Mireille Gravel

Les fauxgos font leur cinéma – partie 2

Suite et fin du panorama des logos qui n’existent que sur nos écrans.

Dans la première partie, nous avons appris un mot étrange (fauxgo) et passé en revue une foule de produits, de services et de marques fictives qui peuplent nos fictions sur petits et grands écrans.

Poursuivons notre exploration thématique des logos fictifs.

La réalisation du héros

Le fauxgo donne sa pleine mesure quand il incarne l’œuvre du personnage principal, ce qu’il a bâti de ses mains. Cela va du modeste restaurant de fruits de mer Bubba Gump Shrimp Company dans Forrest Gump, à des services semi-légaux comme la Shelby Company Limited (dans la série britannique Peaky Blinders), en passant par la marque automobile Vaillante des aventures de Michel Vaillant. Évidemment, le héros peut viser plus haut s’il est un super-héros! Il lui suffit d’être Iron Man pour fonder Stark Enterprises, ou Batman pour inspirer Wayne Enterprises, mais ce n’est évidemment pas donné à tout le monde.

L’employeur du héros

Plus souvent qu’autrement, notre héros ou notre héroïne gagne sa vie dans un bureau d’avocats muni d’un sobre logo d’avocats. Les exemples ne manquent pas : Hamlin, Hamlin & McGill (Better Call Saul), Wakefield-Cady (Suits), Cage & Fish (Ally McBeal), Florrick Agos (The Good Wife), Crane, Poole & Schmidt (Boston Legal), Sagman, Bennett, Robbins, Oppenheim & Taff (Seinfeld), Hungerdunger, Hungerdunger, Hungerdunger, Hungerdunger & McCormick (dans le film Animal Crackers des Marx Brothers, en 1930), I Can’t Believe It’s a Law Firm! (The Simpsons), et tous ceux dont les logos sont malheureusement introuvables.

Il y a aussi le cas des journaux : The New York Daily Inquirer (Citizen Kane, 1941), le Daily Planet (Superman), le Daily Bugle (Spiderman), The Tally Ho! (The Prisoner), The Daily Prophet (Harry Potter), ou encore The Quahog Informant (Family Guy).

Le contexte professionnel du personnage principal peut aussi être une compagnie d’assurances comme Insuricare (The Incredibles), une agence de pub comme Sterling Cooper Advertising (Mad Men), une société de placement comme Duke & Duke (Trading Places, 1983), une compagnie de pâtes et papiers comme Dunder Mifflin (The Office), un magasin d’électronique comme Buy more (Chuck), une start-up prometteuse comme Hooli (Silicon Valley), ou même un atelier de mode, comme Velvet, dans la série espagnole du même nom.

Une multinationale (toxique)


C’est là que ça devient intéressant, parce qu’on entre au cœur de la fiction! Dans la vraie vie, c’est bien connu, une «multinationale toxique», ça n’existe pas. Dans les séries et les films, par contre, c’est du registre classique. Pensez à l’impressionnante Tyrell Corporation (Blade Runner), à la Weyland-Yutani Corporation (Alien), à Omni Consumer Products (RoboCop), à ENCOM (Tron), à Monarch (Godzilla), à M.A.R.S. Industries (G.I. Joe), à la Nakatomi Plaza (Die Hard I), à GloboTech (Small Soldiers), ou à la curieuse Paper Street Soap Co. (Fight Club). Plus récemment, nous avons aussi eu droit à la Resources Development Administration (Avatar), à Blue Sun (Firefly), à Adipose (Doctor Who), à Abstergo (Assassin’s Creed), au Hawkins National Laboratory (Stranger Things), et à Massive Dynamic (Fringe).

L’incarnation du mal


Oh oh, nous voici devant le mal absolu! Attention, certains des logos qui suivent pourraient causer des traumatismes irréparables. Par ordre d’apparition à l’écran, voici Spectre, l’ennemi juré de James Bond, les disques Death Records (Phantom of the Paradise), les omniprésents Central Services (Brazil), le terrifiant Skynet (Terminator), les maléfiques Zorg Industries (Le Cinquième Élément), le labo Dharma Initiative (Lost), en oubliant d’autres vilains qui veulent notre peau et/ou régner sur l’Univers.

Notez qu’il existe beaucoup trop de fauxgos (notamment dans les univers de DC et de Marvel) pour tous les inclure. Si vous n’êtes pas encore rassasiés, je vous recommande le blogue du designer russe Aleksey Busygin, un authentique maniaque des logos fictifs!

Vous pouvez maintenant retourner à la réalité, et que la faux-rce soit avec vous!

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