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« La cité oblique » : l’histoire underground de Québec

Un récit inspiré par les voyages de H. P. Lovecraft.

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L’Halloween s’en vient à grands pas et c’est tant mieux parce qu’on va pouvoir parler de choses épeurantes et de phénomènes paranormaux. Pis le GOAT du weird fiction aka H. P. Lovecraft a écrit des affaires bizarres sur la ville de Québec — il l’a visitée à trois occasions —, mais ça s’est perdu dans la brume pour resurgir sous la forme d’une bande dessinée : La cité oblique de Christian Quesnel et Ariane Gélinas. Vous pensez connaître l’histoire de Québec? Sûrement pas cette version-là. Préparez-vous à descendre dans le rabbit hole.

En effet, le créateur du mythe de Cthulhu — monstre au nom imprononçable qui ressemble à Predator — est venu marcher dans le Vieux et a halluciné des trucs. Ça lui a instillé une idée reposant autour de la déesse Elkanah et de bibittes aquatiques antédiluviennes qui hantent et gouvernent les lieux. Elles tolèrent les humains, car elles se nourrissent de sang, de sève et d’eau pure. Le premier peuple peut y vivre en harmonie dans un système de codépendance. C’est lorsque des nations rivales venues d’outre-mer ont voulu se l’approprier que la marde a pogné. Anglos VS Francos : Les Origines.

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Vous vous doutez bien de la suite. Pas toute, mais les grandes lignes. C’est là que l’univers débridé du maître passe en mode turbo et nous propulse dans un gala de lutte des années 80 avec du maquillage, des masques et de la pyrotechnie. L’histoire avec un H n’aura jamais été aussi fascinante.

« Will there be another race to come along and take over for us?

Maybe Martians could do better than we’ve done…

We’ll make great pets. »

– Porno for pyros

Et si c’était les intraterrestres depuis tout ce temps? Ce sont peut-être eux qui s’amusent à nous contrôler depuis les profondeurs abyssales. Lovecraft insinue que Québec est un fragment du monde des fées. Il prétend aussi que la ville a gardé son caractère « fr’lyehien » (français en langage Lovecraft) grâce à l’intervention de la déesse qui a choisi les humains pour la peupler et assurer sa descendance.

Ouin, il y aurait eu échange de fluides afin de créer une race hybride qui arpente toujours les rues de la Vieille Capitale. Il s’agit de bien observer lorsqu’on s’y promène au crépuscule. On peut apercevoir dans la cité oblique un peu de cette magie ancienne en action.

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On a droit ici à une œuvre magistrale. Tout d’abord, les illustrations sont à couper le souffle. Christian Quesnel est au sommet de son art. Son travail sort du carcan usuel de la BD et chaque planche est investie d’une extrême minutie et de beaucoup d’amour. C’est comme un mashup de Magic: The Gathering et de King Diamond — très metal.

Ensuite, le récit concocté par Ariane Gélinas se devait d’être à la hauteur de la fulgurance des écrits de H.P. Lovecraft; un défi qu’elle a relevé haut la main. Ce n’est pas un pastiche et c’est tout aussi épique! Pas besoin d’être calé en la matière pour pouvoir apprécier cette pure merveille qui saura vous transporter hors de ce monde.

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