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Je suis bandé ben raide sur une fille. Belle. Son corps, ses yeux, tout le kit pis ben plus. Si j’étais capable de prendre en photo le son de sa voix, le nombre de mes abonnées Instagram se compterait en K.
Le problème c’est que je connais son ex. En fait, LE problème, c’est qu’elle, est pas vraiment bandée sur moi, mais hey, va pas là, je ne suis pas encore prêt à regarder cet aspect-là.
Focus! Je connais son ex. Bro code alert!
Bro before hoes… Ça me laisse perplexe. J’ai l’impression de lire un avertissement sur ma bouteille de shampoing « Attention : pour usage externe seulement »… Mais écrit par un redneck. “Now, don’t you go and drink that shampoo or get fixin’ to poop some bubbles”.
Non, moi je roule sur un concept qui s’appelle avoir du jugement. Parfois j’en ai beaucoup, parfois moins, mais j’essaie toujours d’en avoir de stashé quekpart. Surtout, je suis loyal, j’ai peu d’amis, des bons, jusqu’à preuve du contraire.
Ce qui m’intéresse ici, ce que j’aimerais clarifier, sur quoi j’ai envie de perdre mon temps et le vôtre : ceux qui ont le bro code facile.
Dans le passé, on m’a déjà reproché d’avoir brisé le bro code. Et ça m’a fait chier! Chier comme l’aristocrate anglais qui se fait gifler du gant d’un autre gars habillé en froufrous.
Ce gars-là, un collègue, répand la nouvelle à qui veut bien l’entendre dans le village du Plateau Mont-Royal et ses adjacents, que j’ai brisé le bro code. J’ai un kick sur son ex-blonde ; elle a un kick sur moi, on a envie d’aller voir plus loin, bang : me voilà déshonoré.
Et ça m’a fait chi-er. J’aime qu’on me reconnaisse un minimum d’éthique, mais surtout, le dude, le bro, c’était pas mon bro!
C’était un collègue avec qui je n’avais jamais travaillé, oui. Une connaissance avec qui je partageais des amis sincères, oui. Pas un bro! Non.
Un jour, j’allais me chercher un café dans un petit resto, j’étais à la caisse, il était assis à une table avec quelqu’un, un de ses bros, va savoir… Il m’a vu et du doigt, m’a fait signe de venir le voir.
Il ne s’est pas levé pour venir me retrouver, non. Comme une marde imbue, il m’a fait signe, avec l’index, de venir le voir.
Déjà, un bro, ça fait pas ça, un bro.
À l’époque, je tournais la deuxième saison de l’émission L’gros show. Mike et moi, on écrivait deux épisodes du lundi au vendredi matin. Le vendredi après-midi, on faisait la script-édition, le casting, le scouting, les costumes, etc. On tournait un des deux épisodes le samedi, l’autre le dimanche et le lundi suivant on recommençait le bal pour six semaines en ligne. Des pinottes, des cheveux gris pis du gros fun sale.
Décontenancé par son arrogance, je me suis approché. My bad.
Le dude, le bro, qui ne me présente pas à la personne assise devant lui, me dit :
– La deuxième saison es-tu déjà toute tournée?
– Euh… Non. Il nous en reste quatre à faire, pourquoi?
– Parce que c’est moins bon que la première saison.
– Euhhh… Ok. (à la personne assise devant lui) Salut, moi c’est Martin.
Pour une collection de petits moments comme celui-ci, plus tard, quand j’ai décidé d’aller voir plus loin avec son ex, je considère n’avoir brisé aucun bro code.
*****
J’écris dans mon livre des Lois non écrites™:
Oui, un bro, ça ne couche pas avec ta blonde ou avec une ex-blonde significative.
Et un bro, ça traverse la pièce pour venir te saluer.
Un bro, ça te présente aux gens qui l’accompagnent.
Un bro, ça t’a déjà offert quelque chose.
Un bro, ça connaît ton numéro de téléphone. Câlice.
Un bro, ça call pas le bro code, ça te crisse une baffe.
Un bro, ça reçoit la baffe, sans chigner.
*****
Maintenant, j’suis bandé sur une fille qui est belle comme un beauty shot de manga en stand still pis… Je connais son ex. C’est pas un bro, mais il m’a jamais manqué de respect, lui. Il est pas du style à venir me slapper avec son gant.
Pis ça me déçoit quasiment. Pas que je suis pour la violence, mais tsé, un gars ç’a toujours les poings plus légers quand ç’a le cœur lourd. Pis il me semble que ça me ferait du bien d’avoir mal ailleurs. Quoi que… Bandé comme je suis, ça devrait compter pour moi.
***
Pour lire un autre texte de Martin Perizzolo: Whatever.
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