Le ministre de l’Agriculture n’aime pas les stools

Aussi, Trump plie sur le mur et le ministre de l'Éducation veut une liste des profs voilés.

J’apprenais avec stupéfaction cette semaine que le journal La Presse, après être devenu un organisme à but non lucratif en espérant ainsi sauver les meubles, doit maintenant mener une campagne de socio-financement afin de se garder à flots. 

Si vous vous demandiez si c’est si pire que ça la crise des médias, c’est le genre d’affaire qui devrait répondre à votre question. 

Et pourquoi ça va si mal? Il y a sûrement plusieurs raisons, mais la principale est quand même assez simple: les pubs dans les journaux sont plus difficiles à vendre qu’avant. Oui, même si on parle d’un journal du futur qui n’est disponible que sur tablette électronique. 

L’affaire, c’est que les annonceurs, aujourd’hui, préfèrent acheter de la pub sur Facebook ou sur Google. Tout l’argent est rendu là. Donc, pendant que Mark Zuckerberg a assez d’argent pour s’acheter des milliards de chandails gris et se faire construire une base secrète de tyran international, les médias d’ici sont sur le bord d’aller quêter à l’entrée des métros. 

Tout va bien, gang.

Le ministre de l’Agriculture n’aime pas les stools

On parle pas beaucoup d’agriculture dans la vie de tous les jours. Je peux passer des heures à débattre à savoir qui fait le meilleur poulet rôti entre St-Hubert et Au Coq (Poulet: St-Hubert, Frites: égalité, sauce: Au Coq, Salade de chou: St-Hubert, Prix: Au Coq), mais je n’ai sincèrement aucune idée du nom de l’endroit d’où il provient. Une ferme de poulet? Une pouletière? Une pouliche?

Pourtant, c’est tellement essentiel. C’est une banalité totale, mais l’agriculture, c’est de là que vient tout ce qui se retrouve dans notre assiette. On a tendance à penser que quelqu’un s’en occupe et s’assure que nos aliments ne sont pas dangereux, qu’ils ne sont pas pleins de pesticides, par exemple. 

Eh bien en 2017, un expert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), Louis Robert, s’est mis à s’inquiéter de la place qu’occupent les fabricants de pesticides dans les recherches du gouvernement sur… les pesticides. 

Monsieur Robert dénonçait subir de la pression du conseil d’administration du Centre de recherche sur les grains (CEROM), dominé aux deux tiers par des représentants de l’industrie, afin que les résultats ne soient pas trop mauvais pour les pesticides. 

Quand il a vu que ses patrons s’en foutaient et ne faisait rien, il a décidé de contacter un journaliste et de lui envoyer des informations révélant que cette mainmise du privé menace la santé du public. 

Après une enquête interne, qui a dû être assez simple parce que Louis Robert a avoué être le responsable tout de suite, on a appris ce matin que le ministre actuel, André Lamontagne, a demandé personnellement de congédier le lanceur d’alerte, qui a commis le crime de vouloir s’assurer qu’on ne mange pas de la salade de brocolis et mort-aux-rats.

Le ministre s’est défendu en disant qu’il y avait plusieurs raisons pour son congédiement outre son «manque de loyauté». Mais monsieur Robert a coulé sa lettre de renvoi (tant qu’à y être) et on n’y mentionne rien d’autre que la fameuse fuite aux médias. 

Y’a des ministres qui mériteraient de se faire lancer des tomates pleines de pesticides. 

Le ministère de l’Éducation veut une liste de tous les profs voilées

Ça fait un bout qu’on s’arrache les cheveux de sur la tête avec le ô combien terrible scandale des professeurs qui osent enseigner les multiplications tout en portant un signe religieux. 

Ben tsé, toute cette commotion menée par la CAQ, comme quoi c’était un fléau à enrayer dès maintenant avant que les dictées ne se fassent en arabe… On apprend cette semaine que les caquistes n’ont jamais su combien de professeurs portaient le voile (ou tout autre signe religieux), anyway. 

Pas plus fou qu’un autre, le ministre de l’Éducation s’est donc dit qu’il allait demander aux commissions scolaires de lui faire une liste de tous les professeurs qui portent des signes religieux… ce que les commissions scolaires refusent de faire. 

Les commissions soutiennent que ça va à l’encontre de la charte des droits et libertés qui protège supposément les employés contre la discrimination selon la religion. Ça serait bizarre, dans ce contexte, d’aller cogner à la classe de chaque professeur pour lui demander de quelle religion il/elle est, et pour savoir s’il/elle porte des signes religieux. 

Pis je veux pas faire de comparaisons boiteuses, mais je suis-tu le seul à être mal à l’aise quand on me parle de remettre au gouvernement une liste des gens selon leur appartenance religieuse?

Trump fait une pause de shutdown

C’est arrivé vendredi dernier, mais comme cette chronique sort tous les vendredis matins, je n’ai pas eu l’occasion de parler de la fin du shutdown et ça me semble important. 

En gros, comme j’ai expliqué précédemment, Trump a décidé de ne pas renouveler le budget du gouvernement jusqu’à tant que les représentants et le sénat acceptent de lui voter un budget qui lui permettrait de construire son maudit mur.

Évidemment, les démocrates ont répondu «lol, décâlisse avec ton mur», si bien que ce lock-out forcé a été le plus long de l’histoire des États-Unis.

Probablement qu’il s’en foutait au fond du mur, et qu’il voulait juste détourner l’attention de l’étau qui se resserre autour de lui par rapport à ses supposées tractations avec la Russie (encore un autre de ses proches collaborateurs, Roger Stone, a été arrêté cette semaine dans le cadre de cette affaire).

Mais peu importe, le mal a été fait. Ce sont 800 000 fonctionnaires qui ont été privés de salaire pendant 33 jours, des aéroports qui ont dû être complètement fermés faute de personnel et des pertes pour l’économie américaine qui se chiffreraient autour de 11 milliards de dollars américains. 

Par contre, rappelez-vous, il faut que Trump protège l’économie de la VRAIE menace: les immigrants clandestins qui veulent rentrer aux États-Unis pour se trouver une job.

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