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La fête nationale dans la cour arrière de David Goudreault

Une saucette dans la piscine entre deux répétitions.

23 juin 2020
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« Tu peux me rappeler dans 15 minutes, je vais patauger encore un peu avec les enfants.»

Le poète, romancier, slameur, travailleur social et chouchou national David Goudreault maximise chaque moment en famille, entre deux répétitions du grand spectacle de la fête nationale du Québec, qui sera diffusé ce soir en direct de l’amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières.

Un cadeau du ciel pour ce Trifluvien d’origine. « Je viens manger avec ma famille, avant d’aller fricoter avec Lara Fabian et Diane Dufresne, c’est pas rien! », lançait-il lundi en soirée, à la veille du grand jour.

Ce n’est pas rien en effet.

«Je viens manger avec ma famille, avant d’aller fricoter avec Lara Fabian et Diane Dufresne, c’est pas rien!»

Tout ce spectacle n’est pas rien, en fait. Le fait de le sortir de Montréal ou Québec, le fait de le présenter sans public, le fait de réunir autant de gens après des mois de confinement, le fait de le présenter dans un climat particulier, teinté par la COVID et les manifestations antiracistes découlant du meurtre de Georges Floyd au sud de la frontière.

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L’auteur de la trilogie de la bête (Stanké) l’affirme sans détour: le racisme systémique existe bel et bien et il se réjouit de ressentir une prise de conscience à ce sujet dans la conception du spectacle. « J’ai senti une réelle volonté en route et j’ai l’impression que c’est aussi ce qui se passe dans la population », souligne le romancier, qui n’a pas de contrôle non plus sur le contenu intégral du spectacle.

Il se concentrera plutôt sur son segment, qu’il livrera aux côtés de son ami l’auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier, avec qui il a déjà collaboré dans le passé, notamment lors des Francofolies et du Festival d’été de Québec en 2016.

Cette portion « retrouvailles » du spectacle enchante particulièrement Goudreault. « Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est le nombre de gens que j’aime d’amour sur ce show. Christine Beaulieu avec qui j’ai été à l’école, Richard Séguin etc. », louange le poète, qui foulera aussi les mêmes planches que Coeur de Pirate, Émile Bilodeau, Alexandra Stréliski, Hubert Lenoir, Patrice Michaud, Gregory Charles, Mara Tremblay, Corneille, Martha Wainwright etc., sans oublier les timoniers Pierre Lapointe et Ariane Moffatt.

«C’est facile de tomber dans la grandiloquence et de sonner faux. La plupart du temps, ça fonctionne quand tu y crois. J’ai la chance d’avoir une grosse réserve d’espoir en notre avenir en banque.»

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Le discours patriotique sera pour sa part segmenté en quatre, porté par Fred Pellerin, Elisapie, Christine Beaulieu et, bien sûr, David Goudreault. « Il n’a pas été écrit à huit mains, chacun a été envoyé sur une piste. La mienne aura rapport à la solidarité dans la diversité », confie l’auteur, calculant que chaque prestation sera assez courte, soit environ deux minutes. « Ça va aller vite. C’est facile de tomber dans la grandiloquence et de sonner faux. La plupart du temps, ça fonctionne quand tu y crois. J’ai la chance d’avoir une grosse réserve d’espoir en notre avenir en banque », illustre celui qui a déjà livré des discours du genre dans les grosses fêtes nationales comme dans les plus régionales.

Évidemment, les artistes devront se passer du feed-back de la foule (on a prévu des ampoules symboliques, mais bon), qui devrait se contenter d’assister aux festivités à travers un écran. Une situation qui n’inquiète nullement David Goudreault. « Ça sera une drôle de vide, mais la plupart des artistes ont commencé quelque part et ce quelque part c’est souvent de petites salles avec une quinzaine de personnes pas trop intéressées. Alors 300 techniciens, ça ne devrait pas être si pire », rigole Goudreault, qui note aussi de franches rétroactions entre les artistes pour se donner l’heure juste.

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Et puis, les artistes (et nombreux techniciens) seront aussi épaulés par 14 musiciens, des choristes, trois orchestres symphoniques, deux chorales et des danseurs.

Tout ne sera évidemment pas parfait, mais l’effort sera là, assure Goudreault. « Une grosse production comme ça, c’est sûr qu’il y aura des critiques, mais j’ai vu des yeux humides tantôt. Et il ne faut pas perdre de vue que c’est la première fois que tous les réseaux de télévision s’entendent pour diffuser le même spectacle », note l’auteur de Ta mort à moi (Stanké).

Si la pandémie aura au moins réussi à faire décréter une trêve dans la guerre que se livrent les réseaux concurrents, elle aura aussi permis à David Goudreault de fêter la Saint-Jean dans la cour arrière de son enfance, « un gros gros bonus » admet le principal intéressé.

«Le Québec va tirer son épingle du jeu dans tout ce branle-bas, parce que nous sommes curieux, ouverts et résilients dans l’adversité ou la défaite.»

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Mais pour ce souverainiste convaincu, ce sont d’abord ses compatriotes qui sortiront gagnants de cette expérience unique, mais aussi du contexte ambiant particulier dans lequel ils évoluent depuis des semaines. « Le Québec va tirer son épingle du jeu dans tout ce branle-bas, parce que nous sommes curieux, ouverts et résilients dans l’adversité ou la défaite », résume Goudreault, avant de remettre le cap vers l’amphithéâtre Cogeco, pour l’ultime répétition.

Le coup d’envoi du grand spectacle intitulé Tout le Québec à l’unisson, sera donné à 20h à TVA, Radio-Canada, V et Télé-Québec. Pour les détails, c’est ici.

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