette vient la province la plus au nord de la Chine, Harbin, près de la Mongolie.

Est-ce un plat traditionnel chinois?

Oui! En Chine, c’est populaire surtout pendant le Nouvel An chinois. Habituellement, quand on mange des dumplings, on les prépare ensemble et on les mange ensemble. Durant la préparation, on parle, on s’aide, on rit.

Comment le quartier a-t-il réagi à votre ouverture?

Les gens sont tellement gentils, en très peu de temps c’est devenu populaire.

Pourquoi tenez-vous à préparer les plats à la vue de tous?

Pour être honnête, on le fait pour nous !  Si on travaille en arrière dans la cuisine, ce serait plus ennuyant et moins intéressant que la rue Saint-Hubert.

Combien en faites-vous par jour?

Environ 1000 à 2000 dumplings par jour!

Question de semer la zizanie, on a demandé à son copain italo-espagnol qui a inventé les pâtes, les italiens ou les chinois… 

Originellement, selon ce que j’ai lu, ça vient d’Asie via des commerçants italiens qui les ont rapportés de leur voyage, mais si vous demandez cette question à de vrais Italiens, ils vous diront que c’est 100% Italien.

LA MAISON DE MADEMOISELLE DUMPLING

6381 Rue St-Hubert

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