Logo

Le Bonhomme pendu aux frais de l’État

Publicité

Au début du mois, le sénateur Pierre-Hughes Boisvenu a dit que « chaque criminel devrait avoir une corde dans sa cellule, pour qu’il décide de sa vie ». Ishh, chiquenaude derrière la tête.

J’ai beaucoup de compassion envers M. Boisvenu quant à la perte de sa fille, mais il est consternant de constater qu’il considère comme une option convenable le fait de fournir aux prisonniers un outil d’auto-assassinat.

Et pour ce qui est des autres gens sans passé bouleversé par un acte criminel, ceux que l’on considère comme socialement « civilisés » et qui partagent son avis, de quoi est constitué leur vécu pour qu’ils aient abouti à de telles convictions? À quel moment est-ce que leur système de valeurs est parti en couille? Lors d’un envoûtant séjour au Texas? D’une lobotomie réussie?

Ce genre de discours fait naître en moi un malaise plus grand que le dégoût même, un mal de cœur généralisé. Inciter au suicide. Au Canada, ce beau pays gigantissime de liberté et de majestueux cerfs courant nus entre castors et grands lacs de sirop d’érable. Stop Ou Encore, on dépasse le trash du conservatisme toléré.

Publicité

M. Boisvenu s’est pourtant déclaré contre la peine de mort. Mais oui, évidemment, tel le végétalien guillotinant à l’occasion deux ou trois bambis.

Après la frasque, le sénateur s’est publiquement excusé, disant avoir « échappé » ses propos. Échappés, certes, mais il n’en pense pas moins et ne doit pas être le seul à être maladroitement équipé de ce genre de gear de réflexion. Avec des têtes dirigeantes possédant une telle mentalité, il est plus que temps de penser à déclencher l’alarme, non ?

Évoquer publiquement la mort d’un pair homo sapiens, peu importe ses antécédents judiciaires, c’est inacceptable pour toutes les raisons qu’on connaît, nous jadis bons élèves des cours d’enseignement moral. Parce que l’erreur judiciaire existe, parce qu’œil pour œil dent pour dent, ce n’est tolérable que pour Claude Legault, parce que l’individu peut se repentir, parce que l’État ne peut interdire le meurtre et à la fois le favoriser, parce qu’inciter au suicide c’est juste barbare en ciboulot.

Que l’Amour domine.

Publicité