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Le nightlife montréalais à travers la lentille de Lazer Cobra
Après avoir photographié la scène underground montréalaise post-pandémique, iel nous parle de l’avenir culturel de la métropole.
Montréalais·e queer d’origine philippine né·e à Côte-des-Neiges, Lazer Cobra a débuté en couvrant des événements corporatifs et des mariages avant que la pandémie ne l’oriente vers le monde nocturne : « J’entendais toutes sortes de rumeurs sur des fêtes qui surgissaient de la scène underground. »
« Des endroits aléatoires sur la montagne, en dehors de l’île, près du fleuve. Je savais que je devais m’y rendre et prendre des photos, parce que personne d’autre ne le faisait. Il y avait là un début d’histoire à documenter. »
Depuis, Lazer Cobra s’est taillé.e une réputation comme photographe de nightlife de renom. Tirant son nom d’artiste des rayons laser bon marché, incontournable des raves underground, et d’une référence au film Dodgeball, ses réseaux sociaux témoignent d’années passées au cœur d’un pan de la ville si indissociable de son identité qu’iel n’a jamais cessé de vibrer à son rythme.
Plutôt que de capturer le nightlife dans tous ses excès (pensez ici à des canons de confettis ou des loges VIP) ou dans toute son intimité (des étrangers qui se frenchent sur un plancher de danse), Lazer Cobra a trouvé son sweet spot là « où les gens sont à la recherche d’eux-mêmes ou tentent de se perdre ».
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En gros, sa démarche repose sur l’anonymat et l’authenticité. « Je pense que tout le monde est tanné de faire toujours pareil et a envie de passer un bon moment ensemble pour créer des liens. Il y a une certaine uniformité dans ces expériences, par exemple le bottle service, et les gens s’en sont rendu compte. »
Selon Lazer Cobra, l’espace n’a rien à voir avec la qualité d’une soirée. « L’un des principaux indicateurs de la vitalité d’une scène est le sentiment de sécurité qu’elle inspire. Dans certains endroits, on sent un regard insistant et hostile des gens qui les fréquentent. Certains collectifs s’appliquent à offrir un environnement sûr aux participants et prennent leur sécurité très au sérieux. Personnellement, j’apprécie beaucoup cette démarche et je souhaite qu’elle se généralise. »
Il n’en tient qu’aux promoteurs, aux DJ et aux communautés de bâtir de telles expériences.
Adieu, les clubs : « Ces établissements ne servent désormais plus que de lieux d’accueil. »
La démarche de Lazer Cobra s’inspire de celle d’Anthony Bourdain : faire acte de présence, gagner la confiance des gens et laisser les lieux raconter leur propre histoire. « J’aime soutenir ces gens, même si je me déplace avant tout pour le plaisir et prendre des photos. C’est de ça que j’aimerais qu’on se souvienne. »
C’est cet instinct qui l’a mené·e à des collectifs et soirées underground qui contribuent à transformer la scène montréalaise. Alors, qui de mieux placé pour nous recommander quelques adresses et artistes à suivre ?
Quoi suivre, selon Lazer Cobra
Pour les novices, voici quelques conseils pour bien débuter : plutôt que de suivre des lieux, intéressez-vous à des collectifs et DJ. Voici trois espaces à mettre sur votre radar :
Le Bar Datcha, avec une programmation composée de talents locaux et internationaux ; Le Système, qui a récemment rénové son plafond de verre et attire une foule queer ; Sans Soleil Bar, où le vinyle est roi.
