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La rivalité Canadiens-Bruins pourrait pousser des partisans fiers comme nous à bouder Boston, une ville voisine puisque seulement 5 heures nous en sépare… Ne reculant devant rien, et s’étant assurés que la saison de hockey était bel et bien terminée, c’est une délégation de quatre justiciers urbains, accompagnés d’une poignée de fans en délire triés sur le volet, qui ont fait le voyage il y a deux semaines.
Le résultat : les justiciers sont revenus la queue entre les deux jambes comme qui dirait, forcés de constater que Boston est une ville inspirante et inspirée. La ville n’a pas l’effervescence de New York ou de San Francisco, ni le bling bling de Los Angeles ou Miami, mais Boston a des atouts pour charmer le visiteur un peu plus pépère souhaitant profiter de la vie et de la ville.
Précisons tout de suite quelque chose. Impossible pour nous de vous parler du nightlife bostonien. Faire la fête sur le house-boat que nous avions loué à la marina de Charlestown ne nous permet que de vous recommander de faire de même…
Trois choses nous ont particulièrement impressionnés, voire même rendus un peu jaloux : l’intégration très réussie des nouveaux bâtiments aux plus anciens, l’urbanisme renouvelé et l’attention particulière portée aux berges et aux cours d’eau qui entourent la ville. Pour ceux qui ont visité Boston il y a plus de 5 ans, la ville est aujourd’hui méconnaissable.
Il n’y a pas si longtemps, vestige d’une autre époque, le centre-ville de Boston était coupé en deux par une autoroute surélevée. Un peu comme si la métropolitaine traversait le centre-ville de Montréal via la rue Sainte-Catherine. Imaginez alors l’attrait d’aller s’y promener. En 1985, la Ville a eu la brillante idée d’enfouir cette autoroute. Nom du projet : « Big Dig » – en québécois, « Gros Trou ». 20 ans et 15 G$ plus tard (alors qu’il devait en coûter 2,5 G$…bon oui, ça, c’est l’aspect qui fait un peu patate) le résultat est… spectaculaire.
Pour la petite histoire, le « Gros Trou » est le projet d’infrastructure le plus coûteux de l’histoire des States, le gouffre financier par excellence, à vouloir s’y cacher dedans pour les responsables… Toutefois, aujourd’hui, le Bostonnais moyen est très heureux du résultat et du succès urbanistique.
La fin des travaux en 2007 a littéralement créé un effet d’entrainement. L’espace libéré a permis la création d’un parc linéaire unique et le développement d’une animation urbaine variée (kiosques, artistes, bouffe de rue). Le projet a également permis la construction de nouvelles infrastructures avec une signature architecturale intéressante, la création de percées visuelles, une revitalisation des berges et la mise en valeur du fameux Freedom Trail.
À Montréal il n’y a pas réellement de comparable, l’autoroute métropolitaine ou le complexe Turcot ne se trouvant pas réellement dans le centre-ville. L’autoroute Ville-Marie, partiellement enfouie, est ce qui s’en rapproche le plus. Plusieurs rêvent d’ailleurs du jour où elle sera totalement enfouie. Le « Gros Trou » est certainement un exemple duquel il faut s’inspirer et apprendre afin de reproduire les bons coups et éviter les écueils rencontrés par les Bostonnais.
En rafale, trois idées qui nous ont plu et qui devraient être pensées pour Montréal.
1) Oser des infrastructures qui ont du caractère et profiter des opportunités! À Boston, la Ville a profité du Big Dig pour construire un nouveau pont qui remplace maintenant deux ponts construits dans les années 50. Ouvert en 2003, le Zakim Bridge (pont à haubans le plus large au monde) offre une signature distinctive à la ville. À Montréal, qu’est-ce qui nous attend avec Turcot et Champlain ?
Boston c’est donc plus que les détestables Bruins et le méchant Zdeno Chara qui s’amuse à briser des joueurs des Canadiens à grand coup de baie vitrée dans la face. C’est une ville qui s’est enfoncée dans un gros trou pendant une vingtaine d’années avant d’en ressortir en champion… Une ville passée maître dans l’art de saisir les opportunités pour se relancer et se réinventer!
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Pour suivre les aventures des Justiciers urbains : www.lesjusticiersurbains.com
2) Bouffe de rue. Guédilles au homard, cupcakes, traditionnel hot-dog, etc… Boston regorge de restaurants ambulants de qualité. Montréal se penche (enfin!) sur cette question et envisage même de réviser le règlement qui limite cette pratique depuis 1947. Avec le succès du fameux truck Grumman 78 et l’avant-goût que nous donne chaque festival, la bouffe de rue à Montréal est une réalité sporadique. Faisons-en un plaisir quotidien!
3) Un parcours touristique sans guide. À Boston, la Freedom Trail nous permet de découvrir 16 sites historiques et plusieurs des plus beaux quartiers de la ville au long d’un parcours de 6 km à faire à pied et sans guide. Comment ? Facile, il faut suivre le chemin de briques rouges au sol, un aménagement simple mais distinctif. Montréal pourrait très bien s’en inspirer tout en l’adaptant à sa réalité, avec par exemple un parcours historico-culturel nous menant à travers le Vieux puis remontant tranquillement vers le nord et bifurquant parfois vers l’Est ou l’Ouest pour faire découvrir les différents quartiers ethno-culturels de Montréal (chinois, portugais, italien, juif), le Plateau, le Mile-End…