Anirudh Koul

Les 8 AUTRES personnes que tu vas croiser à Osheaga

Suite au succès de mon premier article sur Les 12 des personnes que tu vas croiser à Osheaga, je me permets de revenir à la charge encore cette année, parce que ça évolue, ces petites bêtes de festivaliers-là!

13 – Le gars qui chante plus fort que le band

Celui-là pense qu’il est encore assis dans son char avec les vitres baissées. Il enterre même le band (allô les résidents de Saint-Lambert), ce qui vient rarement avec une voix juste et appropriée.

Le pire que j’ai croisé faisait du freestyle par-dessus un groupe de musique instrumentale. Le-gars-improvisait-des-paroles-pis-des-bruits-de-bouche-par-dessus-la-musique-du-groupe-qui-jouait. Fort. Très fort. Il se croyait en performance lui avec. Pis il avait visiblement pas fait la LNI, là. Une belle improvisation chantée de niveau de secondaire, avec pénalités de cabotinage, de non-respect du thème, de rudesse excessive pis clairement de manque d’écoute. Je cherchais mon gazou : “Fuuuzzzzz! Ta yeule!”

13.5 – Le gars qui siffle les tounes plus fort que le band

Avoir tout simplement envie de tuer.

14 – L’adolescente avec du rouge à lèvres sur les broches qui porte une chemisette de nuit

Y a beaucoup d’informations à computer dans cette phrase. Donc on va la décortiquer ensemble.

Une ado. (À date, ça passe, t’as sûrement déjà vu ça.)

Avec du rouge à lèvres. (Encore là, c’est cool, ça protège les lèvres contre les coups de soleil, j’approuve.)

Sur les broches. (Oh! Mais… mais, mais: C’est pas là qu’il va! Pis là tu ris, mais tu la prends en pitié aussi.)

…Qui porte une chemisette de nuit. (Je pense que tout le personnage repose sur les deux dernières parties de sa description. Rouge à lèvres sur les broches qui porte une chemisette de nuit. Comment une chemisette pour dormir peut-elle devenir un INCONTOURNABLE MODE DE L’ÉTÉ?! Pour vous donner une idée, ladite chemisette était faite de tissu léger à la couleur pastelle AVEC DU FROUFROU SU’L CHEST. Man, MA GRAND-MÈRE DÉCÉDÉE portait ça. Remarquez, elle n’est probablement pas décédée parce qu’elle portait ça, mais je dis juste qu’elle est décédée à 98 ans pis qu’elle n’était plus une carte de mode depuis 40 ans certain.

Peut-être aussi que cette fille-là était une réincarnation de ma grand-mère revenue me voir pour me passer un message? Mais j’aurais jamais écouté son message, j’aurais juste focussé sur le rouge à lèvres sur ses broches.)

15 – Le pro du selfie stick

Ce gars-là doit assumer qu’il est une cible à jambettes, sérieux.

16 – La personne trop mal habillée pour le temps qu’il fait

Laissez-moi vous parler de… température. Je le comprends très bien que tu as acheté le kit parfait déjà agencé du rack “Trouve ton style pour Osheaga” du H&M. C’est brillant de la part de la chaîne de vêtements de te faire croire que tu as besoin de ce kit pour passer un bon festival. (Pour ma part un bon festival ne repose que sur sa programmation, mais bon, on passe.)

Cela dit, je trouve ça toujours triste quand je vois des gars en chest avec la peau tellement rouge qu’ils semblent s’être fait scalper le corps au grand complet. Ta coolitude va tougher 2 heures. Après le monde va te pointer, toé pis ton nouvel ami, le coup de chaleur.

La crème solaire peut vraiment t’épargner de passer de très mauvais moments en plein festival (n’en déplaise à Jacynthe René). Je suis même certaine que tu pourrais te trouver des filles (ou des gars) prêts.es à te frotter le dos de crème… donc pitié. Pour toé. Protège-toé.

L’autre extrême c’est la fille en mini-shorts et en camisole quand il fait 12 degrés dehors. Ça te donne rien de vouloir nous montrer ton beau tan si t’es pour rester alitée chez vous les deux autres jours du festival parce que t’as pogné une grippe du câlice.

Il fait froid? Habille-toi.

17 – Le gars qui n’a pas eu le mémo qu’il ne pouvait pas porter de coiffe amérindienne pis qui se pointe avec à l’entrée

Il est refusé d’accès. J’ai zéro empathie. Tant pis pour lui.

18 – La fille qui commande un drink avec 3 alcools différents devant un lineup de 47 personnes

Bière, vin, redbull, eau. That’s fucking it. À la limite, un gin tonic, ça passe. Tsé, un deux ingrédients vite fait. Je sais pas.

Mais ton Sex on the beach, va le boire au Beach Club de Pointe-Calumet.

En plus, souvent, la barmaid d’un kiosque de boisson de festival fait pas ça dans sa vie et n’a pas vraiment fait son cours de mixologie non plus. Pis sincèrement, c’est pas de sa faute, parce que le promoteur qui l’a engagé lui a dit qu’elle allait servir de la bière 80% du temps.

Le problème, c’est que le 20% restant prend le même temps que le 80% de servage de bières parce que les demandes sont trop compliquées pis farfelues: jus de canneberge/orange/vodka/mascarpone, lait de coco/rhum/vanille française/Amarula ou jus de palourde/citron/vodka/moëlle épineuse de mammouth… HEY. COME ON. BIÈRE. C’EST TOUT.

Tu vas attendre aussi longtemps pour aller faire pipi après avoir bu 3 bières qu’après avoir bu 3 vodka/pickles/aneth/citron/sang de serpent.

(Je connais rien aux drinks, ça paraît-tu?)

19 – L’employé qui te parle uniquement en anglais

À chaque année, c’est immanquable, je me pince parce que je me crois à Coachella ou encore au Governor’s Ball. Est-ce à cause des palmiers? Non. Y en n’a pas. Est-ce à cause de la programmation époustouflante du lineup? Non, quoi qu’elle soit très intéressante, nous n’avons pas les mêmes budgets. Est-ce un dépaysement culturel? Yep!

Je sais que 75% des festivaliers proviennent de l’extérieur de la province pis que 97% de l’extérieur de la province parle pas français. Mais des festivals comme le Sonar ou le Primavera Sound de Barcelone, bien que très touristiques, réussissent à faire passer trois (TROIS!) langues officielles: le catalan, l’espagnol et la langue des touristes: l’anglais.

75% des festivaliers d’Osheaga viennent de l’extérieur de la province? Soit. Mais ils viennent aussi parce que c’est Montréal. Faudrait juste pas s’oublier là-dedans.

20 – Les maudits bâtards de tabouère de VIP à marde

Eux autres. Ceux-là. Ceuzes-là.

Ceux qui jasent fort tout le long du show du haut de leur plateforme VIP. Ceux qui passent par derrière pour aller voir un band sur une autre scène. Ceux qui se vantent que leur alcool coûte moins cher. Ceux qui partagent des anecdotes avec Herby Moreau. Ceux qui partagent des toilettes avec Herby Moreau. Ceux que tu te demandes qu’est-cé qu’ils ont bien pu faire dans la vie pour se ramasser VIP, à part connaître Herby Moreau.

Eux autres. Le mystère du festival.

Si vous me cherchez en fin de semaine, je serai la fille que personne sait c’est qui, dans la zone VIP, en train de ne pas parler avec Herby Moreau.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up