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Lettre («d’amour») pour Jean Charest

Où notre blogueur révèle deux graves secrets concernant notre premier ministre.

26 juin 2012
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Salut Jean!

Eh oui, tels les trois gars un peu pompettes qui entonnent « Girls » des Beastie Boys au bar karaoké du coin, je craque pour le cliché, la formule facile, le raccourci éhonté et je t’adresse une lettre. Rassure-toi, elle n’est pas (si) vindicative, parce que – vois-tu – j’pense que je t’aime un peu.

Juste un peu, par contre.

Étant un fan de comic books depuis une adolescence particulièrement honteuse, j’ai rapidement compris que ce qui fait les grands personnages, ce n’est pas les super pouvoirs, ni le meurtre crapuleux de leurs parents devant un cinéma. Après tout, Aquaman – le gars qui fait la loi dans tous les océans de la planète – demeure risible lorsque comparé aux Superman et Batman qui, eux, peinent à veiller sur leurs districts respectifs. Non, c’est bien les adversaires qui font les héros et Jean, ma foi, tu remportes la palme haut la main.

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Non, mais c’est vrai! Avec ton humour pince-sans-rire, tu suscites parfois le Joker. Pas que ton fameux « On va les envoyer dans l’Nord, mouhahahah! » était particulièrement drôle, mais le lancer devant public et caméras, alors qu’une manifestation particulièrement houleuse se déroulait à l’extérieur, ÇA c’est du grand guignol!

Et que dire de ton assurance arrogante qui, à l’image de Lex Luthor, t’empêche de régler tes problèmes en deux temps, trois mouvements. Penses-y! Alors que ça t’as pris des semaines pour finalement « négocier » avec les leaders étudiants, Luthor, lui, refuse de constater que Superman – son égal intellectuel et ennemi juré – ressemble étrangement au pov’ petit journaliste maladroit qui l’emmerde avec ses demandes d’entrevues. Come on, le gars fait juste enlever ses lunettes!

Je suis conscient que le ton peut paraître très sarcastique, mais mon cœur est à la bonne place : à titre de « méchant de service », tu fais un boulot beaucoup plus intéressant que Darth Maul, Stone Cold Steve Austin, le prince fatiguant dans Game Of Thrones, le Black Bloc, les faux martyrs à la Martineau ou le très honorable, et très monolithique, Stephen Harper. Bref, même si, des mois plus tard, les justifications derrière ta hausse sont délicieusement nébuleuses, tu donnes un bon show!

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C’est aussi cette « admiration » honteuse qui me pousse à te confier que tu me déçois ces jours-ci. Non seulement à titre de leader politique, mais aussi à titre de « vilain de la semaine ».

Prenons tout d’abord ta première publicité…

Certains y voient un homme pur, baignant dans le blanc. D’autres y voient un bon père de famille. Moi j’y vois un type avec la même flemme qui habite un gamin à qui on demande de l’aide pour faire la vaisselle. « Ça ne me tente pas. Je m’en câlisse. J’vais le faire juste pour avoir la sainte paix après, mais je vais te le montrer en sapristi que ça me tente juste pas, man. » T’es le PREMIER MINISTRE, Jean. Tu pouvais dire non! Oui, oui!

Puis y’a la fameuse offensive contre le PQ…

MISE À JOUR: Bon, le PLQ ne diffuse plus sa campagne sur Facebook, mais on peut la visionner sur son site officiel.

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Faisons fi du débat entourant le droit des images un petit moment et concentrons-nous sur le traitement de la publicité. Vous attaquez le PQ en lançant une nouvelle campagne publicitaire télévisée produite à l’aide d’un vidéo YouTube amateur (!) ralenti (?) et, cerise sur le sundae, auquel on a ajouté un filtre cochon à la « Erotica » de Madonna (!?)

Vraiment!?

C’est tout ce que vous avez trouvé!?

Pas de mention du leadership constamment remis en question de Mme Marois? Pas même de « jab » mentionnant la création d’Option Nationale ou son constant patinage sur l’indépendance!? Si j’en crois votre pub, on devrait discréditer Mme Marois parce qu’elle manque cruellement de rythme. Est-ce que ça voudrait dire que François Jean des BB a l’étoffe d’un leader pour le PQ?

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Jean, il est temps de vous avouer mon second secret : je crois que votre équipe est, en fait, à la solde des « bleus »… ou, pire encore, cruellement à bout de souffle.

Dans les deux cas, une séance de brasse-camarade est de mise, car les élections tant attendues risquent d’être foutrement ennuyantes.

Je compte sur vous, M. Charest!

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