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J’ai toujours détesté ceux qui s’improvisent devins pendant un film en me gâchant l’évidence que Betty ne reviendra probablement jamais sans sa fille.
J’aime le suspense. Beaucoup.
Me laisser porter par l’histoire même si, sous la couette et le sac de cheetos, on se doute tous un peu que Glenn Close va surgir du fond du bain. Que DeVito va faire une samarcette. Et que la main qui berce l’enfant arrêtera éventuellement de le bercer.
Je n’ai jamais saisi l’engouement de certains pour la prédiction de pauvres. Celle qui s’invalide dans la seconde qui suit et qui meurt, doucement, dans le bourbier de l’éternelle puanteur (avec des factures).
Eh bien je m’en vais vous faire friser le toupette avec un audacieux parallèle:
pour l’été, c’est pareil.
L’été qui, pour le commun des devins (et surtout pour une raison que j’ignore), prend abruptement fin début août. Dès que juillet lève les pattes, le devin de base se frotte les gants Isotoner comme mouche devant puff au fruits, impatient de scooper son prochain que l’été achève.
Que la fête est finie.
Qu’il serait peut-être temps de se zipper l’extension au (pratique) bermuda.
Que les oiseaux se cachent pour mourir.
OH! QUE ÇA LE SATISFAIT.
Du damné commercial où des écoliers qui savent pas trop ce qu’ils font là s’abandonnent à une chorégraphie jazz-funk les mains pleines de cahiers Canada, à celui où Club Piscine me livre sa version bossa nova de son jingle en se faisant aller le bassin pour que j’achète ENFIN un plan d’eau en forme de guitare dans le cadre de sa liquidation qui bat son plein depuis mai, en passant par le statut débiné de tante Frita qui trouve que les journées commencent donc à raccourcir, j’enfonce mes petits ongles manucurés en cornets deux couleur dans le cuir du sofa de mon érythème.
Est-il possible, en août, de simplement vivre août (aoûtte!) et de te tempérer la goûte avec tes prédictions de grésil et de sacs en plastique dans tes Sorel qui ont connu des hivers plus étanches?
Ne me reste-t-il pas un mois U.S. avant l’équinoxe?
Quelques semaines pour me faire dorer le grain en dépensant ma dot chez Bobec?
C’est que j’ai encore tant à accomplir.
Je n’ai pas donné de sang.
Je n’ai pas donné le sein.
Je n’ai pas publié d’étonnant égoportrait en joggant dans un nuage de poudre saumon.
N’ai joui que d’une seule guedille à 12 piastres.
Je n’ai crafté aucune guirlande en triangles pour les noces de coton d’un charmant couple en col bateau.
Je n’ai pas attrapé de puissant coup de soleil en v-neck.
Je n’ai pas fredonné de Eagles près d’une poubelle en feu.
Je n’ai pas perdu la carte à la vente-trottoir sur Mont-Royal.
Ni rapporté de souvenir africain de ladite vente.
Nul Macaulay Culkin n’est décédé en allant quérir ma bague dans un boisé.
Je n’ai pas hurlé mes projets de home staging, pactée au volant de mon Bixi à quatre heures du matin près des châssis ouverts.
Je n’ai toujours pas affronté le gars en kart qui me suit au parc.
Je n’ai pas connu l’amour.
Alors petites gens qui vous nourrissez du silence des agneaux et qui ne savez tolérer la perspective de vivre en paréo jusqu’en octobre, les palettes stuffées de blé d’inde deux couleurs, cessez immédiatement. Disparaissez.
ET LAISSEZ-MOI GOÛTER À LA PAELLA DE MARIA.
La bise.
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