La petite histoire du voyage organisé

Des chèques de voyage à Expedia: comment le voyage organisé s'est...organisé

FILER À L’ANGLAISE

Le voyage organisé est inventé au 19e siècle par l’homme d’affaires anglais Thomas Cook. « Parlant français, il pouvait regrouper des Britanniques et les emmener en France. Les gens n’auraient pas pu voyager sans ces organisateurs », explique Alain A. Grenier, professeur à l’UQAM spécialisé en tourisme. Si le tout-inclus est maintenant l’apanage de la classe moyenne, à l’époque, c’était la bourgeoisie qui profitait de ces formules « diligences comprises ». Thomas Cook innove par la suite en mettant au point le coupon d’hôtel et le chèque de voyage, mais pas le sac-banane qui permet de les conserver en toute sécurité.

TOUT INCLURE

C’est encore un Britannique, Billy Butlin, qui décide d’inclure tous les services dans les forfaits vacances qu’il offre à ses concitoyens anglais moins fortunés. Il ouvre un premier centre de villégiature en 1936, à Skegness, en bordure de la mer du Nord (température moyenne en juillet : 16 °C). On est loin du sable blanc et de l’eau turquoise.

GENTIL ORGANISATEUR

Les vacances se déplacent dans le Sud avec l’avènement des Clubs Méditerranée, créés en 1950 par le Belge Gérard Blitz. Sa femme, Claudine, se charge elle-même de recruter les Gentils Organisateurs, ces fameux G.O. qui s’assurent que vous ne puissiez jamais vous reposer complètement. JiCi Lauzon et Patrick Bruel ont tous deux déjà été G.O.

HAUT LES MAINS!

Au début des années 1980, les voyages dans le Sud se démocratisent et, au Québec, cette popularité est alimentée par la collaboration entre Dominique Michel et le Club Med. La multiplication des transporteurs aériens entraîne par ailleurs une diminution des prix, ce qui permet aux moins nantis de voyager eux aussi. C’est également à cette époque qu’est fondé le transporteur québécois à rabais Air Transat par un groupe de gens d’affaires incluant François Legault.

LA PRISE DE CONSCIENCE

À la fin des années 1990, le tout-inclus commence à recevoir son lot de critiques légitimes. On réalise qu’au lieu de bénéficier des richesses que ce tourisme lui promet, la population locale se retrouve privée de ses plages, qui sont monopolisées par les mégacomplexes hôteliers. « Ce sont des entreprises du Nord qui viennent s’approprier les territoires du Sud, avec la complicité des gouvernements locaux », explique Alain A. Grenier, qui n’est toutefois pas prêt à jeter le bébé avec l’eau de la piscine à débordement. « Certains se sont tournés vers le tourisme communautaire ou l’écotourisme, mais comme il y a aussi eu une massification de ces phénomènes, on y retrouve les mêmes effets, mais encore plus pervers, parce que plus sournois. » Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec des concours pour gagner des voyages « humanitaires ».

SUR LA CYBERAUTOROUTE DES VACANCES

En 1996, le site Expedia, une filiale de Microsoft, voit le jour. Cet engin de recherche permet de réserver vols, hôtels et voitures de location. Aujourd’hui, le groupe possède également d’autres agences de voyage en ligne, comme Hotels.com, Trivago, Travelocity et CheapTickets, mais il est maintenant séparé de TripAdvisor, qui a révolutionné le monde du voyage en permettant aux touristes de donner leur avis sur la qualité des hôtels et des restaurants. Vous vous pensiez fin en faisant le tour de tous les sites pour trouver le meilleur deal ? C’est toute la même entreprise !

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