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L’école est une microsociété (une jungle selon certains) où toute personne construit son identité, évolue et fait toutes les erreurs humiliantes inimaginables…
L’école, c’est l’occasion de retrouver une deuxième famille quand finit l’été. Les familles se divisent en gangs, qui ne sont pas toutes définies clairement. Sauf que parfois, entre une coupe de cheveux punk et un chandail déchiré néo-hippie, il arrive que l’on puisse déceler une certaine appartenance.
Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de prendre les adolescents en photo. Beaucoup de photos. Si je me fie à ma propre expérience, ces photos seront parfaites dans les mariages de ces adolescents-devenus-adultes-respectables qui ne souhaitent surtout pas voir exhibés leur mohawk mauve et leurs chemises carreautées.
Mais je m’égare. Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous mon troisième passe-temps favori après et manger : parler de moi.
Si on doit parler de gangs et d’appartenance à l’école, c’est moi qu’il te faut. Parce que je les ai toutes essayées, les gangs. J’ai tellement cherché mon identité que je me suis fait faire des mèches blondes identiques à celles d’Alex Perron en secondaire 2 sans même remettre en question mon orientation sexuelle (allô?).
Mon passage chez les geeks
Geek : Nom masculin. Fan d’informatique, de science-fiction et de jeux vidéo.
J’ai commencé mon secondaire avec un surplus de poids de 40 lbs et de nouvelles lunettes d’informaticien. Rien pour m’aider. C’était en 2002 et Britney Spears nous chantait qu’elle n’était plus une fille, mais pas encore une femme en chandail bedaine. J’ai commencé à me tenir avec les geeks.
J’ai tellement essayé de me convaincre que je l’étais moi-même que j’ai supplié ma mère de m’acheter des chemises fluorescentes à motifs de dragon. Sauf que le wannabe geek avait même pas de Gameboy. Après trois semaines et 150$ de chemises de dragon à l’Aubainerie, ma mère apprenait que mon aventure était terminée. Un “ami” de la bande m’avait dit que je n’avais pas ce qu’il fallait pour être des leurs.
Savez-vous à quel point c’est insultant?
On m’a dit que j’étais plus nerd que geek. En 2002 être nerd, c’était très péjoratif. Pourtant, rira qui voudra, mais tout gars ou toute fille intelligent(e) sait pertinemment que dater un ou une nerd est signe d’un avenir riche et prometteur, car dites-vous bien que derrière les broches et l’acné se cache probablement le ou la prochain(e) Bill Gates.
Sauf que moi j’habitais en campagne : je n’ai trouvé aucun nerd prometteur… Et je trouvais ça insultant, alors j’ai changé de groupe!
Ma carrière de Fresh
Fresh : mot popularisé par la montée en vogue du hip-hop américain dans les années 80. Signifie qu’une personne est acceptée, populaire et habillée selon une mode hip-hop mainstream.
Je suis devenu fresh en 2003. Les chemises de dragon ont été acheminées au sous-sol de l’église, tachées des larmes de sang de ma mère qui venait de les payer, pour être remplacées par de gros chandails Karl Kani, Ecko, etc. Des marques qui étaient cool. Parce que c’était ça l’objectif : être cool. Je ne savais absolument pas qui j’étais, mais je savais que ces morceaux de tissu-là feraient de moi le roi de la jungle.
Le plan était parfait…
Jusqu’à ce que je me rende compte que j’haïssais la musique rap et que l’odeur des herbes magiques me donnait franchement envie de vomir. En plus, les fresh savaient même pas qui j’étais. Je continuais d’être le gars qui s’habille en gangster même si la testostérone avait clairement passé mon berceau à la naissance.
J’ai donc appris la bonne nouvelle à ma mère, qui m’a dit que je garderais mes vêtements jusqu’à ma graduation. Maintenant gangster à la retraite, je me suis tourné vers les skateux.
Sk8er Boy
Avril Lavigne chantait ce grand succès en 2003. À l’école secondaire où j’allais, la culture skate résonnait encore en 2005. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un gars de 250 lbs avec aucun équilibre essayer de faire du skate, mais j’ai dû mettre fin à ma carrière assez rapidement. J’ai le vertige… Ça aussi je l’ai découvert au secondaire!
Artissssss
C’est avec les artistes que j’ai trouvé ma voix. Sur les planches de l’école, à partir du secondaire 3, j’étais de toutes les pièces de théâtre! Je voulais devenir un artisssss. J’ai même fini roi du bal grâce à l’exposure… Eh oui! Le roi de la promotion 2007 de mon école secondaire, c’est bibi!
J’ai trouvé ma place dans la jungle et j’ai continué dans cette voie qui me passionnait.
Au final, on trouve tous notre place au sein d’un groupe ou d’une famille quelconque, en devenant une personne nuancée avec de multiples facettes et intérêts. C’est ce qui nous rend unique!
Je voulais devenir auteur et scénariste pour raconter des histoires qui feraient réfléchir le public tout en le divertissant. Je voulais gagner ma vie en faisant du cinéma, de la télé, du théâtre : tout ce qui me permettrait de rejoindre un public, de communiquer, de créer et de toucher le cœur des gens, le temps d’un instant.
Chaque jour, je me rapproche de mon objectif, grâce à des gens de cœur qui ont la même passion que moi. Le secret, c’est d’être bien entouré. Pour le reste, il suffit de persévérer et d’avoir plus de détermination que le gars qui a inventé le mot détermination!
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