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La fin des faibles : la compétition de rap qu’on attendait

Discussion avec les juges Souldia, Sarahmée et Koriass.

Par
Billy Eff
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Le 1er mars, il y aura une petite révolution dans nos écrans : à 20h, on pourra enfin voir La fin des faibles, la première compétition de rap francophone à la télé au Québec! Seize candidat.e.s s’affronteront ainsi sous nos yeux dans l’espoir d’être sacré meilleur ou meilleure MC. Animée par Pierre-Yves Lord, l’émission est une adaptation des très populaires compétitions End of the Weak qui se déroulent partout dans le monde et sont organisées par les communautés hip-hop locales. Dans les sièges des juges pour le Québec, trois légendes: Sarahmée, Koriass et Souldia.

Issus de scènes et d’époques diverses du rap, les trois vétérans avaient aussi des goûts et des attentes différentes. Les tournages étant terminés, on a jasé de l’émission – produite par URBANIA – avec eux pour savoir ce qu’on peut attendre de cette proposition ambitieuse, qui marque un moment charnière pour notre scène musicale.

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URBANIA: Maintenant que vous avez pu regarder quelques épisodes, quel souvenir gardez-vous de La fin des faibles?

Souldia: C’était 50 fois au-dessus de mes attentes! J’ai rencontré des gens qui ont un talent incroyable, ça a renforcé mon amour pour la langue française. Je me suis souvenu que c’est pour ça que je fais ce métier-là aujourd’hui, parce que j’aime les mots; ça m’a ramené sur terre un peu. Et je suis content que ça se passe à la télé grand public. C’est un pas de plus pour le rap.

Sarahmée: Je me suis tellement amusée en faisant cette émission. C’était génial de voir autant de talent chez les jeunes, et que ça puisse donner une visibilité à des jeunes qui n’en ont pas beaucoup, dans les médias.

Koriass: J’ai été vraiment surpris du résultat final, autant dans la qualité de la réalisation que dans le montage. Et c’est sans parler de l’incroyable talent des participant.e.s. Le mandat c’était d’amener les codes du rap à la télé et rendre ça accessible, tout en faisant un bon spectacle, qui est accrocheur. Je pense qu’à ce niveau-là, la mission est remplie. C’est vraiment un projet dont je suis fier!

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Si vous aviez eu accès à une émission comme ça quand vous avez débuté, vous seriez-vous inscrit?

Sarahmée: Je recule de 15 ans, et je me dis que j’aurais regretté de pas l’avoir fait! Je l’aurais fait en me disant que je n’ai rien à perdre, et j’aurais donné mon maximum. C’est ce qu’ont fait les candidats, j’ai vraiment ressenti leur énergie et leur vibe durant la compétition, et je voyais qu’ils étaient fiers d’être là. Ils ont fait le bon choix de venir et ils ont brisé la glace. Je suis certaine que si on fait une deuxième saison, il y a beaucoup de gens d’abord réticents qui, après avoir vu cette saison-ci, vont vouloir s’inscrire.

Koriass: Honnêtement, je ne sais pas. D’un point de vue professionnel, j’ai toujours préféré faire les choses moi-même et tracer ma route. Pour me faire connaître, je trouvais ça important d’aller faire des shows dans des bars et de passer par les rudiments de la patente une étape à la fois. Et c’est beaucoup de pression! Quand je regardais les artistes devant moi, je me disais que j’étais pas certain si j’avais les reins assez solides pour faire ça, dans mes débuts. Tout mon respect à ceux qui le font, je trouve ça admirable.

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Souldia: Absolument! Si tu veux réussir dans ce business-là, tu te dois de faire tout ce qu’il faut et de rentrer dans toutes les portes qu’on t’ouvre. Et moi, j’aurais été le premier à m’inscrire et j’aurais tout mis là-dedans. L’important, c’est de gagner; mais de juste être là c’est une victoire aussi. Même si tu finis pas en finale à New York, d’avoir livré ta marchandise devant un grand public à la télé, c’est un beau tremplin.

