En 2016, la chanson One Dance de Drake passait en boucle à la radio, la première saison de Stranger Things débarquait sur Netflix et Tumblr était à son apogée. Occupés à faire le mannequin challenge et à chasser des Pokémon, on était loin de se douter de ce qui nous attendait : une pandémie mondiale, l’arrivée de l’intelligence artificielle, et les visées expansionnistes des États-Unis.
Bref, 2016 était une époque plus simple.
Du moins, c’est ce que croit une déferlante d’internautes qui, depuis les premiers jours de 2026, éprouvent une forte nostalgie pour cette année.
Portées par un même vent de nostalgie, des tendances web prédisent que 2026 marquera le grand retour de l’analogique — et que cesser de partager sa vie personnelle en ligne redeviendra cool.
Est-on en train de tourner le dos à Internet ?
2026 IS THE NEW 2016, OU LA NOSTALGIE DES TEMPS PLUS SIMPLES
Photos saturées au max, filtres de chien Snapchat, lattes Starbucks, baumes à lèvres EOS : en ce début d’année, la nouvelle tendance web baptisée « 2026 is the new 2016 » nous invite à remonter le temps d’une décennie.
Devenu viral, le hashtag 2016 compte actuellement 1,7 million de publications sur TikTok seulement.
Pour Anik Lacasse, directrice du marketing numérique chez l’agence bicom, cette tendance témoigne d’une nostalgie pour une époque moins lourde sur le plan politique, et où la présence des algorithmes se faisait moins sentir. « À ce moment-là, les réseaux sociaux, c’était pour le plaisir, il n’y avait pas de pression. Tout n’était pas une stratégie, tout n’était pas monétisé comme ça l’est aujourd’hui. »
Rachelle Houde Simard, vice-présidente, Création et socionumérique à l’agence Bloom, y voit un phénomène générationnel. Pour les plus vieux Gen Z et les milléniaux, ce retour vers l’arrière les ramène certes sur un terrain familier. Mais pour les ados qui y participent, « c’est de la nouveauté », dit celle qui souligne que ceux-ci sont en train de découvrir les codes numériques d’une époque numérique qu’ils n’ont jamais connue.
Si les souvenirs d’un « temps plus simple » sont évoqués en ligne, de nombreux internautes rappellent que 2016 est aussi l’année de la tuerie de masse dans un club d’Orlando — la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis, à l’époque —, de la première élection du président Trump et de la mort de David Bowie, Leonard Cohen et Prince.
LE RETOUR DE L’ANALOGIQUE, UNE RÉPONSE À LA CULTURE DU VIDE
En parallèle à la viralité de 2016 se dessine aussi une autre nouvelle tendance : celle du rejet du numérique et du retour des médias physiques.
À l’ère des algorithmes, de l’intelligence artificielle et du doom scrolling, la prédiction veut que 2026 soit « l’année analogique ».
Vous écoutez de la musique sur Spotify ? Utilisez plutôt un tourne-disque, une radio, un Walkman ou un iPod. Vous lisez les nouvelles sur votre téléphone ? Achetez plutôt un journal papier. Vous vous faites réveiller par le son « Reflet » d’Apple tous les matins, et commencez votre journée en touchant à votre cellulaire ? Procurez-vous plutôt un réveille-matin.
On vous encourage même à vous constituer un « sac analogique », où l’attention n’est pas mise sur le sac lui-même, mais bien sur ce qu’il contient : l’essentiel pour rester hors ligne — livres, sudokus, journaux, balles de laine et aiguilles à tricot.
Au-delà du désir de décrocher, pour Vincent Ramsay-Lemelin, chef de la création pour l’agence Leeroy, ce retour aux sources est aussi identitaire. « Les plus jeunes, qui ont toujours vécu avec Internet et les réseaux sociaux, ont besoin de se définir en rapport à quelque chose. »
Il estime aussi que cette tendance se dresse en partie « en réaction à la norme mise de l’avant par l’intelligence artificielle, où tout est un peu pareil. […] Quand tu commences à scroller, tu vois toujours les mêmes affaires, over and over again. »
Anik Lacasse abonde dans le même sens. « Il y a clairement une fatigue face aux réseaux sociaux. Tout est semblable, tout est devenu homogène. Quand une chanson devient virale, tu ouvres ton feed puis tu vas l’entendre aux deux posts. »
« MYSTERIOUS IS THE NEW COOL », OU NE PLUS OVERSHARE SUR LES RÉSEAUX
Cette fatigue face au numérique semble s’incarner dans une autre tendance : celle du mystère.
Après des années d’oversharing, être mystérieux sur les réseaux sociaux n’a jamais été autant à la mode, si on en croit des publications relayées en ligne.
« The new cool is to be mysterious », suggère cette populaire publication Instagram :
« Avant, si tu ne parlais pas de ton voyage [sur les réseaux sociaux], c’est comme si tu ne l’avais pas fait », explique Anik Lacasse. « Maintenant, on prône de publier moins souvent. C’est la qualité qui prime sur la quantité quand on publie. »
Parallèlement, elle observe que la génération Z et la génération Alpha utilisent davantage les réseaux sociaux pour communiquer entre eux que pour partager des publications.
UNE FATIGUE FACE À LA CULTURE DU VIDE
Si certains appellent à s’éloigner des réseaux sociaux, d’autres internautes ont une vision beaucoup plus drastique. « Et si on s’entendait tous pour quitter les médias sociaux d’ici 2026 ? », propose un utilisateur sur le fil Reddit « Millenials ».
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Est-on tannés d’Internet au point de disparaître complètement des réseaux sociaux ? Une chose est certaine : l’envie de ralentir et de se reconnecter au réel, elle, se fait de plus en plus sentir.

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