Maxime Prévost

Les casse-croûte en chiffre

 

1930

Année où a été employé pour la toute première fois le terme « snack bar », rapporte le dictionnaire Merriam-Webster. Son équivalent en français, « casse-croûte », date de la fin du 19e siècle et désignait autrefois, en français européen, le repas sommaire que prenaient les ouvriers pendant leur pause au travail. C’est dans les années 1980 que l’Office québécois de la langue française a proposé d’utiliser ce terme pour identifier les établissements de restauration rapide et sans prétention. Accessoirement, c’est aussi le nom d’un collectif de hip-hop québécois dont certains titres, comme Puff de l’exo et Tout est dégueux [sic], résument ironiquement assez bien certaines expériences dans des « cabanes à patate » douteuses de bord de route.

250

Nombre de serviettes de papier qu’on dénombre habituellement dans ces petites boîtes au fini métallique style « fifties » ornant traditionnellement comptoirs et tables de casse-croûte dignes de ce nom. Des distributrices qui côtoient habituellement les bouteilles de condiments (ketchup, moutarde et autres salières) ainsi que les menus plastifiés… soit des objets parmi ceux où prolifère le plus grand nombre de bactéries, rapportent maintes études scientifiques. Conseil d’ami : gardez le Purell pas trop loin avant d’empoigner à pleines mains votre cheeseburger bien juteux. Surtout si, comme il se doit, vous avez dû vous battre juste avant pour arriver à faire sortir quelques napkins de leur boîtier chromé !

 

12,1 MÈTRES

Diamètre de la légendaire boule orangée qui forme le casse-croûte Orange Julep, soit 40 pieds. Érigée une première fois en 1945 à Montréal, elle a été construite une seconde fois deux décennies plus tard en raison de l’élargissement de ce qui allait devenir plus tard l’autoroute Décarie. Si aujourd’hui, on y passe sa commande au comptoir, jusqu’au début des années 2000, des serveuses vêtues de minijupes servaient les clients chaussées de patins à roulettes. Durant les mois d’été, le mythique endroit est ouvert 24 heures sur 24. Parce que, avouons-le, il n’est JAMAIS trop tard pour un combo poutine-roteux (dévoré dans un état second… ou pas, même).

125 ANS

Âge du vénérable club sandwich, qui, selon la petite histoire circulant le plus, aurait vu le jour en 1894 au Saratoga Club House, une maison de jeux de hasard pour hommes seulement située à Saratoga Springs, dans l’État de New York. Normalement composé de poulet, de bacon, de mayo, de tomates et de laitue, ce sandwich grillé est apparu officiellement sur des menus de casse-croûte quelques années plus tard, en 1899. Prudence, toutefois, avec le cure-dent servant habituellement à tenir le tout en place : selon une étude publiée dans le World Journal of Surgery, ce bâtonnet de bois pointu entraîne une perforation de l’intestin chez 79 % des personnes qui l’avalent par inadvertance, et la mort dans 1 cas sur 10. (Promis, juré : on ne voulait pas vous couper l’appétit, là !)

110 MILLIONS

C’est, en livres, la quantité de pommes de terre vendues annuellement par Saint-Arneault inc. L’entreprise de Saint-Hubert est le plus important fabricant de frites du Québec. Elle les distribue au Québec, bien entendu, mais aussi en Ontario et aux États-Unis, de même qu’en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Sa plus grande innovation : offrir aux restaurateurs des frites non seulement fraîches, mais précuites — et qui, détail non négligeable, peuvent se conserver jusqu’à 30 jours au réfrigérateur. Toutes des informations que l’auteur de ces lignes a dû apprendre à la dure en visitant le site web de cette entreprise familiale à 22 h 36 ALORS QUE CHAQUE SECTION EST AGRÉMENTÉE DE PHOTOS DE FRITES ET/OU DE POUTINE [NDLR : n’essayez pas cela à la maison ; professionnels seulement !].

1433

Nombre d’établissements de type « casse-croûte » répertoriés par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec en date du 17 octobre 2016. À partir des années 1980, la popularité de ces commerces a commencé à décliner. En tête de liste des coupables : l’engouement pour une alimentation plus saine. Or, bien que la majorité des comptoirs-lunch et autres Joe su’l pouce de ce monde soient loin d’avoir pris le virage végane, ces restos ont assurément encore de belles années devant eux, nostalgie oblige. (Ahhhhhh, le bonheur coupable qui consiste à faire découvrir à son petit Louka-Zacchary la guédille servie au snack-bar de son enfance !)

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