La tronche ne fait pas le swag

Parfois, ceux que l’on trouve « frais chier », « osti d’air bête » ou « snobinards », ne sont en fait que lendemain de brosse, en deuil d’une grand-mère, ou atteints d’une infection urinaire.  Ou pas.

Nos spéculations suite à une première impression peuvent s’avérer fausses.  Je ne mettrais pas ma main au feu, mais je crois que même Marc Labrèche et Passe-Partout vivent des moments où ils n’ont pas envie d’exprimer davantage de confettis faciaux que Harper.  On confond souvent arrogance et insécurité.  Sans vouloir faire de la psycho-pop à deux balles, je crois que notre perception peut être leurrée par plusieurs facteurs.  Par exemple, 68% de mes meilleurs amis ont avoué m’avoir trouvée condescendante, lorsqu’à nos débuts je leur ai demandé leur nom pour la sixième fois, alors que loin d’être de mauvaise foi, je crois plutôt être depuis ma naissance à l’aube d’une terrible phase pré-Alzheimer.

Fréquemment, lorsqu’on creuse en une personne au visage de « ma supériorité t’avilit », on trouve en elle une simple timidité. Derrière ses gigantissimes lunettes – pas si loin d’ailleurs de celles qu’on portait en sciences physiques secondaire 4 pour se PROTÉGER… Je crois qu’il y a clairement un lien à faire ici.  Ou pas. – , ses globes cherchent en fait notre approbation, la libération de sa self-consciousness.  Et révélation ultime, la confiance en soi de chaque humain fluctue à ses heures, selon la situation dans laquelle il se trouve, son état physique, les événements de la veille, ou la qualité/quantité de sa vie sexuelle.  Il est donc possible que même un être à la personnalité de feu arbore occasionnellement un charisme de patte de chaise. Le manque de Yoplalahou peut aussi découler de la préoccupation par le fait de devoir trouver le sujet de son blog du lendemain ou la dernière vidéo qu’on vient de visionner.

Évidemment, il subsiste aussi une catégorie fallacieuse, celle des véritables vantards au nez perché.  Ceux qui namedrop une part du bottin de l’UDA dans une conversation sur le protocole de Kyoto ou qui louangent un groupe indie acid-dub-polka suédois qu’ils détestent en secret.  Ceux qui résument la totalité de leurs exploits dans les six premières minutes d’une conversation sans qu’on n’ait formulé d’intérêt particulier à l’égard de leur curriculum vitae.  Vous ! Il serait tout de même bien que vous réalisiez deux ou trois trucs quant à vos interactions sociales.

Sachez qu’on s’en rend compte, lorsque votre ego cherche à pavaner ses plumes.  Comprenez que vous ne leurrez personne avec votre : « Ah un chalet en bois en rond ? Ça me fait justement penser au cèdre qui constituait le plancher du plateau de tournage quand je jouais dans (…) »  On saisit bien que vous ne nous écoutiez pas depuis le début de nos échanges et que vous n’attendiez que le moment opportun pour plugger votre accomplissement.  Il faut comprendre que ce genre de discours engendre à tout coup un immense turn off et qu’il est beaucoup plus séduisant de déguster l’aspect glorieux d’un nouvel être par nous-même plutôt que de se le faire beurrer dans la face dès la première bise.

Mais bon, restons indulgents et n’oublions pas qu’en ces enquiquinants réside toujours un bébé licorne assoiffé, de câlins et de thumbs up.

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