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Les heures de gloire de Vrak en 7 souvenirs impérissables

Une page de télé québécoise se tourne.

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La chaîne télé Vrak sera débranchée le 1er octobre prochain, a annoncé Bell. Même si on n’est pas en mesure de nommer une seule émission qui joue à Vrak en ce moment, la nouvelle a créé une onde de choc dans l’équipe d’URBANIA et ça nous a rendus pas mal nostalgiques.

Rappelons que le 2 janvier 2001, Canal Famille devenait Vrak. La relance de la chaîne est forcée par le succès du compétiteur Télétoon. Et le pari fonctionne, puisque Vrak restera en ondes pendant plus de 20 ans. Au total, Canal Famille/Vrak auront été dans les télés québécoises de 1988 à 2023.

L’équipe d’URBANIA, qui a grandi avec Radio Enfer et Dans une galaxie près de chez vous, s’est rassemblée pour vous offrir ce recueil de bons souvenirs.

J’aurais aimé être l’ami de Merton Dingle

Quand j’étais jeune, Vrak regorgeait de productions américaines mal doublées, mais il y en a une qui avait une place spéciale dans mon cœur : Le loup-garou du campus.

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Ce n’était pas une série comme les autres : bien que l’histoire se situait à Pleasantville, une ville fictive du Missouri, quelque chose en moi savait dès mon plus jeune âge que c’était une production canadienne, tournée à Montréal. Il y avait quelque chose de bien trop québ dans la manière dont c’était tourné.

Il y avait tout pour plaire dans cette émission. Des loups-garous, des vampires, de l’action, du danger, de l’amour. Il y avait même Richard Jutras qui jouait un garde de sécurité!

Mais surtout, il y avait Merton Dingle, un des meilleurs personnages de l’histoire de la télé jeunesse. Joué par l’acteur montréalais Danny Smith, Merton a été une icône pour tout un tas de jeunes garçons comme moi, qui ont compris que c’était correct d’être le kid un peu weird et pas très brave, qui écoute du punk et du métal, et qui réussit toujours à sauver la situation avec son cerveau plutôt que ses bras.

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Et, aussi, qu’avoir une orientation sexuelle ambiguë, c’est pas plus grave que ça!

L’actrice montréalaise Rachelle Lefèvre, qui jouait Stacy, a quant à elle poursuivi ses rôles dans des univers paranormaux, notamment en jouant le rôle de la principale méchante dans une petite trilogie pas très connue qui s’appelle Twilight.

Un pour tous, tous pour Radio Enfer

Radio Enfer a été pour moi un des derniers grands moments télévisuels rassembleurs. Tout le monde regardait ça. C’est un plaisir que je partageais avec mes parents comme avec mes chums à l’école.

Une raison qui explique ça, c’est que ça jouait vers l’heure du souper, mais la magie de cette série ne s’arrêtait pas à ça. Radio Enfer, c’est comme avoir une gang d’amis avec qui bummer après l’école.

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Aujourd’hui, on peut regarder ce qu’on veut quand on veut. Le trip de se grouiller pour ne pas rater son émission est un plaisir perdu. La frustration d’avoir perdu un épisode potentiellement pour toujours aussi. La télé était critiquée comme les réseaux sociaux le sont aujourd’hui, soit comme un passe-temps superficiel et sans âme, mais je m’ennuie de cette époque où tout le monde voulait faire la même chose, en même temps.

Ça, on le doit au Carl « Le Cat » Charest, à son cousin Léo, à Vincent, Maria, Camille, Dominique, Jocelyne (à qui on doit aussi « YO LES JEUNES! »), au gros Dix-roues et à tous les autres.

Une source intarissable d’inside jokes

Encore aujourd’hui, mon copain et moi échangeons des références que bien d’autres ne comprennent pas. Ça passe de Tes désirs sont des ordres à Bob l’éponge, en passant par Jimmy Neutron, Dans une galaxie près de chez vous et Il était une fois dans le trouble. Name it, on connaît!

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Beaucoup vont identifient Pierre-François Legendre à Carlos Fréchette des Invincibles. Mais pour nous, c’est Jon aux trois mamelons d’Il était une fois dans le trouble. Parfois on se dit autant gratteux que lui!

On rit encore du « film » Le genou meurtrier ainsi que de sa suite Le coude meurtrier. C’est l’histoire d’un gars qui se fait passer dessus par un dix roues qui transportait des chips au BBQ. Seul son genou survit. Depuis, il se venge en donnant des coups dans les parties des conducteurs de dix roues. Tu peux facilement t’imaginer l’histoire du deuxième « film ».

