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La ville de la semaine : Sept-Îles

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Gamin, mon meilleur ami venait de Sept-Îles, région qui me semblait tellement sauvage avec ses îles inhabitées! Pour un petit gars de Québec, se faire raconter que toutes les îles sont inoccupées, il fallait qu’elles soient drôlement inhospitalières – après tout, même le Sahara est habité.

Maintenant que je les regarde quotidiennement, je dois avouer qu’elles sont franchement belles.

1 – Sept-Îles comme dans sept îles?

On devine facilement que la rivière des Mille-Îles n’a pas exactement 1000 îles, mais on s’attend à ce que Trois-Rivières ait un trio de rivières et que Sept-Îles ait aussi 7 îles. Ce qui est plus ou moins le cas. Officiellement, vous lirez partout que c’est bel et bien 7, mais quand on s’y attarde, on voit un peu l’attrape-nigaud. Prenez les noms: Grosse Basque, Petite Basque, Grosse Boule, Petite Boule – plaignez-vous à Jacques Cartier pour ces noms recherchés, Corossol, Manowin et… les Ilets de Quen. La septième (ou la première?) est donc en fait un tas de petites îles.

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2 – Capitale américaine du minerai

Vous pensez que seule Montréal possède des entreprises qui brassent des millions, voire des milliards? Honte à vous! Sept-Îles est non seulement le deuxième port en importance au Canada, il trône au sommet du transport minier en Amérique du Nord. Deux avantages: son port est en eau profonde et il est près d’énormes entreprises, comme les minières IOC et Cliffs Ressources ainsi que l’Aluminerie Alouette, la plus grosse en Amérique.

3- Fantasme de l’an 2000

Dans les années 60, devant le boom économique que connait la région, des urbanistes très intelligents se sont dit que la croissance ne pouvait que continuer éternellement au même rythme. C’est connu, l’économie ne fluctue jamais rapidement… Ils croyaient donc que la ville aurait 100 000 personnes en l’an 2000 et ont imaginé un nouveau centre-ville avec en son centre le Cégep de Sept-Îles. La réalité a été sans surprise tout autre. Une crise minière a même mené à une diminution de la population dans les années 80. Des près de 40 000 de l’époque, la ville compte aujourd’hui environ 26 000 Septiliens. Quant au centre-ville imaginé durant ce trip d’acide, la municipalité commence tout juste à développer ce secteur, le cégep ayant encore et toujours comme voisin un champ et un boisé…

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4- Les propriétaires ont le gros bout du bâton

Vous pensez vivre une crise du logement à Montréal? Laissez-moi rire! À Sept-Îles, c’est la pénurie totale. Certains propriétaires refusent de louer à des gens s’ils ne travaillent pas dans le domaine de la construction ou pour l’une des grandes entreprises – ce qui m’est arrivé durant ma recherche l’automne dernier.

Au moment d’écrire ces lignes, il n’y a que quatre logements à louer dans les petites annonces…

5- Une ville où l’on dit “kuei”!

“Kuei”, c’est bonjour en innu. Sept-Îles était occupée par les Innus bien avant que des pêcheurs s’y installent et que des grandes entreprises la jugent économiquement viable. Deux villages innus entourent la municipalité, Uashat et Mani-Utenam (que tous nomment encore Maliotenam). Bien que séparées par la ville, les deux communautés forment le même Conseil de bande et sont bien présentes dans la région. Ils ont même leur propre centre d’achat (Galeries Montagnaises), lieu qui comprend le Wal-Mart de la place. Pis Kashtin, ça vient de là.

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6- Icitte, c’est la mer

Sept-Îles est située dans la baie du même nom qui, elle-même, est baignée par l’eau salée du Saint-Laurent. Le fleuve? Plus vraiment. On parle plus du golfe rendu ici. C’est la mer, la vraie. Une centaine de kilomètres nous séparent de la rive sud (nenon, pas Longueuil, la Gaspésie).

7- Pareil comme Hawaï

Ceci en étonnera plusieurs, mais Sept-Îles est une ville de plages. Oui oui, avec un s. En fait, The Planet Smashers auraient tout aussi bien pu chanter “Surfing in Sept-Îles”, parce que c’est pareil comme Tofino, chaleur en moins. Il y a de plus en plus de surfeurs sur la Côte-Nord et les nombreuses plages de la région offrent plusieurs belles places pour ça. Et comme pour Tofino, les belles vagues sont en novembre et décembre.

8- Où on aime tourner en rond

Le Québec, ce n’est pas comme l’Europe, ça n’a pas une tonne de carrefours giratoires. Le ministère des Transports du Québec soutient en avoir 32 sur son réseau routier. La Ville de Sept-Îles en a quatre. Je n’ai pas fait d’enquête, mais je pense que ça bat le ratio carrefours giratoires-intersections de toutes les autres villes de la province. Ironiquement, ils fonctionnent à l’envers, les “cédez-le-passage” sont à l’intérieur du carrefour et non lorsqu’on y entre. Eh!

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9- Où l’on aspire du café

Déjà, il y a un culte étrange de la part des Septiliens envers les Tim Horton’s. Non seulement il y en a un par 8600 habitants, ce qui est déjà un bon ratio, ils sont presque toujours plein. Régulièrement, c’est un défi y trouver un stationnement. En plus, les gens du coin boivent leurs cafés avec une paille. Oui, une paille. Habitude qui s’est développée étant donné les longues heures passées sur la route et qui s’est installée dans le quotidien.

Je passe mon temps à dire “sans paille svp!”

10- C’est loin en titi

Le Québec, c’est grand. Fichtrement grand. Si vous pensez que c’est long faire Québec-Montréal, c’est que vous n’avez pas assez visité la province. Sept-Îles est à 8h de route de Québec, 11h de Montréal, c’est-à-dire respectivement 650 km et 900 km. Et c’est pourtant encore loin d’être la fin de la route vers l’est. À partir de Sept-Îles, il faut encore parcourir 370 km avant d’arriver à la pancarte “FIN” de la route 138, à Natashquan. Et encore… c’est parce qu’aucune route ne relie les villages de la Basse-Côte-Nord dont le plus à l’est, Blanc-Sablon, est située à 700 km de Sept-Îles.

Découvrez la galerie photo sur Sept-Îles et les capsules réalisées à travers le Québec pour notre émission QC12 : le Québec en 12 lieux.

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Pour lire un autre reportage Ville de la semaine : La région de la semaine : Le Saguenay-Lac-St-Jean par Sabrina Dumais

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