Le grand ménage du printemps

J’ai beaucoup trop de Cd poches à la maison.

Trop d’albums de promotion reçus en tant que journaliste.  «On vous envoie le dernier CD de Ti-Jo Blow.  Si vous pouviez en faire mention dans votre émission…»

Trop de CD encore sous emballage qui ne profiteront jamais du grand air.

En faisant mon récent grand ménage du printemps, j’ai d’ailleurs mis la main sur plusieurs petits trésors qui n’ont jamais eu droit à leur moment de gloire.  Des bijoux cachés dont personne n’a jamais entendu un traître mot.

C’est aujourd’hui que ça se passe.


PEU IMPORTE OÙ, QUAND, COMMENT : DANSER! CLERMONDDD’S BAND
Subtilisé dans les bureaux de 2 filles le matin à TVA, l’album de ce musicien handicapé se déplaçant en chaise roulante était accompagné d’un poignant communiqué de presse : “Mon prénom est Clermonddd et j’ai besoin de votre aide SVP car ne pouvant pas danser sur les mélodies que j’ai composées, je veux que tous les danseurs (euses) de la planète les dansent à ma place.” On se serait cru aux Retrouvailles de Claire Lamarche. Avec les “I need you so (fox trot)” et les “L’amour suprême (cha-cha)” de son album de danse en ligne, Clermonddd (avec 3 D.  C’est son nom d’artisssss) nous envoie une gauche droit au coeur.  Et même si le projet me rappelle vaguement la petite handicapée naine à voix de Chip Monk qui sévissait dans les années ’70 (le vinyle La chanson de l’Handicapée, c’était elle), je me garde bien de rire de Clermonddd. Un  petit plaisir psychotronique duquel on rigole en cachette.
LES FANS CHANTENT NOEL L’ÉCOLE DES FANS
Ils sont tout-tits. Ils sont mignons. Ils ont des voix d’ange. Ils ont lancé un album…  Ouch. À placer dans votre collection aux côté du coffret DVD de “Joselito l’enfant à la voix d’ange” qu’on vendait jadis sur le câble tard le soir. Je dois avouer entretenir une certaine fierté à l’idée d’avoir l’album des tits n’amis de L’école des fans dans ma collection, placé à côté de Chinese Democracy Gun’s n’ Roses.  2 albums qui n’ont absolument rien en commun sinon que de ramasser un peu plus de poussière chaque jour.
WORLD FLUTE MESSAGE ROBERT LEN
“Monsieur Diaz?  Robert Len est en bas à la réception près du studio.  Il est prêt pour l’enregistrement.” Le hic, c’est que jamais Robert Len n’avait été invité à l’émission.  Petit vite, il avait décidé de s’inviter lui-même pour venir faire la promotion de son album de musique Nouvel Âge.  Bonjour l’audace. Aussi planant que les disques de musique de pluie vendus près des magazines à potins chez Jean Coutu, le disque du flûtiste le plus effronté en ville est encore sous emballage. Je tenais à le préciser.
DRAMA BOX MISIA
Jamais cet album n’a été et ne sera déballé. C’est comme ça. Un peu par manque d’intérêt, et beaucoup par peur que la madame prisonnière de la pochette ne s’en échappe pour venir hanter ma chaîne stéréo. Avec son design made in 1985, l’album de la diva italienne que personne ne connaît est toujours en lice dans mon concours de la Pochette la Moins Inspirante de l’Histoire de l’Humanité. Un must pour les échanges de cadeaux de Noel.
MAINTENANT…  FEMME MARIE-ÈVE CÔTÉ
Sur le petit collant apposé à l’emballage de l’album, on peut lire “Son premier album incluant son interprétation de Une femme avec toi acclamée par les médias”.  Mais où étais-je donc lors de la sortie de l’album?  J’ai dû manquer un gros buzz. Sans rien enlever à la belle blondinette de Star Académie, l’album Maintenant…  femme (belle idée!) risque de se retrouver dans les bacs à rabais aux côtés des opus de Frank, Dave & Stef et de Corneliu Montano (monsieur opérette qui a endisqué “Minuit Chrétien” en plein été…). Switch à bitch…
HOMMAGE À ELVIS PRESLEY : LIVE ALBUM STEVEN LEE
Remis en main propre par le personnificateur du King le moins ressemblant au monde dans un festival d’été en campagne, l’album hommage à Monsieur Hound Dog est définitivement un trésor caché.  Une perle rare que je peux me compter chanceux de posséder et que je chérirai jusqu’à ma mort.  D’ailleurs, une clause dans mon testament le précisera : je souhaite être enterré avec. De fabrication artisanale avec sa pochette sortie d’une imprimante dont les cartouches manquaient visiblement d’encre. l’album de Steven Lee atteint son apogée lors d’une interprétation bien sentie de “Suspicious Minds”, durant laquelle le chanteur marmonne les paroles d’une chanson qu’il ne maîtrise pas du tout. Mais un gros 5 étoiles pour l’effort, le look et le costume. Avec pleins d’étoiles. Comme sur la pochette de King Créole. Yeah!

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Trudeau le faux

Allons-y droit au but: l’actuelle crise ferroviaire témoigne d’abord et avant tout d’un manque total de leadership de la part du premier ministre […]

Dans le même esprit