Lettre d’amour pour CIBL

L'équipe URBANIA envoie des mots d'encouragement

Ça fait déjà quelque temps qu’on sait que la station de radio CIBL en arrache financièrement. Dettes, baisse des revenus publicitaires, coûts de fonctionnement, la situation de la station indépendante n’était déjà pas très joyeuse.

C’est pourtant avec l’annonce de la mise à pied de ses 13 employés vendredi dernier que l’onde de choc s’est réellement propagée. Assez brutal comme sonnette d’alarme, on s’entend.

Les employés mis à pied ne se sont pas découragés et on diffusé un vibrant appel à la mobilisation afin d’obtenir le soutien et les ressources nécessaires à empêcher la fermeture de la radio.

Chez URBANIA, (qui compte beaucoup d’ex-CIBLiens) on croit qu’à l’heure où Montréal compte de moins en moins de micros indépendants, la présence d’une radio citoyenne qui propage des voix diversifiées, qui met en valeur la culture émergente et qui forme plusieurs générations de professionnels des communications, est d’une importance cruciale.

C’est pourquoi on a colligé parmi l’équipe quelques témoignages d’amour et marques de soutien pour la station de radio indépendante.

Valérie Duhaime

Moi, ç’a été mon premier stage en journalisme, à l’émission d’info du midi, le Midi Libre. Le premier jour j’étais tellement nerveuse, je n’arrivais pas à prendre le maudit téléphone pour faire une entrevue. Finalement, j’ai tellement appris, et je peux dire qu’après avoir travaillé dans d’autres salles de nouvelles radios (La Presse Canadienne et Radio-Canada), les sujets y étaient traités exactement de la même façon, aussi professionnelle.

Stéphane Morneau

CIBL, c’est la première antenne qui m’a offert un micro et qui m’a éloigné de l’écrit. J’y ai collaboré pendant près d’un an à l’émission matinale et j’ai beaucoup appris sur la puissance du médium radiophonique que j’écartais un peu du revers de la main comme j’en consomme que très peu. La radio n’a peut-être plus l’importance d’antan, mais du contenu de qualité avec des gens passionné aura toujours sa raison d’être et CIBL me l’a rappelé à un moment de ma vie où j’étais particulièrement blasé d’avoir l’impression d’écrire du contenu que pour avoir quelque chose sur lequel placarder de la pub.
Je dois beaucoup à CIBL malgré mon bref passage dans leur grande famille.

Fred Bastien

Le direct, c’est un muscle. Sans CIBL et mes trois années de bénévolat à lancer des blagounettes en ondes avec mes comparses, je n’aurais pas la moitié de la répartie qui me permet de m’amuser à la télé et sur le web aujourd’hui.
CIBL m’a ouvert la porte à RDS, et surtout, m’a permis de découvrir des collègues et amis exceptionnels, qui sont tous maintenant eux aussi des professionnels de la communication.

Mali Navia

CIBL a été ma première expérience terrain, j’ai fait le midi libre et ensuite la lecture des bulletins aux oranges pressées. J’ai tellement trippé d’avoir la chance d’apprendre une partie du métier dans un environnement professionnel sans en avoir à priori. C’est une école nécessaire en mon sens, surtout aujourd’hui. Si CIBL ferme ses portes, ce sera une très grande perte pour le journalisme québécois.

Audrey PM

J’ai été invitée à quelque reprises à donner des prestations musicales à CIBL avec mon duo Otarie, dans les anciens studios et dans les nouveaux. À titre d’artiste (lol), j’ai toujours beaucoup apprécié leur passion et leur enthousiasme pour la mise en valeur de la musique émergente (même de la musique niaiseuse-sexuelle comme Otarie). C’est le fun de jouer à la radio, mais c’est encore plus le fun de savoir que les personnes derrière le micro apprécient ta musique et souhaitent la faire connaître.

Julie Lemay

Ayant été chroniqueuse à l’émission sexologique Le Sexe a ses raisons, je demeure surtout marquée par la confiance et la liberté que nous avions en terme de contenu. À CIBL, on avait le temps de jaser, d’interviewer, de discuter de politique, de poil, de représentation des genres dans une pièce de théâtre plus ou moins obscure, de ci et de ça et ce, le samedi après-midi. Non, ça ne leur faisait pas peur et oui, c’était chouette de faire des beaux bonjours aux auditeurs qui nous saluaient l’autre bord des grandes vitres pendant que nous parlions fluides corporels.

Nous avions décidé de nous retirer de la station suite à la restructuration de 2016, en adressant nos préoccupations en regard des principes de l’action communautaire autonome. Pour reprendre les mots de mes collègues, on espère que CIBL renaîtra de cette crise par un retour à son essence qui l’a propulsée avec effervescence durant des dizaines d’années.

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