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Les meilleurs docus de science pour vous réconcilier avec l’univers.
Des fois, ça fait du bien de se rappeler qu’on vit sur un gros caillou au centre coulant en fer fondu. Un gros cherry blossom à la dérive dans un univers si immense, qu’à moins de s’appeler Hubert Reeves, il est pratiquement impossible de se figurer la distance à parcourir pour faire le tour de notre propre galaxie, même en se concentrant très fort. Quand je pense à ça ou aux milliards de microorganismes qui vivent dans l’étang du parc La Fontaine, j’oublie très rapidement les dizaines de courriels que je dois envoyer en retard parce que je n’ai aucune discipline.
Voici donc une sélection pas objective du tout des meilleurs films de science à voir cet été, pour regonfler votre foi meurtrie en la nature humaine, pour avaler quelques mouches grâce à votre bouche béante d’émerveillement, ou juste pour procrastiner.
1- Encounters at the end of the world
Werner Herzog a le chic pour créer des ovnis cinématographiques. Encounters at the end of the world est probablement mon film de science préféré, parce qu’il s’apparente à un documentaire animalier, sauf que les animaux sont ici des scientifiques. Quand Herzog a eu la possibilité de partir en Antarctique, il a décidé d’étudier la petite communauté de chercheuses et de chercheurs qui se sont exilés dans la petite base scientifique de l’endroit le plus inhospitalier (mais peut-être le beau) du monde.
La musique vous tirera des larmes, les images sont magnifiques, l’accent de Herzog, qui s’occupe de la narration, est envoûtant. Et les portraits rendent justice aux scientifiques, auxquels on attribue souvent autant de swag qu’un bloc de glace, alors qu’ils et elles peuvent être des petites bêtes assez délurées merci. À écouter à l’air conditionné durant une canicule, pourquoi pas en programme double avec Chasing ice?
Disponible sur Netflix
2- The creeping Garden
Vous connaissez les myxomycètes? Ce sont des organismes on ne peut plus weirds qu’on trouve en forêt. Ils sont souvent gluants, de toutes sortes de couleurs, ils produisent des spores sans être des champignons, et ce sont des microorganismes qu’on peut voir à l’œil nu. En plus, ils sont dotés d’une forme d’intelligence, assez efficace pour qu’ils soient capables de s’orienter dans un labyrinthe et de trouver le chemin le plus efficace vers leur plat préféré : des flocons d’avoine. Difficile de faire plus extraterrestre que ça.
Le film nous présente des scientifiques et des artistes tout aussi funky qui travaillent avec ces drôles de moisissures, sur une bande sonore un peu glauque et des images qui révèlent toute la beauté de ces êtres vivants mystérieux. Un docu qui donne un peu froid dans le dos et fait tomber ta mâchoire inférieure, à voir avant votre prochaine randonnée en forêt.
3- Let there be light
C’est l’histoire d’une bande d’humains qui ont siphonné pratiquement toutes leurs ressources et qui sont en train de s’asphyxier dans leurs propres émanations. Ça vous rappelle quelque chose? À l’aube de cette crise climatique et énergétique, des scientifiques enthousiastes essaient de recréer et de contrôler l’énergie du soleil, sur Terre. C’est la fusion nucléaire, qui promet une énergie propre et infinie. Certains tentent leur chance avec les moyens du bord, d’autres joignent les rangs du plus ambitieux projet de recherche ever, le réacteur ITER actuellement en construction dans le sud de la France, qui pourrait aussi se révéler comme le plus grandiose fiasco scientifique de tous les temps.
La photo est splendide, mais surtout, on sent tout le malaise qui se dégage du mélange d’urgence et d’inertie qui englue ce projet babylonien. Les frictions politiques, les subventions colossales à renouveler pour alimenter un budget en constante dilatation, la gestion pourrie, la collaboration difficile entre les 35 pays qui travaillent à concrétiser cette utopie, les enjeux de communication à résoudre afin d’atteindre un début d’acceptabilité sociale, tout y est pour ouvrir un buffet all you can eat pour les sociologues des sciences. À écouter avant de s’éffouerrer au soleil, pour ne plus jamais voir notre étoile du même œil.
Disponible sur iTunes
4 – CERN
Vous l’aurez compris, j’aime les portraits de scientifiques. Les physicien.nes ne font pas toujours de bons profs, mais je n’en ai jamais rencontré un.e qui n’était pas un personnage extravagant. Dans CERN, on laisse parler ceux et celles qui travaillent au grand collisionneur de hadrons (LHC), la plus grande machine jamais construite par l’humain, qu’ils utilisent pour explorer le plus petit de l’infiniment petit, dans l’espoir de découvrir de nouvelles particules élémentaires comme le boson de Higgs. Ils font de leur mieux pour vulgariser les théories les plus abstraites, mais la meilleure est pour moi notre Pauline Gagnon nationale, une physicienne québécoise maintenant retraitée du CERN (l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire), qui chapeaute les activités du LHC. À voir quand on n’est plus trop certain.e que l’être humain est capable de réaliser de belles et grandes choses.
5- A brief history of time
Si vous n’avez pas pris le temps de vous intéresser à la vie et la carrière de Stephen Hawking à la suite de son décès en mars dernier, il ne sera jamais trop tard pour visionner A brief History of time, le documentaire d’Errol Morris, sorti en 1991. Je trouve que le film a bien vieilli, et les témoignages des proches de Hawking sont riches, souvent drôles, et Philip Glass signe la musique. À voir avant de partir en vacances, là où la nuit est sombre comme un trou noir, garnie d’étoiles qui brillent comme les yeux de Hawking quand il venait de raconter une blague, et pour redéfinir l’espace-temps autour d’un feu avec des amis.
Disponible sur Netflix et iTunes
Parlant de musique de Philip Glass, il signe aussi la bande sonore de Jane, un nouveau film sur la vie de Jane Goodall réalisé à l’aide de centaines d’heures inédites de pellicules sorties des archives de la National Geographic society, le prochain film sur ma liste.
Aussi en attente dans mes signets : The Kingdom, How Fungi Made Our World, un épisode complet de The nature of things à propos des champignons.
Si vous avez d’autres films dans votre liste, on est preneur!
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