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Vous n’avez peut-être pas encore appris son nom, mais vous le connaissez déjà.
Vous l’avez peut-être vu dans Antigang. Ou dans Fragments. Ou dans Pa t’mentir. Ou peut-être même dans le film de Philippe Falardeau Guibord s’en va-t-en guerre, son tout premier rôle.
Irdens Exantus roule sa bosse à l’écran depuis plus de dix ans, mais les plus jeunes d’entre vous ne l’ont peut-être découvert que ce printemps, dans les stories Instagram de vos amis qui assistaient aux Francouvertes.
Ben voyons, ce gars-là chante aussi? Eh oui. En plus d’avoir une voix feutrée, c’est par son charisme et l’originalité de ses compositions qu’Irdens Exantus se détache du lot. Des attributs qui l’ont également porté jusqu’à la grande finale du prestigieux concours où il a partagé la scène avec Fyore et l’éventuelle gagnante Luan Larobina.
Les Francouvertes ont permis de découvrir plusieurs grands noms de la chanson québécoise : Loco Locass, Les Cowboys Fringants, Les Soeurs Boulay, Karim Ouellet, Les Louanges, Lou-Adriane Cassidy, et plusieurs autres. À son tour, Irdens Exantus espère le concours sera l’occasion pour lui de faire sa marque dans le milieu.
Il a beau ne pas avoir remporté l’honneur ultime, il aura tout de même l’opportunité de se produire aux Francos, le 17 juin prochain. Disons que celui qui interprète le sergent Philippe Desrosiers dans la nouvelle quotidienne de Radio-Canada s’apprête à passer un été occupé.
« La première fois que j’ai joué mes compositions devant public, c’était dans le cadre du Festival Afro Urbain à la Maison d’Haïti où j’ai passé un moment extraordinaire », confie-t-il. « Depuis ce moment, j’essaie de revivre ce que j’ai vécu le 26 mars 2022. »
La musique a toujours fait partie de l’écosystème créatif d’Irdens Exantus. Issu d’une famille très croyante, il a passé sa jeunesse à chanter dans des chorales d’église. Bien qu’il se considère comme un artiste multidisciplinaire, ce n’est que depuis la parution de son EP Une journée longue en novembre dernier qu’il considère plus sérieusement poursuivre une carrière dans la chanson.
Fort d’une décennie d’expérience à titre d’acteur, il s’est lancé dans le processus avec une confiance qui lui a permis de connecter avec le public.
« C’est certain qu’avoir fait l’école de théâtre m’a aidé. Il y a des détails qu’un musicien doit normalement apprivoiser avec le temps que je comprends déjà, mais on a gardé la présentation simple et spontanée. Rien n’était réglé au quart de tour », confie l’artiste de 31 ans.
Si on se fie à l’historique des Francouvertes, une victoire n’est pas nécessaire pour une carrière réussie. Adoubée de 12 Félix au dernier gala de l’ADISQ, Lou-Adriane Cassidy s’est inclinée face à l’ensemble hip-hop LaF en 2018. Les Cowboys Fringants ont également baissé pavillon devant Loco Locass en 2000 pour ensuite devenir des légendes de la musique québécoise.
Ce sera un nouvel équilibre à trouver pour Irdens Exantus, qui retournera sur le plateau d’Antigang pour une deuxième saison. Si le spectacle aux Francos lui ouvre d’autres portes, Irdens ignore encore quel chemin il choisira : « Avoir trop d’engagements, c’est un beau problème. Je ne veux pas choisir. Dans un monde idéal, je continuerais à faire les deux. »
Bien qu’il refuse de se cantonner dans une seule voie, Exantus est très au fait qu’il est d’abord perçu par le public comme un comédien qui chante. Mais, de son propre aveu, c’est plutôt devant la caméra qu’il se sent comme un imposteur.
« C’est quelque chose qui m’a suivi longtemps dans le milieu de la télé. J’ai eu mon premier rôle dans Guibord s’en va-t-en guerre en 2015, avant même d’avoir fait l’école de théâtre. C’est quelque chose qui s’estompe avec le temps, mais ça m’incite aussi à travailler fort et à être sur la coche. Alors, je suppose que je suis un chanteur qui joue, parce que je chante depuis tellement longtemps. C’est plus naturel », estime-t-il.
Pour Irdens Exantus, ça se passe le 17 juin prochain au pub Brasseur de Montréal. Pour la suite, ça reste à voir. Pour le moment, il peut encore tout faire.
« Quand on a décidé de faire les Francouvertes avec mon directeur musical, Ebed Registre, c’était dans l’optique de se mettre de l’avant. De décrocher des contrats. Jamais on a imaginé se rendre en finale. On a été les premiers surpris, mais à la ronde préliminaire, cette magie-là est revenue. C’était simple. Ç’a cliqué », explique Exantus. Cette magie dont il parle, c’est celle qui n’a malheureusement opéré le soir du lancement de son EP, alors qu’Irdens était épuisé par le stress.
Même avec toute l’expérience et la confiance du monde, participer à un concours de découvertes musicales est néanmoins vulnérabilisant. Les participants reçoivent les commentaires du jury, ainsi que ceux du public. « C’est certain qu’il faut en prendre et en laisser. C’est pas tout ce qu’on reçoit qui est pertinent, mais parfois, ça donne lieu à de belles découvertes. Par exemple, une des juges m’a fait découvrir la musique de Mustafa. J’ai pleuré quand j’ai entendu ça la première fois, c’est tellement beau. »