Conseil des ministres : ça commence par « biz » pis ça finit par « ness »

Aussi, le pot est légal et l'Arabie saoudite, pas si progressiste que ça.

Une fois de temps en temps, on vit des événements, et on ne peut s’empêcher de réaliser que nous sommes témoins de l’histoire en marche. Qu’il y aura un avant et un après, qu’on devra expliquer à nos enfants comment le monde était avant.

Tous autant que nous sommes, nous redeviendrons poussière un jour ou l’autre. Mais nous aurons été témoins de ce jour mémorable, qui sera gravé à jamais dans les pages de l’histoire.

En effet, c’est cette semaine qu’on a vu Philippe être éliminé d’Occupation Double Grèce.

Mais il s’est aussi passé d’autres affaires.

Je vous en parle.

François Legault présente son conseil des ministres

Ça y est, le nouveau premier ministre François 1er a présenté son conseil des ministres.

Moi, si j’avais eu un conseil à présenter aux ministres ça aurait été de pas se présenter pour la CAQ, mais y’é trop tard.

Je ne vous les passerai pas un par un, parce qu’honnêtement, même moi je me tannerais, mais je vous résume les grandes lignes.

1) C’est un gouvernement d’entrepreneurs.

J’espère que vous aimez les gens d’affaires, parce que c’est ça le conseil des ministres. Bon, évidemment aux ministères économiques (Finances, économie et Conseil du trésor), vous trouvez évidemment trois monsieurs issus du monde de la finance.

Mais vous trouvez des gens d’affaires dans plein d’autres ministères: aux Transports, vous trouvez François Bonnardel, qui avait des franchises VitroPlus avant de faire le saut en politique. Aux relations internationales et à la francophonie, Nadine Girault, gestionnaire. À l’environnement, Marie-Chantal Chassé, une entrepreneure.

Bref, c’est un gouvernement de boss. D’ailleurs, le conseil du patronat trippe ben raide.

2) C’est un cabinet paritaire

On accuse souvent la CAQ d’être une gang de mononcles, mais ils travaillent fort à se détacher de cette image. Non seulement ils avaient beaucoup de candidates pendant l’élection, mais M. Legault a nommé un conseil des ministres complètement paritaire: 26 ministres, 13 femmes et 13 hommes.

Parce qu’on est en 2018. Ou quelque chose de même.

Le pot est légal

Je ne sais pas si vous en avez entendu parler quelque part dans les médias cette semaine, ou peut-être même sur les réseaux sociaux, mais le cannabis est rendu légal.

Si vous n’avez pas ouvert la télé depuis des mois et que vous n’avez pas Internet, la file qui partait du centre-ville de Montréal pour se rendre à peu près jusqu’à Drummondville aurait pu vous mettre la puce à l’oreille.

Le pot est légal, et le monde capote ben raide. La SQDC a annoncé avoir servi 42 500 clients en une seule journée. Ça serait bien au-dessus de leurs estimations, si bien qu’ils sont en rupture de stock pour beaucoup de leurs produits.

D’ailleurs, une firme avait prédit que la SQDC ne répondrait qu’à 38% de la demande, et ils pourraient bien avoir raison. Si l’objectif était de tuer le marché noir, va falloir se forcer un ti-peu plus.

J’ai jamais entendu parler d’un dealer qui arrivait chez son client en disant « Scuse-moi, man, j’ai pu de weed mais j’ai du kombucha si tu veux, c’est super bon pour la digestion».

Aussi, de nombreuses personnes ont dénoncé le fait que le pot de la SQDC serait suremballé. Quand vous achetez du pot « légal », il vient dans un ti-pot de plastique, recouvert d’une pellicule métallique, pis le tout est dans une boîte de carton.

Mais shout-out à la petite fille en Alberta qui est allée vendre ses biscuits de scout devant le magasin de pot. Une entrepreneure de génie de même, elle va ben finir ministre pour la CAQ.

L’Arabie saoudite joue à House of Cards

Maintenant, passons aux nouvelles internationales, parce que c’est sérieux cette chronique-là.

L’Arabie saoudite est dirigée par une famille royale depuis les années 30. Aujourd’hui, c’est le prince Mohammed ben Salmane qui dirige concrètement le pays, même s’il est techniquement vice-premier ministre.

Et MBS, c’est un peu le Justin Trudeau de l’Arabie Saoudite: il est jeune, beau et il se drape d’une aura progressiste. Genre il a permis aux femmes de conduire, il veut diversifier l’économie, mais on sait pas s’il trippe sur Star Wars.

Sauuuuuuf qu’il n’est pas si progressiste finalement. Jamal Khashoggi était un journaliste ancien conseiller du régime saoudien, qui s’était lui-même exilé du pays, et qui critiquait ouvertement le prince saoudien.

Pourquoi j’en parle au passé? Parce qu’il y a deux semaines, monsieur Khashoggi est allé à l’ambassade saoudienne en Turquie parce qu’il avait besoin de papiers pour son mariage. Et il n’en est jamais sorti.

L’Arabie saoudite a voulu faire semblant qu’ils n’avaient rien à voir avec ça, que le journaliste était sorti par une autre porte pis c’est ça.

Mais comme dans toute bonne télésérie, il s’avère que les turcs avaient mis des caméras tout le tour de l’ambassade, qu’on voit qu’il n’est jamais sorti, et en plus, les enregistrements où on entend Khashoggi se faire tuer ont été leakés.

Ça fait quoi, donc? Ben à court terme, tout le monde fait semblant d’être ben fâché. À moyen terme, probablement pas grand chose, parce que l’Arabie Saoudite possède ben du pétrole, pis nous autres on n’a pas beaucoup de chars électriques.

Mais au moins, Mohammed ben Salmane ne pourra plus se faire passer pour un progressiste.

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