La blague de trop  : comment s’excuser d’une bévue au travail

Savoir régler un conflit mineur au travail.

URBANIA et l’INIS s’unissent pour vous aider à créer un meilleur climat de travail pour tout le monde.

Ces dernières années, la vague #moiaussi et les réflexions sociétales qui ont suivi nous ont poussés à contester certains comportements autrefois acceptables. Collectivement, on s’est rendu compte qu’il était facile de faire partie du problème et qu’il fallait revoir les limites de ce qui est acceptable, voire encouragé.

Le milieu de travail est un lieu clé de toute cette révision puisqu’il se situe à la frontière de nos sphères publiques et privées. Sommes-nous entre amis ou entre collègues? Parfois c’est flou, et c’est là qu’on risque de franchir la ligne.

Revoir nos limites

Définir une nouvelle limite, ça vient parfois du fait qu’on en a dépassé une sans le vouloir. Peu importe notre sexe ou notre origine ethnique, il est possible que nous commettions une bévue et blessions des gens autour de nous. Mais lorsque le mal est fait et qu’on a dit la blague ou la remarque de trop, que peut-on faire?

Pour nous aider à réparer les petites offenses, on a décidé d’élaborer un mini-guide sur les façons de s’excuser comme il se doit. Parce que oui, des excuses réfléchies et sincères peuvent réparer bien des maux. Pour nous aiguiller dans la création de ce guide, nous avons fait appel au savoir de la conseillère en ressources humaines Catherine Émond.

*Avant de poursuivre, précisons que le présent texte fait référence à des « bévues », c’est-à-dire à des incidents très mineurs qui peuvent arriver à tout le monde. Le mot « bévue » ne fait pas référence à des cas d’abus psychologique graves ou d’agressions sexuelles.*

1 — La prise de conscience

Selon Catherine Émond, une réelle prise de conscience est importante lorsqu’on vit une telle situation. « Il faut comprendre l’impact de nos gestes et de nos paroles tout en étant empathique et à l’écoute de l’autre », nous dit-elle. 

Il faut garder en tête que les sensibilités ne se discutent pas. Votre conception d’une « blague raciste » n’est peut-être pas la même que celle de votre collègue qui a dû en subir toute sa vie. Dans tous les cas, c’est sa limite qu’il faut respecter. Il en va de même pour les remarques sexistes.

2 — Assumer que vous avez dit la phrase de trop

L’écoute est indispensable non seulement quand vient le temps de faire des excuses, mais aussi pour éviter de se mettre dans une telle situation. « Il faut utiliser son quotient émotionnel (QE) et apprendre à reconnaître les émotions des autres en étant à l’écoute du non-verbal et du paraverbal. Le ton de la personne change, son timbre de voix, etc. Il y a plein d’indices qui nous indiquent qu’on a dit la phrase de trop », précise la conseillère.

Quand vient le temps de formuler ses excuses, il faut donc assumer qu’on a dit la phrase de trop et prendre ses responsabilités en ce sens. « Il faut éviter de jouer à la victime ou de se trouver des excuses », explique Catherine Émond. Ainsi, on montre à l’autre qu’on comprend la portée de notre geste ou de nos paroles.

3 — Des excuses, ça n’entraîne pas automatiquement un pardon

Si on a dit la phrase de trop, il faut s’attendre à vivre avec les conséquences. « Présenter des excuses à quelqu’un, ça ne veut pas dire que cette personne va passer par-dessus ce qu’on a fait. Elle peut les accepter, mais tout de même vous éviter au quotidien », indique Catherine Émond.

En effet, il faut laisser du temps et de l’espace à la personne en question afin qu’elle puisse faire son bout de chemin. Elle peut aussi décider de ne pas vous pardonner parce que des excuses, même bien formulées, ça ne garantit pas un pardon.

4 — Par écrit ou en personne?

Certaines personnes pourraient être tentées d’envoyer un courriel ou un message texte à la suite d’une situation ayant créé un malaise au travail. Selon Catherine Émond, l’écrit n’est pas nécessairement à proscrire, mais il est découragé. « C’est plus difficile de mesurer la façon dont il sera reçu et interprété », fait-elle remarquer.

Selon l’ampleur de la bévue, la conseillère propose de faire appel à un intermédiaire. « Dans certains cas, il est recommandé de s’excuser face à face dans un bureau avec un témoin. Ce témoin peut être quelqu’un des ressources humaines, par exemple. Cela dit, ça peut aussi se faire sans intermédiaire. En évaluant la situation, il faut user de jugement et de gros bon sens », précise-t-elle.

Mieux vaut prévenir que guérir

Saviez-vous que depuis le 1er janvier 2019, tous les employeurs doivent mettre en place une politique de prévention du harcèlement sous toutes ses formes? Eh oui, la société redouble d’ardeur pour éviter les climats de travail toxiques. « Enfin! », peut-on s’exclamer. Mais le travail ne s’arrête pas là : il faut maintenant apprendre à prévenir pour éviter de devoir guérir.

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L’Institut national de l’image et du son (INIS) a récemment conçu et mis en ligne un guide complet pour combattre le harcèlement dans le milieu culturel. Ce guide commence d’ailleurs par expliquer ce qui constitue du harcèlement, parce que si on parle de prévention, on parle aussi d’éducation. Il est primordial qu’on soit sur la même longueur d’onde quand vient le temps de définir ce qu’est le harcèlement.

Cliquez ici pour découvrir la formation Il était une fois… de trop, de l’INIS.

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