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Soirée électorale QS
Photo : Hugo Meunier, URBANIA

La soirée des possibles

Québec solidaire s’en tire plutôt bien et fait trembler le Club Soda.

6 octobre 2026
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C’est dans un Club Soda chauffé à bloc que les troupes montréalaises de Québec solidaire ont célébré l’élection de neuf députés, causant la surprise et rappelant bruyamment qu’ils étaient loin de jeter la serviette.

Aux détracteurs et sondages qui les voyaient perdre plusieurs sièges, la formation progressiste est parvenue à maintenir leurs acquis, sans perdre trop de plumes depuis le dernier scrutin (ils passent à neuf députés plutôt que onze).

Une performance honorable pour un parti de gauche devant le vent de droite qui a porté un gouvernement péquiste au pouvoir (59 députés au moment d’écrire ces lignes), devant les libéraux (40 élu.e.s) et une imposante cohorte conservatrice de 19 député.e.s redessinant le portrait de l’Assemblée nationale.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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« Ruba, Ruba, Ruba! », scandait d’une même voix la foule compacte réunie à la salle de spectacle du boulevard Saint-Laurent lorsque la députée (reconfirmée) de Mercier s’est avancée sur scène pour prononcer ce qui avait des allures de discours de la victoire.

Ou d’espoir, à tout le moins.

« Ce soir on a défié tous les pronostics, on est encore là ! », s’est exclamée Ruba Ghazal, saluant une belle campagne et sa fierté de voir la couleur orange demeurer à Montréal, mais aussi à Québec et à Sherbrooke.

« Une chance que Québec solidaire est là pour être la voix de ceux qui n’en ont pas », s’est targuée la députée réélue, à l’instar de son co-porte-parole, Sol Zanetti.

Si son Parti est parvenu à sauver les meubles, le travail à abattre sera colossal pour contrer le vent de droite qui souffle sur le Québec. Dans un discours inspiré, Ruba Ghazal estime que QS demeure la seule alternative aux « quatre nuances de droite » qui s’apprêtent à garnir les sièges de l’Assemblée nationale.

La foule, galvanisée, l’applaudissait à tout rompre pendant qu’elle égrenait les valeurs maîtresses de son parti, notamment sa volonté de protéger les femmes, les immigrants et l’environnement.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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« Le Québec, un pays ! », martelaient de jeunes militant.e.s enthousiastes, pendant que Ruba Ghazal présentait tour à tour les député.e.s de sa formation, dont plusieurs étaient présent.e.s.

Les murs ont presque tremblé lorsqu’elle a nommé les recrues Roxane Milot (qui succède à Manon Massé dans Sainte-Marie–Saint-Jacques) et Gisèle Pouhe Njall, élue dans Rosemont. Le vétéran Alexandre Boulerice a pour sa part réussi son saut en politique provinciale en devenant le premier élu confirmé de la soirée dans Gouin.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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Au moment d’écrire ces lignes un peu avant minuit, Stéphanie Vachon l’emportait dans Sherbrooke.

Un party de famille

Même si des résultats se faisaient attendre, le party était pogné au Club Soda. Un party de famille avec des figures incontournables comme Françoise David, Amir Khadir, François Saillant et, bien sûr, Manon Massé.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA

Cette dernière est débarquée un peu plus tôt avec son casque de vélo, fendant la foule qui l’acclamait. Elle a salué en plaquant une main sur son cœur sa successeure, Roxane Milot, alors que celle-ci accordait une entrevue aux collègues de la télé.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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L’ancienne co-porte-parole, très sollicitée, m’a avoué ne pas chômer, même si elle s’est retirée de l’arène politique. « J’ai tellement été sur la glace que j’ai pas le sentiment d’avoir accroché mes patins. Mais c’est une charge mentale de moins de ne pas être sur une pancarte », a-t-elle confié.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA

Elle s’est ensuite frayé un chemin jusqu’à la scène pour fouetter les troupes. « Faut pas se dépoussiérer une fois aux quatre ans, la gang », a-t-elle lancé, invitant les militants à reprendre le flambeau dès le lendemain.