Anne-Sophie Borduas, monteure

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Vrak.TV – Méchant canal! : La nostalgie

Je me souviens comme si c’était hier du lancement de Vrak.TV, le méchant canal! Mes soirées de semaine sont tout d’un coup devenues excitantes. Le lundi, j’écoutais Dawson, le mardi Charmed, le mercredi Roswell et le jeudi Buffy contre les vampires. Le samedi matin, je me levais tôt pour visionner en rafal Le loup-garou du campus, Sabrina l’apprentie sorcière, Vice-Versa, Radio Enfer… À l’adolescence, d’autres émissions sont arrivées sur les ondes, comme The OC, Les frères Scott, Gossip Girl… Que de nostalgie.

The O.C. (ou Newport Beach, en français)
The O.C. (ou Newport Beach, en français)
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Maintenant, on écoute ce qu’on veut quand on veut et je trouve que ça enlève toute la magie que nous pouvions auparavant ressentir en attendant la diffusion de notre émission préférée. Aujourd’hui, quand je pense à Vrak.TV, je me revois avec ma sœur et ma mère en train de manger des Cheetos en écoutant Gilmore Girls, ou avec ma mère qui me rassure que les vampires n’existent pas après une émission de Buffy contre les vampires. Si je travaille dans les médias et la culture aujourd’hui, c’est, entre autres, grâce à Vrak.

R.I.P. Vrak.TV! Je ne t’oublierai jamais.

– Zoé Witala, recherchiste

La limo orange

J’ai grandi dans un petit village en Montérégie entouré de champs et on devait souvent faire beaucoup, beaucoup de route, parce qu’il n’y avait rien autour. Chaque fois qu’on faisait un mini road trip en famille, mes frères et moi, on espérait vraiment apercevoir la vieille limo orange de R-Force.

On l’a vue une fois et on n’a jamais décroché de ça!

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– Alexandre Cholette, stratège, contenu et créativité média

Comme un coup de grenade… avec ça?

Ce qui est drôle dans tout ça, c’est que chez nous, mes parents avaient un contrôle assez strict sur les chaînes de télé qu’on avait le droit de regarder ou non. Vrak n’avait pas fait la cut. Alors, les seuls moments où je pouvais écouter Vrak TV, c’est quand j’allais chez ma grand-mère (vous comprendrez alors que j’adorais aller chez grand-maman la fin de semaine).

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Fouillez-moi pourquoi, l’émission sur laquelle je tombais le plus souvent, c’était Une grenade avec ça. Étant un amoureux de la bonne bouffe, encore aujourd’hui, je rêve de connaître la recette de la sauce secrète du Capitaine Creighton. Pour une raison qui m’échappe, lorsqu’un certain acteur fut accusé d’un certain crime, j’ai arrêté d’écouter ce chef-d’œuvre de série. Un hasard, je ne pense pas.

Là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied

Avant que Claude Legault ne joue des rôles d’hommes torturés, avant que Guy Jodoin et Mélanie Maynard n’animent des talk-shows à heure de grande écoute, il y a eu l’ovni Dans une galaxie près de chez vous, qui, comme Radio Enfer, a commencé à Canal Famille et s’est terminé à Vrak.

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Plusieurs des 65 épisodes sont mythiques, mais « Spit-Barishny-Fire » (saison 3, épisode 2) garde une place spéciale dans mon cœur. On y apprend l’origin story de Brad. Alerte au divulgâcheur : s’il est détestable au possible, c’est que son père a tout fait pour le décourager de son rêve de devenir danseur de ballet. Le scientifique du Romano-Fafard a toujours gardé cette frustration en lui.

Dans une galaxie nous a fait rire et pleurer, mais plus que toute chose, c’est une émission sur la nature humaine, sur ses failles, mais sur ce qui rapproche les êtres aussi. Et pour plusieurs gens de ma génération, c’est aussi le premier contact avec une réalité insoutenable : les Terrien.ne.s sont peut-être en train de gaspiller la seule planète disponible.

J’attends encore mon méchant changement

Si vous avez eu des murs couleur vert pomme au début des années 2000, c’est probablement grâce à – ou à cause de, maintenant qu’on a un peu de recul – l’émission culte Méchant changement. Quand cette émission-là m’a fait comprendre que ma chambre devait être le reflet de ma personnalité (qui était encore en phase de recherche et développement), j’ai jeté un regard neuf sur la tapisserie de Winnie de Pooh qui m’accompagnait depuis mes 4 ans.

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Je réalise aujourd’hui que cette émission a probablement causé quelques crises de panique à mes parents, quand une pulsion s’emparait de moi après l’écoute d’un épisode un peu trop « inspirant », et que je ne pouvais pas m’empêcher de trouver une nouvelle façon de placer mon lit superposé.

À mes yeux, les participant.e.s prépubères un peu nerveux.se.s de dévoiler leur vieille doudoune avec des trains dessus ne venaient rien de moins que de gagner la loterie. Et le rêve Méchant Changement continue de m’habiter aujourd’hui. Pour preuve, à ce jour, j’espère secrètement que quelqu’un me fasse une surprise et la cache l’autre bord d’un cadre de porte en papier que je défoncerais avec vigueur.