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Le yoga vous stresse? Bienvenue en 2017!
«Y’a du trafic partout, je ne serai jamais à l’heure pour mon cours de yoga!» lance ma collègue de travail, en panique, les yeux rivés sur une carte routière interactive qui présente des routes définitivement rouges, pendant que je mange un muffin (avec un air beaucoup plus serein).
Le yoga peut rapidement devenir terrifiant pour certains.
Être stressée parce qu’on a peur d’arriver en retard à son cours de yoga: voilà une réalité toute contemporaine et assez ironique, qui contraste avec cette discipline de plus en plus populaire, qui devrait pourtant nous aider à nous détendre et à reconnecter avec nous-mêmes.
Si on y ajoute l’angoisse de faire un dhanurasana tout croche, de ne pas être assez souple ou d’être en linge de sport défraîchi devant des inconnus, le yoga peut rapidement devenir terrifiant pour certains.
Sophie Bienvenue le constate: quand elle a démarré son entreprise Passion yoga & cie, elle pensait que le yoga en milieu de travail serait son occupation principale, et qu’elle donnerait quelques cours de yoga à domicile pour compléter son offre de services. Deux ans plus tard, c’est en fait 80 % de ses clients qui la contactent pour vivre une séance de yoga à la maison…
Beaucoup de gens se disent qu’ils ne peuvent pas faire de yoga à cause de contraintes de temps et de déplacement.
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«Je l’avais vécu moi aussi, d’être essoufflée par le trafic, d’avoir des dossiers à finir, mais de vouloir arriver au yoga à l’heure. Je me suis rendu compte que ce n’est pas juste à moi que ça arrive! Beaucoup de gens voudraient faire du yoga, mais se disent qu’ils ne peuvent pas à cause de contraintes de temps, de déplacement, etc.», raconte aujourd’hui celle qui a dû s’entourer de 15 autres professeurs (!) depuis la fondation de son entreprise pour répondre à la demande dans la grande région montréalaise.
Les chums gênés: un bon public cible
Il n’y a pas que les gens pressés qui préfèrent faire une salutation au soleil dans leur salon plutôt que dans un studio. «Les séances en privé commencent à une personne, mais ça peut aussi être un peu plus. J’ai des familles qui veulent initier leurs enfants au yoga, par exemple, mais aussi beaucoup de couples. Souvent, les femmes veulent initier leur conjoint au yoga, et le gars termine l’expérience souvent très enchanté. Il y a beaucoup d’idées préconçues par rapport au yoga.
La plus vieille cliente avec laquelle j’ai travaillé avait 78 ans, et elle était très en forme!
Quand on a la chance d’avoir un cours privé, de se faire ajuster, expliquer chaque posture et ses bénéfices, on réalise un peu plus les bienfaits de la pratique au-delà du corps et de la flexibilité. Les gens veulent souvent continuer après, et certains poursuivent en studio parce qu’ils sont devenus moins gênés.»
Des chums incertains, donc. Mais aussi des femmes seules, des groupes d’amis, des athlètes de haut niveau, des professionnels avec un horaire atypique, des jeunes retraités qui veulent suivre des cours en plein après-midi, alors que peu de studios en offrent dans cette plage horaire… la clientèle de Sophie Bienvenue est très variée.
«La plus vieille cliente avec laquelle j’ai travaillé avait 78 ans, et elle était très en forme! Mais des fois, les gens présentent des limitations physiques importantes, alors on fait par exemple du yoga sur chaise. Il n’y a pas de limite, à part le yoga chaud, parce qu’on ne veut pas faire exploser le bill d’électricité des clients!» dit Sophie Bienvenue en riant.
Le lien qui se crée entre le professeur et le client est beaucoup plus fort que dans un groupe.
«J’ai aussi un client qui est atteint d’Alzheimer, et qui prend des cours à domicile avec sa femme. Pour elle, ça fait du bien d’avoir deux fois par semaine ce cours, qui lui permet d’avoir son moment à elle, et pour lui, on travaille la cognitivité, on le garde en pleine conscience dans son corps. C’est fort intéressant à travailler, ça nous donne de beaux défis et c’est l’fun de voir l’évolution des clients.»
Le yoga, partout et pour tous
Bientôt, espère Sophie Bienvenue, ce n’est pas juste les Montréalais qui pourront avoir recours aux services de son équipe: la professeure de yoga travaille à franchiser son concept partout à travers le Québec, avec une plateforme web, qui permettra notamment l’interaction entre les profs et les élèves.
Le yoga à domicile favorise l’accès à cette discipline pour les gens qui préfèrent être chez eux ou dont la mobilité est réduite, par exemple. Par contre, du point de vue financier, les cours sont évidemment plus chers en privé qu’en studio.
Le côté spirituel du yoga se fait plus ressentir à domicile.
Cependant, comme l’accessibilité est importante pour Sophie Bienvenue, elle souhaite mettre en ligne sur sa plateforme des vidéos disponibles à faible coût pour ceux dont le budget ne permet pas de prendre des cours. «Le yoga est de plus en plus réservé à une élite, ça coûte assez cher. Je crois qu’il faut que ça revienne vers ce que c’était au départ: quelque chose qui est accessible facilement», dit-elle.
Celle qui a notamment suivi une formation en Inde enseigne maintenant la forme de yoga qu’elle préfère en allant rencontrer les gens à domicile. «Le lien qui se crée entre le professeur et le client dès la première session est beaucoup plus fort que dans un groupe. On rentre chez les gens, ils nous accueillent dans leur espace de vie, dans leur intimité. C’est nourrissant comme professeur d’aller enseigner à domicile, on voit bien l’évolution de nos élèves, sous tous ses angles. Le côté spirituel, on peut l’amener aussi un peu plus à domicile, les gens moins gênés, plus réceptifs à ça. C’est vraiment ce style-là de yoga que j’avais le goût d’enseigner. Oui, il y a les postures, mais aussi la relaxation et la méditation… le corps et l’esprit, il faut que ça aille ensemble.»
Et on peut sûrement se mettre d’accord sur le fait que le corps et l’esprit ne sont pas trop en harmonie quand on se retrouve embarrés tout piteux à l’extérieur d’une classe de yoga parce que ça nous a pris 20 minutes trouver un stationnement…
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Faire du yoga à la maison, c’est très plaisant, mais ça ne veut pas dire qu’on aime être toujours confiné chez soi. Si l’envie vous prend d’aller compléter votre routine de relaxation par une marche dans un parc national, mais que vous reconnaissez que c’est un peu loin de chez vous, vous pouvez vous tourner vers le service d’autopartage car2go, disponible un peu partout sur l’île de Montréal. Pas de souci d’entretien ou d’horaires à respecter, et en plus, grâce à la collaboration entre car2go et URBANIA, votre inscription sera gratuite, et on vous donnera même un crédit de 5$.
Pour lire un autre texte de Camille Dauphinais-Pelletier: «Le design d’intérieur, ce n’est pas juste de la décoration».