Le vol de données personnelles, ça vous stresse ou pas ?

À l’occasion de la rentrée télévisuelle à Télé-Québec, Zone franche était de retour en ondes avec un sujet qui a touché des millions de Québécois dans la dernière année: le vol de données personnelles. 

Les six panélistes étaient réunis dans la zone pour débattre question de déterminer à qui était la faute et comment nous pouvions nous protéger contre des dérives comme celles de Capital One, Desjardins ou de Revenu Québec.

Un constat était clair: comme individus, nous sommes tous responsables de nos données personnelles et nous nous devons de nous éduquer sur leur protection. 

Chez URBANIA, on a voulu savoir quelles étaient les craintes de nos lecteurs par rapport à leurs propres données. À l’aide d’un sondage (aucunement scientifique), nous avons questionné notre auditoire.

Vol d’identité

D’abord, 30% des répondants affirment avoir été victimes d’un vol d’identité. Depuis 2011, on dénote une hausse de 58% des fraudes et d’usurpations d’identités. Ces crimes se produisent quand vos renseignements personnels (nom, prénom, numéro d’assurance sociale, permis de conduire) sont obtenus par des fraudeurs. Ça peut arriver lors d’une fuite de vos informations, comme ce qui est arrivé chez Desjardins ou même par le vol de votre portefeuille. Le hic, c’est que pour une poignée de change (entre 10$ et 50$), quiconque connait les rudiments du dark web peut se procurer vos données. Inquiétant non?

Peu de confiance envers les entreprises

Sans grande surprise, 79% de nos lecteurs croient qu’on ne peut jamais faire confiance aux compagnies avec nos données. Gabriel Tremblay, expert en cybersécurité et ancien pirate professionnel, explique dans le dernier épisode que les grandes entreprises, tout comme nous, ne sont pas outillées pour vivre dans le monde numérique qui nous est imposé. Il appelle ça de «l’analphabétisme numérique».

Selon lui, des cours de littéracie numérique pour tous aideraient à la fois les entreprises et les particuliers à être plus vigilants avec les données personnelles, mais surtout à comprendre l’univers dans lequel elles gravitent.

Est-ce que c’est un crime grave?

Malgré les scandales des derniers mois, nos lecteurs sont ambivalents sur la gravité d’un vol de données. 48% affirment que ça ne change rien à leur vie, alors que 52% changeraient leur NIP rapidement.

Anne-Sophie Letellier de Crypto-Québec avance que la majorité des entreprises récoltent des données dont elles n’ont pas réellement besoin, ce qui diminue leur capacité à les protéger puisqu’elles ont une quantité énorme d’information. Il faut donc se questionner, à chaque fois que nos données sont demandées, quelle est la valeur de l’information fournie et si c’est réellement nécessaire à l’entreprise; bref : questionner les intentions des géants.

En Europe, le «droit à l’oubli» fait maintenant partie de la loi. Comme citoyen, on peut demander à une grande entreprise de supprimer l’ensemble de nos données et elle devra obtempérer.

Au Canada, pour l’instant, certaines de nos données sont protégées par une identification à doubles facteurs. On doit avoir le NIP et la carte physique pour accéder à notre compte en banque. Certains avancent que des outils biométriques pourraient être ajoutés afin de protéger encore plus nos informations. D’autres croient que c’est une mesure qui collecte des données encore plus intimes sur l’individu.

Si vous avez envie d’en apprendre davantage, écoutez l’épisode de Zone franche ici.

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