Mireille Gravel

Les 10 logos les plus riches du monde

Sous ces logos se cache le vrai pouvoir : celui des bidous !

C’est bien beau de vivre de l’air du temps, mais il faut parfois regarder la réalité en face. Nous vivons dans un capitalisme de plus en plus sauvage où le seul pouvoir qui compte vraiment, c’est l’argent.

Jetons un coup d’œil aux logos des dix entreprises internationales les plus profitables de l’année écoulée, histoire de répondre à deux questions fondamentales : Qui nous mène? et Ces multinationales ont-elles judicieusement investi dans leur image de marque?

Divulgâcheur : les réponses ne vous aideront pas à vaincre votre dépression hivernale.

Palmarès

[Source : Wikipédia]


Qui ça?
On ne présente plus le bulldozer du low-cost, aux mains de la famille Walton, dont trois membres sont dans le top 20 mondial des plus grosses fortunes. La difficulté chronique de l’entreprise à verser des salaires décents et à accueillir la syndicalisation contraste élégamment avec la fortune de ses dirigeants, mais heille, ça crée des beaux emplois et ça attire des beaux clients.

Évaluation du logo
Redessiné en 2008 par l’agence Lippincott, le logo est assez sobre pour ne déplaire à personne, et le petit soleil (non, ce n’est pas un sphincter) qui remplace l’ancienne étoile lui confère une reconnaissance universelle. Bref, pas de controverse de ce côté.


Qui ça?
La China Petroleum and Chemical Corporation, de son nom complet, est donc un groupe pétrolier et chimique chinois, ce qui explique sa piètre notoriété chez nous, malgré sa fortune colossale. Chaque fois qu’un article de magazine paraît sur la domination de l’Afrique par la Chine, Sinopec se retourne dans son lit et se rendort en ronflant.

Évaluation du logo
Ark. Aucune loi n’empêche une compagnie gagnant plus d’un demi-milliard par année de s’afficher avec le logo le plus cheap et le plus laid de la galaxie. C’est tout ce que j’ai à en dire.


Qui ça?
Tout le monde connaît Shell, ses jolies stations d’essence, et ses « 49 millions de dollars annuels en lobbying pour bloquer les mesures de lutte contre le réchauffement climatique » (je ne fais que citer Wikipédia).

Évaluation du logo
En toute logique, le logo représente un coquillage depuis 1900, mais la dernière version, qui date de 1971 (eh oui!) est l’œuvre du grand Raymond Loewy. Comme tous les crustacés, il traverse le temps avec grâce et se lit bien, même sans son nom.

Qui ça?
Présente dans une trentaine de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, China National Petroleum appartient à l’État chinois et fait affaire avec la compagnie russe Gazprom. Bref, ce ne sont ni des petits joueurs ni des enfants de chœur.

Évaluation du logo
Le logo semble dater de la fondation de la compagnie sous sa forme actuelle, en 1999. Malgré son côté hypocritement écologique, il est graphiquement satisfaisant, solide et sans aspérités.

Qui ça?
Comme dirait l’autre, « China, China, China, China ». Plus grand gestionnaire de réseau, transporteur et distributeur d’électricité au monde, State Grid est une entreprise publique, sorte d’Hydro géant qui branche plus d’un milliard de clients.

Évaluation du logo
Dans la version retenue, le logo présente deux sous-logos distincts qui partagent ce bleu-vert qui fut très à la mode entre 1997 et 1998. L’élément de gauche s’articule autour d’un globe en 3D d’inspiration clipart qui refuse obstinément d’entrer dans le 21ème siècle. Chapeau au passage pour l’utilisation de la fonte Bookman, qu’on ne croise plus guère. La nostalgie est leur seule excuse.

Qui ça?
La Saudi Arabian Oil Company possède la quasi-intégralité du pétrole saoudien, un bien beau magot. Sauf pour l’environnement, mais qui s’en soucie? Fun fact, la compagnie gère aussi 141 écoles au royaume.

Évaluation du logo
Comme leurs homologues chinois et bien d’autres, les Saoudiens doivent composer avec la difficulté de concevoir un logo dans plusieurs alphabets. Ici, il faut avouer que le résultat est franchement réussi. Le pictogramme, très 2005, est plus discutable, mais rien pour enflammer les gazoducs. Ha ha.

Qui ça?
L’histoire de British Petroleum est longue est complexe, c’est une épopée parsemée de colonialisme, de prospection, d’acquisitions et de capitalisation. En 2010, BP s’est illustrée par la fuite d’environ 780 millions de litres de pétrole brut dans les eaux du golf du Mexique, après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon.

Évaluation du logo
Dessiné par l’agence Landor en 2008 contre la coquette somme de 221 millions de dollars américains, le logo de BP est un chef-d’œuvre de greenwashing : ce beau soleil-fleur cache une réalité un peu moins ecofriendly.

Qui ça?
Née par fusion d’Exxon et de Mobil en 1999, ExxonMobil est connue des automobilistes du monde entier sous la marque Esso. Remarquez que cette compagnie possède un historique de déni du changement climatique vieux de plus de 50 ans. Bravo les gars, lâchez pas!

Évaluation du logo
Ce logo est le résultat de l’hybridation de deux grandes œuvres du 20e siècle : celui d’Exxon (Raymond Loewy, 1967), et celui de Mobil (Tom Geismar, 1964). Le résultat aurait pu être un Frankenstein graphique, mais les designers ont su éviter le pire. Fiou!

Qui ça?
Malgré le parrainage encombrant d’un certain Adolf Hitler et le récent « dieselgate », la Voiture du Peuple a toujours su prendre soin de son image publique, devenant même au tournant du siècle une sorte d’«Apple de l’automobile» . Aujourd’hui encore, le groupe est le plus gros vendeur automobile au monde.

Évaluation du logo
Volkswagen est l’une des deux marques de notre liste à avoir rafraîchi son logo dans la dernière année : il s’agissait de « déchromer » l’emblème et de l’alléger pour endosser la nouvelle philosophie électrico-numérique de la marque. C’est globalement réussi, et le VW reste un symbole fort et reconnu.

Qui ça?
Pour clore ce palmarès, voici Toyota, dont le siège est à Toyota, et dont les fondateurs sont la famille Toyoda, inventeurs dtoyotisme.

Évaluation du logo
Juste avant que Volkswagen ne le fasse, Toyota a donné un coup de chiffon à son logo : bye bye le chrome, bonjour le contraste blanc sur rouge! La légende veut que chacune des lettres de TOYOTA se retrouve dans le pictogramme.

  • * * *

Premier constat : C’est pas parce que t’es richissime que t’es «grand public». J’avoue piteusement que je n’avais jamais entendu parler de 3,5 de ces 10 compagnies. Le tiers secret?

Deuxième choc : 7 des 10 entreprises les plus profitables sont des pétrolières. Je ne m’étendrai pas là-dessus pour ne pas faire pleurer Greta, surtout que les trois autres sont deux constructeurs automobiles… et Walmart. Pas exactement des écocitoyens exemplaires, hein?

Troisième surprise : aucun des GAFAM n’accède à ce top 10. Apple et Amazon se classent respectivement 10e et 12e. Je suis à deux doigts d’organiser une collecte pour les pauvres Google, Facebook et Microsoft.

Quatrième affaire : Bijoux Caroline Néron n’est pas dans le palmarès! (Je m’excuse, Caro.)

Mais le constat le plus désolant, c’est qu’il est possible d’engranger des revenus quasiment obscènes avec un logo cheap.

Comment je vais expliquer ça à mes clients?

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