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Un sort incertain

Bien malin qui aurait pu prévoir un tel dénouement pour Québec solidaire. Pas moi, en tout cas. J’avoue qu’en arrivant au Club Soda, j’étais assez sceptique devant lequel l’autobus de campagne qui suggérait pourtant que c’était pourtant possible.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA

Il faut dire qu’à la veille des élections, le sort des solidaires était encore incertain.

Au 98,5 pour animer la soirée électorale, Philippe Cantin et son équipe calculaient d’ailleurs que huit des onze sièges de QS étaient en jeu, saluant néanmoins la solide campagne menée par Ruba Ghazal.

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Une véritable fête nous attendait au Club Soda, à condition de se soumettre d’abord à une fouille très intense digne d’un aéroport.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA

Une fois à l’intérieur, les gens sirotaient un drink, placotaient ou se procuraient de la merch, pendant que sur l’écran géant, Patrice Roy et sa gang entamaient leur couverture de la soirée.

Les premiers résultats arrivent rapidement. Des applaudissements nourris fusaient de toutes parts lorsqu’on annonçait l’avance des solidaires dans leurs comtés respectifs. Même chose lorsque des adversaires encaissaient la défaite, notamment les caquistes France-Élaine Duranceau et Bernard Drainville.

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Huer les adversaires

L’autrice, metteuse en scène et comédienne Ines Talbi animait la soirée avec brio. Elle a notamment ouvert le bal en récitant un poème de Gérald Godin.

T’en souviens-tu, Godin

qu’il faut rêver aujourd’hui

pour savoir ce qu’on fera demain ?

Talbi a même gentiment sermonné la foule qui ne pouvait résister à l’envie d’huer les député.e.s des autres partis. Ça manquait d’ailleurs un brin de classe de couper le discours de défaite de Christine Fréchette au profit d’une pub partisane de QS.

Même Ruba Ghazal a dû rappeler ses troupes à l’ordre lorsqu’elle a salué la victoire de PSPP dans les huées.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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Sinon, l’ambiance était festive, les sourires radieux et l’espoir palpable. Marie-Noëlle, une militante dans Hochelaga-Maisonneuve, assistait à son premier rassemblement. Cette fonctionnaire a décidé de s’engager plus activement en observant la montée du conservatisme chez les jeunes. « On voit que le filet social se détériore et la montée du conservatisme signifie aussi la montée de l’individualisme », a-t-elle souligné.

« Estie que je suis contente ! »

La soirée allait bon train et on avait l’impression que le plafond allait décoller à mesure qu’on annonçait tour à tour l’élection de candidat.e.s solidaires.

Plusieurs d’entre eux.elles ont livré des discours sur scène (de Montréal, mais aussi à distance), alors qu’on scandait leurs noms.

Alexandre Boulerice évoquait la lutte à venir, à l’Assemblée nationale, mais également dans la rue. « Un Québec qui refuse la peur et choisit l’amour, c’est possible ! », a-t-il lancé, citant le slogan : « L’amour, crisse » de Louise Latraverse.

Photo : Hugo Meunier, URBANIA
Photo : Hugo Meunier, URBANIA
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En visioconférence depuis la Vieille-Capitale, Étienne Grandmont a pour sa part remercié ses deux bénévoles préférés. « Ils ont fait du téléphone toute la campagne sans jamais mentionner qu’ils étaient mes parents. »

Beaucoup de fans d’Alexandre Leduc dans la salle aussi à en juger par l’accueil qu’on lui a réservé.

« Estie que je suis contente ! », s’est exclamée ma voisine pendant que le député réélu prenait place derrière le lutrin. « J’aime mon Hochelaga-Maisonneuve, je l’ai tatoué sur le cœur ! »

Même si l’absurdité de notre mode de scrutin (la CAQ a pratiquement le même nombre de votes que QS sans avoir fait élire un seul député) et le faible taux de participation ( 66%) contribuent à exacerber le cynisme, il y avait néanmoins quelque chose de beau à voir des gens motivés par leurs idéaux dans un tel contexte politique.

« Les forces progressistes et de gauche au Québec sont encore bien vivantes. Québec solidaire n’a pas dit son dernier mot », a assuré Ruba Ghazal à la fin de son discours.

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Les oreilles encore bourdonnantes en quittant le Club Soda, pas le choix de lui donner raison.

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