Le gouvernement est stone

Quand les commis de la SQDC gagnent plus que les préposé(e)s aux bénéficiaires.

Cette chronique a peut-être été écrite sous l’effet du THC alors que l’auteur se trouvait seul dans un chalet avec son chien.

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«J’sais pas si c’est la terre

Qui tourne à l’envers

Ou bien si c’est moi

Qui m’ fait du cinéma » 

Les paroles du classique Le monde est stone roulent dans ma tête tandis que digère encore cette nouvelle déprimante : les employés de la Société québécoise du cannabis (SQDC) — nouvellement syndiqués — viennent d’entériner une première convention collective qui fera exploser leurs salaires qui avoisineront vraisemblablement ceux des employés de la SAQ, soit entre 20,47$ et 26,46$ l’heure. 

Les commis qui vendent alcool et drogue gagnent désormais plus que les préposés aux bénéficiaires (PEB) qui changent les couches de nos aînés en CHSLD.

Et oui, les commis qui vendent alcool et drogue gagnent désormais plus que les préposés aux bénéficiaires (PEB) qui changent les couches de nos aînés en CHSLD. Le salaire d’un PEB oscille en moyenne autour de 17,14$, un peu plus en CHSLD et un peu moins dans les résidences privées pour personnes âgées. 

Ça ne vous fait pas honte vous autres? 

On transforme une job de caissier – normalement occupé par un étudiant – en profession, avec le gros salaire, la sécurité d’emploi et le régime de retraite blindé.

Comment une telle absurdité est-elle devenue possible? Quel élu se lève un matin en se disant : tient, me semble qu’on devrait donner plus d’argent au cassier qui scanne ma bouteille de Ruffino Chianti qu’à la personne qui effectue les tâches les plus ingrates pour assurer la dignité de nos aînés?

Et cela dit sans partisanerie aucune, parce que les trois partis qui ont gouverné le Québec au cours du dernier demi-siècle agissent tous de la même manière.

C’est simple: au Québec, on ne fait pas confiance au secteur privé. On aime mieux être materné par un état obèse et tentaculaire, d’où le néologisme gouvernemaman.

Deux solitudes même dans le weed

Pratiquement toutes les autres provinces canadiennes ont choisi de laisser le secteur privé s’occuper de la vente du cannabis depuis sa récente légalisation. 

Ceux qui croient que la CAQ est un parti de droite, je vous rappelle que le parti de François Legault s’est aussi prononcé en faveur d’un monopole public du cannabis, à condition de l’éloigner des succursales de la SAQ et d’élever l’âge légal à 21 ans. 

On nous dira que la drogue et l’alcool ne sont pas des produits comme tous les autres. Que ça détruit des vies. Qu’il faut protéger les mineurs (qui iront de toute façon joyeusement s’approvisionner sur le marché noir en attendant l’âge légal).

Que le contrôle d’une entreprise privée n’atteindra jamais d’aussi bons standards que ceux offerts par le secteur public.

Bullshit.

On vend bière et cigarettes dans les dépanneurs. Les pharmacies vendent des drogues pas mal plus dommageables que ce qu’on retrouve à la SQDC. Pourquoi

On vend bière et cigarettes dans les dépanneurs. Les pharmacies vendent des drogues pas mal plus dommageables que ce qu’on retrouve à la SQDC. Pourquoi aucun « génie » n’a alors pensé à nationaliser Couche-Tard ou Jean-Coutu tant qu’à y être?

Soyons sobres, deux secondes. L’État est un piètre gestionnaire. Il est incapable de concurrencer le secteur privé. Tout ce qu’il touche coûte deux fois plus cher. On le voit à Ottawa présentement avec un fiasco nommé Phénix où le gouvernement fédéral est même incapable de se doter d’un système de paye qui verse le bon montant à ses employés aux deux semaines.

Un piètre gestionnaire

Une autre preuve? La SQDC est devenue le premier pusher au monde à perdre de l’argent. On te donne le monopole de la vente du cannabis, pis tu trouves le moyen de vendre moins cher que ça te coûte? Man, trouve-toi un autre job. Ça presse! 

Mauvaise nouvelle : c’est à toi en plus que des gens veulent confier l’avenir des médias.

Mon pusher « illégal » (pas le mien là, celui d’un ami…) réussit à faire du cash en me vendant son weed moins cher qu’à la SQDC et, malgré tout, faire un profit. Pas besoin d’un doctorat en toxicologie ou en économie pour comprendre que le gouvernement n’a pas d’affaire dans cette industrie-là.

Margaret Thatcher disait, mi-blagueuse, qu’on confierait la gestion du désert du Sahara à des fonctionnaires et qu’ils finiraient par manquer de sable.

Margaret Thatcher disait, mi-blagueuse, qu’on confierait la gestion du désert du Sahara à des fonctionnaires et qu’ils finiraient par manquer de sable.

La SAQ n’est pas meilleure. Malgré son énorme pouvoir d’achat, elle paye son vin plus cher aux producteurs, loue ses loyers plus chers au pied carré que ses voisins et a des charges administratives beaucoup plus élevées que n’importe quel autre commerce de détail. 

Quant à ceux qui croient que le gouvernement veut se donner le monopole de la vente de l’alcool et de la drogue pour faire encore plus d’argent, détromperez-vous. Ce qui est payant, ce sont les taxes sur ces produits, pas la gestion des magasins.

Quand l’Alberta a privatisé la vente de l’alcool, elle n’a pas perdu d’argent. Même si les consommateurs albertain paient moins cher leurs bouteilles qu’ici, leur gouvernement fait plus d’argent que le nôtre  (24,27 $ / litre d’alcool absolu vendu en Alberta versus 23,43 $ / litre au gouvernement québécois).

Bref, je vous invite à passer à la SQDC la plus près pour vous procurer un joint pré-roulé ou deux en vue de relaxer et de tenter d’oublier comment le Québec est une grosse société d’État d’ébriété, accro au syndicalisme et aux monopoles publics.

« Stone. Le monde est stone. »

Et surtout, Joyeux Noël à tous mes fans, de plus en plus nombreux, à URBANIA!

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