Julien Bernatchez s’est trompé sur Sonic et prédit un départ pépère pour The Call of the Wild

Votre weekend cinéma passe au cash.

Encore une fois cette semaine, le box-office a eu raison de moi. Il s’agit d’un deuxième revers de suite, mais cette fois-ci j’ai sous-estimé Sonic le sémillant hérisson! En effet, j’avais prédit une première fin de semaine honorable de 35 millions et donc un succès d’estime. Finalement, ce fut 58 millions, soit le record pour un film de jeu vidéo, et le double de ce qu’à fait l’infâme Mario Bros dans toute sa carrière! Pour mes prédictions, un des nombreux outils que j’utilise, c’est la comparaison entre les œuvres similaires, dans le cas présent les films basés sur un jeu vidéo. Je me disais que Sonic, moins populaire (présentement) que Pikachu et avec une date de sortie moins intéressante (février contre mai), ferait une moins bonne fin de semaine que lui. Un Jim Carrey inspiré, une promotion efficace et une compétition faible m’auront donné tort. Tant pis, je me reprends cette semaine!

The Call of the Wild

10e adaptation filmée du récit du même nom, la plus ancienne remontant à la période du muet en 1923, en passant par une version avec Snoopy en 1978 (particulièrement terrifiante d’ailleurs, tsé c’était l’épisode épeurant ou il fait un cauchemar dans lequel il est un chien de traineau et c’est déprimant tout le long. Non? En tout cas moi je m’en rappelle.)

Anachronique ou intemporel, le film semble provenir d’une autre époque avec son récit qui suit les aventures d’un prospecteur et de son fidèle saint-bernard (comme Beethoven, mais sans les 7 suites) au Yukon en 1905. Mais une chose nous rappelle parfaitement que c’est un film tout ce qu’il y a de plus contemporain : un chien en CGI. Et quoi de mieux qu’un chien en CGI pour attirer les railleries de tous les internautes? Peut-être un hérisson en CGI? C’est vraiment une rencontre au sommet du divertissement en salle!

On ne peut nier qu’un jeune d’aujourd’hui est plus attiré par le sympathique Sonic couleurs bonbon que par le Klondike au sombre parfum d’hiver.

Malheureusement, le film a assez peu pour lui en potentiel commercial. On ne peut nier qu’un jeune d’aujourd’hui est plus attiré par le sympathique Sonic couleurs bonbon que par le Klondike au sombre parfum d’hiver. Le film a aussi coûté la somme astronomique de 109 millions, ce qui met son seuil de rentabilité à 300 millions, un chiffre impossible à atteindre. Puis l’histoire, campée au Canada, est très nord-américaine dans ses thèmes et ne plaira probablement qu’assez peu aux marchés internationaux, amateurs dans leurs importations de divertissements plus rassembleurs, genre les catastrophes pis les superhéros.

Pour le positif, le livre est un classique de la littérature et doit donc représenter un bon bassin de fans. Cela dit, ils doivent avoir 86 ans et c’est un film pour enfant. Sinon la critique est plutôt bonne, et Harrison Ford, qui a clairement la gueule mal-rasée de l’emploi, sort tout de même de la nouvelle trilogie des Star Wars qui a cumulé 4,5 milliards en 4 ans. Là encore, j’ai la légère impression que ça ne rejoint pas tout à fait le même public. Je prédis donc une fin de semaine assez faible de 16 millions, ce qui est beaucoup trop bas pour justifier son budget. Mais ce sera un bon film à écouter le dimanche après-midi chez nos grands-parents un 3 janvier après avoir mangé un bol de soupe aux pois.

Au final, ce rachat ne sert qu’à remplir la librairie de Disney + et nous donner un accès facile aux Simpson doublés au Québec.

Petite parenthèse : le film a été produit par la Fox, mais est distribué par Disney qui a racheté le studio. Il est le premier à sortir sous la nouvelle bannière « 20th Century Studios ». Pour la petite anecdote, la version de 1935 a été le dernier film distribué par Twentieth Century Pictures, précurseur de 20th Century Fox. Toute est dans toute! À date presque tous ces rejetons de la Fox ont sous-performé chez Disney, le point culminant étant le dernier film des X-Men, Dark Phoenix, qui a fait un pathétique 65 millions sur un budget de 200, probablement le plus gros flop de l’année. La seule exception étant Ford vs Ferrari, et son 225 millions est très loin des 1,6 milliard d’un Roi Lion. Disney a annoncé qu’à l’avenir le studio ne sortira que 4 films par années, et de toute évidence ils mettent bien peu d’effort dans leurs promotions. Au final, ce rachat ne sert qu’à remplir la librairie de Disney + et nous donner un accès facile aux Simpson doublés au Québec. Pour l’instant, retirer ce joueur du marché ne valait pas les 71 milliards déboursés. Mais au moins cela permettra l’inévitable crossover entre Star Wars et Alien. Ou Donald Duck et La planète des singes. Ou Family Guy et les Avengers. Que de belles années devant nous!

Ne trouvez-vous pas que le box office est fascinant?

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Si vous partagez la passion dévorante de Julien Bernatchez pour le box-office, retrouvez-le chaque semaine en audio ici!

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