Les participant.e.s doivent se mesurer dans plusieurs épreuves. Si vous aviez été à leur place, dans quelle épreuve auriez-vous excellé?!

Souldia: Texte libre, c’est sûr! Un freestyle, tu sais jamais comment tu vas performer. J’étais un bon freestyleur à l’époque, mais même le plus grand rappeur du monde peut s’enfarger dans son freestyle. C’est l’instant du moment qui le dit! Je suis un gars de show, j’aime le live, les contacts, la scène. C’est ça que j’aurais aimé le plus, c’est là que tu vois ce qu’un MC a dans le ventre.

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Sarahmée: Pour moi ça aurait été l’a cappella. Je suis vraiment une fille de textes, c’est comme ça que je me suis mise à rapper, en écrivant de la poésie. J’ai toujours un dictionnaire pas loin! Et ce sont des moments plus libres et intimes, où tu peux parler de toi et te dévoiler.

Koriass: Celle qui aurait mis le texte de l’avant. Je fais un mélange de texte libre et d’a cappella dans mes spectacles. C’est là que j’aurais été confortable, je crois.

Comme juges, qu’avez-vous appris sur votre propre art en évaluant les candidat.e.s?

Sarahmée: Ç’a ma montré à quel point c’est important d’écouter les artistes de la relève. Ça me fait revenir en arrière, ça me fait penser à comment j’écris. Quand j’écoute une chanson et que j’ai envie d’écrire après, c’est que t’as déclenché quelque chose dans ma tête. Il faut rester connecter avec les prochains artistes et les écouter. J’ai été cette personne-là. Et aussi que tu continues d’apprendre, tous les jours, des autres.

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Koriass: Ça m’a appris à appliquer certaines choses. Parfois, j’ai de la misère à dire les vraies choses par peur de blesser les gens. Souvent dans ma carrière, j’ai dit oui à certaines choses alors que j’aurais dû dire non. Donc quand je vois quelques lacunes évidentes chez quelqu’un, je vais pas les contourner. Je vais dire « Ça, tu devrais travailler là-dessus », et je crois que c’est gagnant pour tout le monde, de faire face à ce qui est problématique. Entendre une critique constructive, ça ne peut qu’aider la personne.

Souldia: Tous les candidats avaient une force incroyable pour jouer avec les mots. Ça me donnait envie d’écrire, et de pas rentrer chez moi! Ils m’ont vraiment inspiré, tous autant qu’ils sont. Après 20 ans carrière, s’il y a bien quelque chose que je peux faire pour impressionner les gens, c’est de faire des jeux de mots incroyables. La plume, quoi, l’essence même du rap! Ça m’a fait du bien de vivre ça avec ces gens-là.

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Quel est votre meilleur argument pour convaincre les gens de regarder l’émission?

Souldia: C’est une nouvelle aventure, qui ne ressemble à rien. C’est pour tout le monde, autant un professeur de français à l’université qu’un gars dans sa trap house. Tout le monde va y trouver son compte! Il y a des participants de toutes les couleurs et tous les styles. Le rap, maintenant, ç’a des dizaines de branches, et même chez les candidats qui étaient un peu moins mon style, je trouvais quelque chose que j’aimais. C’est vraiment ce qui est incroyable, avec cette émission!

Koriass: Je leur dirais de s’ouvrir l’esprit, parce que ce n’est pas que du rap dont il est question dans ce show-là. Comme Baz (le réalisateur) a dit dans une entrevue à La Presse, c’est un tout qui est jugé. Pas seulement le talent en rap, mais aussi le charisme et l’histoire de la personne. C’est l’humain qui est mis en avant. N’importe qui peut s’intéresser à ça, et ça ne laisse personne indifférent.

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Sarahmée: C’est de la bonne télé! C’est vraiment tout ce que je peux dire aux gens: la sauce prend.

+++

La fin des faibles

À la télé | Les lundis et les mercredis, du 1er au 24 mars à 20 h
Sur telequebec.tv et sur l’application Télé-Québec

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