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Le sport en héritage
URBANIA et le programme de collecte d’équipement Ensemble pour jouer!, en collaboration avec les Canadiens de Montréal et la Banque Nationale, s’unissent pour illustrer les bienfaits parfois oubliés du sport.
« Mon frère jouait au hockey. Mon père était entraîneur, et mon grand-père avant lui. »
Un sourire contagieux illumine le visage de Lizane Hogan-Garceau lorsqu’elle parle de hockey. Sa fille Victoria, six ans et déjà hockeyeuse, termine un casse-tête en silence pendant que sa maman et moi discutons des vertus du sport. Lizane est une sportive, mais pas que! C’est une professionnelle aguerrie, la mère de deux enfants en bas âge et, depuis quelques années, l’entraîneuse d’une équipe de jeunes hockeyeuses.
Ce parcours couronné de succès à chaque étape a commencé en banlieue de Sudbury dans les années 1990. Mais l’ardeur de Lizane s’est nourrie d’une passion familiale pour le hockey qui date d’avant sa naissance!
Le sport et l’instruction vivent en colocation maladroite dans l’imaginaire collectif. On aime imaginer les sportifs sanguins, émotifs et peu enclins à la réflexion, et les intellectuels posés, cérébraux et peu portés sur la compétition – mais ce sont des stéréotypes. Il est possible d’être sportif et intellectuel à la fois. Une de ces dispositions peut même enrichir l’autre, et vice versa.
Lizane m’a raconté ce que le sport lui a apporté et comment il lui permet de redonner aux jeunes générations.
Le hockey comme structure de vie
« J’ai été très chanceuse, parce que le hockey était une priorité chez nous », m’explique Lizane. Native du nord de l’Ontario, elle a commencé à jouer à la ringuette à l’âge de sept ans et au hockey à l’école secondaire à une époque où le sport féminin était beaucoup moins en santé qu’aujourd’hui. « Mon père était camionneur et il faisait de longues heures sur la route afin de financer le hockey de ses enfants. »
Adopter une activité sportive dans une petite ville, c’est plus qu’un passe-temps. Les jeunes n’y ont pas énormément d’options pour se divertir les soirs et les fins de semaine. Ces options se résument souvent à : a) faire du sport, et b) faire des mauvais coups. C’est pour cette raison que les activités y sont bien financées et organisées.
Elle a vu sa vie changer à vitesse grand V lorsqu’elle s’est sérieusement mise au sport. « La première chose que le sport m’a apprise, c’est le sens de l’organisation. Pas nécessairement sur la patinoire. J’étais tellement occupée avec le hockey les soirs et les fins de semaine que j’ai appris à maximiser mes temps morts en les consacrant à mes études. Je me suis mise à faire mes devoirs pendant l’heure du lunch ou à la bibliothèque quand je pouvais. Cette discipline ne m’a jamais quittée, et elle m’a bien servie au cours des années qui ont suivi », raconte-t-elle.
Sans compter les nombreux bénéfices collatéraux qui découlent de la pratique même d’une activité : Lizane s’est fait un nouveau cercle d’amis, elle a découvert ce que c’est que d’éprouver un sentiment d’appartenance, etc. Et elle et ses coéquipières excellaient. À la première année de Lizane au hockey, elles se sont rendues en finale provinciale contre une équipe de Toronto devant les membres de l’équipe Olympique féminine, invitées d’honneur pour l’occasion.
Les filles ont malheureusement dû s’incliner devant une opposition plus forte et mieux rodée, mais Lizane se souvient de ce match comme d’un moment marquant de son développement personnel. « Ça a été un des premiers gros échecs que j’ai dû gérer dans ma vie. C’était très silencieux dans l’autobus en revenant », me confie-t-elle en riant. « Mais tu sais, c’était le dernier match de la saison et pendant l’été, on a vite compris à quel point on avait fait du chemin pour se rendre là, et on s’est mises à être fières. La gestion de l’échec dans le sport, c’est super important. Ça fait partie du processus. Il faut analyser, comprendre ce qu’il y a à retenir et aller de l’avant. Voilà une autre chose qui me sert bien encore aujourd’hui. »
Donner au suivant
À l’âge adulte, Lizane a continué à jouer au hockey quand ses études et son horaire le lui permettaient. Elle s’en éloignait et y revenait périodiquement.
C’est la pandémie qui a ramené le sport dans sa vie pour de bon. Devant l’inconnu comme tout le monde, Lizane s’est mise à enseigner le patin aux enfants du voisinage sur une patinoire artisanale construite par les parents du coin. « J’aime tellement ça, travailler avec des enfants. Enseigner le hockey à des petites filles, ça m’a permis de faire deux choses que j’adore en même temps. »
Lizane enseigne parce qu’elle aime ça, mais grâce à son implication, elle voit maintenant l’effet que le sport peut avoir sur ses jeunes protégées. « J’ai une élève qui n’avait même jamais mis de patins. La première fois qu’elle est venue à l’aréna, je lui ai mis ses patins et j’ai montré à ses parents comment les lacer comme il faut. Ses parents n’avaient jamais joué au hockey, mais ils se sont lancés quand même parce que c’est ce que leur petite fille voulait. On l’a fait débuter à un niveau au-dessous de celui de son âge, mais de semaine en semaine, on l’a vue prendre confiance en elle, et ses habiletés naturelles ont pris le dessus. Elle a marqué un but à son premier tournoi devant sa famille, et sa sœur a manifesté son intérêt pour jouer peu après. La petite est devenue un modèle pour sa sœur! »
Les impératifs financiers du hockey éloignent beaucoup de familles à faible revenu de ce sport, mais peu importe le milieu dont on vient, le fardeau financier qui lui est associé n’est pas négligeable. L’équipement à lui seul coûte très cher, mais il y a aussi les inscriptions, l’essence, les tournois, les voyages : ça monte vite.
« Oui, le hockey coûte très cher, mais si j’avais un conseil à donner aux parents d’enfants qui s’intéressent à ce sport, ce serait de ne pas balayer d’entrée de jeu, à cause des coûts, la possibilité qu’ils y jouent. Renseignez-vous. Il existe des ressources. Il y a toute une économie de seconde main qui permet aux parents de réduire le montant de leurs achats le plus possible. Les patins de ma fille ont vécu plusieurs vies, mais ils sont encore solides. »
Lizane se lève et va chercher les patins de Victoria pour me les montrer. Ils ont visiblement vécu plusieurs matchs et encore plus d’entraînements :
Avant de partir, je demande à Victoria ce qu’elle aime le plus à propos du hockey. Elle lève les yeux au ciel pour réfléchir quelques instants avant de répondre : « Faire des passes à mes amies. »
C’est ça, le hockey. C’est une façon de vivre en groupe. De voir le monde. C’est un héritage qu’elle touche déjà.
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La collecte d’équipement Ensemble pour jouer! est en cours, une initiative du programme Vert le but, présenté par la Banque Nationale et les Canadiens de Montréal. Jusqu’au 30 juin, donnez patins, bâtons et chandails pour permettre à des jeunes de jouer ensemble et obtenez un rabais chez Tricolore Sports.

