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Pourquoi se rendre à Paris si on ne peut pas voir la tour Eiffel? Pourquoi se déplacer en Arizona si on ne peut pas contempler l’immensité du Grand Canyon? Pourquoi voyager à New York si on ne peut apprécier la vue panoramique du haut d’un gratte-ciel? Pourquoi faire du pouce jusqu’en Colombie-Britannique si ce n’est pas pour se prendre en photo devant les Rocheuses?
Anne Jarry est beaucoup de choses : elle est professeure à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal. Elle est championne paralympique de goalball. Elle est une grande voyageuse. Et elle est aveugle.
Ça peut faire sourciller, que d’apposer l’adjectif “voyageuse” au nom “aveugle”. Parce qu’après tout, la traduction anglaise de “tourisme” n’est-elle pas “sightseeing”, ou littéralement “profiter de la vue”?
Ainsi, Anne a toujours un peu l’impression d’affronter les stéréotypes, quand elle dévoile son passeport estampé à des étrangers : “Les gens me le disent pas ouvertement, mais plein de monde pense que c’est inutile de voyager si on ne peut pas en ramener des souvenirs visuels.”
Rien pour aider, le marketing touristique fait habituellement appel à un vocabulaire qui privilégie la vue aux autres sens. “Une vue à couper le souffle!” pour vendre des paysages, ou encore
