La semaine dernière, les consultations à venir sur l’avenir du Quartier Latin (le secteur autour de la station Berri-UQAM) ont donné lieu à quelques sorties médiatiques au sujet de ce secteur névralgique. Le « dynamique » maire Tremblay s’est également mis de la partie : élimination des terrains vacants, diversification de l’offre commerciale, doublement du nombre de résidents, alouette.
Ce qui est intéressant avec ce projet, c’est l’effervescence d’idées qui émanent, comme si ce secteur de la ville touchait une corde sensible. Des idées comme celle du Collectif de recherche en aménagement urbain et agriculture urbaine de l’UQAM. Ce groupe propose un projet d’agriculture urbaine en plein Quartier Latin. Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’un secteur aux prises avec des problèmes d’îlots de chaleurs (causés par les champs d’espaces bétonnés), de sols imperméables aux eaux de ruissellement (ce qui signifie l’apparition de véritables pataugeoires les jours de pluie), d’espaces inoccupés (ou sous occupés), d’interactions limitées entre résidents du quartier et d’une biodiversité faible (c’est le moins qu’on puisse dire!).
Un des grands défis que doit surmonter l’agriculture urbaine réside moins dans la faisabilité des projets que dans l’acceptation de ceux-ci. Plusieurs initiatives de ce type impliquent d’occuper un espace public. Une fois cet espace public transformé, il sera entretenu par des individus ou des groupes particuliers. Ça peut sembler simple, mais ça touche directement les valeurs profondes des Occidentaux que nous sommes. Nous sommes conditionnés à voir une limite claire entre espace privé et espace public. Des espaces semi-privés/semi-publics sont rarement de grands succès au départ, car ils demandent une adaptation. C’est loin d’être une mission impossible, surtout que ce sont les citoyens qui poussent le plus fort pour la réalisation de tels projets, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’une période d’adaptation – avec tout ce que cela implique : vulgarisation, sensibilisation, ralliement – devra précéder et succéder l’implantation.