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Sinon, voici quelques comptes auxquels vous abonner :
Virtualis : « C’est un collectif qui s’applique à s’assurer que l’expérience est sécuritaire pour ses participant.e.s. J’adore quand les gens s’expriment à travers leurs vêtements — à Montréal, on voit très peu d’outfits aussi élaborés à l’extérieur de la scène queer. Ils organisent régulièrement des soirées dans des endroits inusités, comme le Musée d’art contemporain. »
Afrotonik : « Des vétérans de la scène Afrobeat. Ils en font partie depuis si longtemps qu’ils en détiennent la formule ultime. Chaque fois que j’assiste à un de leurs événements, la salle déborde de danseurs d’Afrobeat. Ce sont d’immenses party à guichets fermés et l’énergie qui circule entre le public et la scène est tout simplement impeccable. »
T.I.T.S. Collective : « Ce sont d’incroyables curatrices d’événements. Parfois, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, mais c’est toujours plaisant et animé d’une énergie positive. »
Discoño : « C’est un collectif queer, majoritairement composé de membres de la communauté latinx. Leur vibe est incroyable. Si t’as envie de te déhancher, tu sais maintenant où aller. »
Ctrl Alt Fest : « Un festival d’une semaine, dont le line-up est exclusivement composé de collectifs LGBTQIA+. Il s’agit d’une alternative à Fierté Montréal. On y retrouve la scène ballroom, des légendes de la communauté queer ainsi que des danseur.euse.s et artistes de performance. J’encourage tout le monde à s’y rendre, pour une expérience qui aide à s’ouvrir les yeux. »
Pikete : « Un collectif de neoperreo et reggaeton mis en place par une poignée de membres de la communauté latinx. Ils mettent en place d’incroyables party et installations artistiques. Ça a beau être petit, chaque fois que j’assiste à un de leurs événements, j’ai un plaisir fou à me déhancher. »
Club DD’s : « Pour les lesbiennes qui nous lisent. Chaque semaine, elles proposent un line-up différent. Allez-y, c’est tout ce que j’ai à vous dire. »
SunDown : « Ils organisent régulièrement des événements dans la Cité de la mode, plus précisément dans un studio photo, ce qui me parle beaucoup. Ils proposent une multitude de décors qui vous en mettent plein la vue. À peine êtes-vous descendu de l’ascenseur que vous êtes déjà en train de faire le party dans une foule immense. C’est là qu’on va pour se sentir cool. »
Ferias : « À Montréal, c’est l’un des rares événements qui commencent alors que le soleil se lève. C’est aussi l’un des seuls qui joue encore de la musique disco sur vinyle. Si vous n’avez que trois heures devant vous, assurez-vous d’arriver juste à temps pour accueillir le soleil avec une danse. »
Parquette : « Un safe space d’inspiration berlinoise. La fête se déroule sur deux paliers où tout le monde peut se voir, tout en se sentant confiant et bien dans sa peau. Ça se voit dans leur manière de danser, de s’habiller et de s’exprimer. Personnellement, c’est le genre d’événement que je tiens à capturer : un événement qui devient possible quand on met de l’avant la dignité des participants, une approche politisée et énormément de respect. »
Habibi Boom : « Un mix de neo-cumbia, de reggaeton et de techno avec des saveurs arabes. Ce collectif organise d’incroyables party et n’hésite pas à exprimer son soutien pour la Palestine. J’adore quand les gens peuvent se réunir pour célébrer leur héritage. »
Breakglass Studios : « On ne sait jamais trop quels artistes seront sur place, et parfois, ils proviennent d’un peu partout dans le monde, brièvement de passage juste pour le plaisir d’être là. »
Growve : « Un espace queer friendly où on peut écouter de la musique et faire de belles rencontres. »
La Murga : « Un groupe de salsa qui joue de la musique live. »
Frikiton : « Un collectif qui met l’accent sur l’art visuel, ce que j’apprécie particulièrement. »
The Wiggle Room : « Pour assister à des spectacles de danse burlesque. Afin de bien montrer votre soutien envers les artistes, assurez-vous d’avoir de l’argent cash et d’obtenir leur consentement avant de les toucher. »
SAT : « Tout le monde adore la SAT. Il suffit de jeter un coup d’œil à leurs line-ups pour trouver tout ce dont on a besoin. »
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