Let It Be

L’homosexualité est à la mode ces temps-ci. Pas dans le sens de «devenons tous gais», mais plutôt dans le sens de «tout le monde en parle à Tout le monde en parle».

C’est en écoutant l’entrevue de Judith Lussier, Dany Turcotte et Michel Dorais à Radio-Canada que je me suis rappelée à quel point on ne parlera jamais assez d’homophobie. En 2011, il est plus que temps que la pensée collective évolue et cesse de considérer l’homosexualité comme une infraction à la normalité.  C’est pourquoi je propose que nous orientions plutôt notre haine envers ce genre de hobbys ou de chandails. Hétéropinion.

D’abord, rendons-nous à l’évidence: quoi de plus banal que l’homosexualité, lorsqu’elle n’est pas mise en relation avec tous les jugements qu’on lui porte et qui lui octroient cette connotation péjorative?  Homosexualité veut simplement dire: tendance, caractère des personnes homosexuelles, qui éprouvent une attirance sexuelle pour une personne du même sexe.  Cette relation est en soi on ne peut plus saine et dénuée de danger pour qui que ce soit.  Être en désaccord avec des gens qui s’aiment, quel paradoxe.  On ne devrait pas avoir à mener cette absurde croisade d’éducation quant à la validité de l’homosexualité, une expression de l’amour au même titre que les projections abdominales des Calinours ou les positions du KamaSutra demandant 4 à 6 mois de classes de breakdance.

À vous qui avez déjà dit: “Pourquoi sentent-ils le besoin de s’afficher comme ça?”  Pourquoi? Si on avait jugé, méprisé, incarcéré, tué des gens de votre orientation sexuelle depuis des décennies, vous auriez sûrement envie vous aussi d’aller crier haut et fort une part de votre identité pour revendiquer le droit d’être simplement ce que vous êtes.  L’hétérosexualité n’est pas la seule normalité.  La véritable “normalité”, c’est d’avoir le droit d’être heureux, de ne pas avoir à jouer à cache-cache avec le reste du Monde.

À vous qui avez déjà dit: “Mais pourquoi choisit-il d’être gai?”,  rappelez-vous votre premier cours de formation personnelle et sociale, lorsque vous ne pouviez détourner les yeux de la magnétisante chevelure de la petite Yvonne-Dominique et que durant toute la projection du film “Dans le doute et le désir” traitant de la première relation sexuelle, vous aviez imaginé vos deux corps nus à la place de ceux d’Éric et de Mélanie. (Je vous invite à porter une attention particulière à 3:47 et à la toune de post- epic fail premier coït à 9:12.)

Vous ne décidiez pas de cette attraction folle envers la jolie gamine.  Et bien imaginez-vous donc que c’est avec ce même non-contrôle que se vit chaque penchant amoureux, peu importe le sexe de l’être désiré.  Sachez que vous auriez pu naître gai.  Est-ce que cela aurait changé votre personnalité, vos aspirations, vos rêves, vos talents, vos pulsions injurieuses annuelles envers les Habs ou la couleur de vos étrons?  Je ne crois pas.

À vous qui avez déjà dit: “Moi j’ai rien contre les gais! En autant qu’ils me touchent pas!”, “Ça me dérange pas, c’est leur problème!”, ou  “Je le savais, j’avais toujours trouvé qu’il avait un petit quelque chose de Tinky Winky…”, vous pourriez peut-être prendre le temps que vous passez à ne pas être à l’aise avec l’homosexualité pour accomplir des choses plus constructives.  Pour vous épauler dans cette démarche, je vous ai concocté un judicieux top 5 :

Top 5 des choses plus constructives à faire avec son temps plutôt que de le passer à ne pas être à l’aise avec l’homosexualité

1- Faire l’amour ou analyser son propre organe génital à l’aide d’un miroir pour se concentrer ainsi sur sa sexualité personnelle.

2- Faire un scrapbook recensant les chiens les plus kickables du Plateau.

3- Faire son arbre généalogique dans l’espoir de trouver un lien de parenté avec Kevin Parent, puis rédiger un traité pro-inceste.

4- Travailler sur l’élaboration de la comédie musicale “Watatatow”.  La puberté jusqu’à 35 ans, c’est carrément buzzant.

5- Faire un graphique mettant en relation le nombre d’aberrations quotidiennes sorties de la bouche des militants homophobes et le nombre (souvent inférieur à 10) d’orgasme qu’ils ont eu au cours des 10 dernières années.

À vous, membres de la Westboro Baptist Church de cette vidéo qu’a publiée Patrick Lagacé, sachez que si vous prenez le temps d’imprimer des T-shirt “GOD HATES FAGS.COM” pour aller manifester contre les personnes gaies, vous avez peut-être de sérieuses questions à vous poser concernant vos rêves érotiques récurrents où vous faites le ciseau avec un arc-en-ciel paré de seins et des cheveux de Justin Bieber.  Aussi, répondre à une question en chantant, à moins d’être dans la comédie musicale “Watatatow”, c’est très malaisant.

Si seulement Steve Jobs pouvait faire quelque chose de l’au-delà pour faire évoluer les mentalités aussi rapidement que les générations de iPad…  Cessons une fois pour toute de vivre dans l’aversion  constante de ce qui diffère de nous et le PIB (Produit intérieur Bonheur) de la Terre n’en sera qu’accru.  J’ai fichtrement hâte à l’ère où les humains pourront frencher moustache contre barbiche ou marcher main manucurée dans la main effilée sur n’importe quelle rue au nord de Sainte-Cath sans encaisser le genre de regard que recevrait Guy Turcotte.

En attendant, vous qui recevez les balles de leur ignorance, courage.  Sachez que vos sentiments sont légitimes, que vous êtes beaux et que votre carrure est plus massive que leurs mots. Brillez dans la confiance.

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