Julien Bernatchez, le devin du box-office

Votre weekend cinéma passe au cash.

La morosité du weekend du Superbowl est maintenant derrière nous. Comme prévu, le véritable spectacle ne se trouva pas en salle, mais plutôt dans les commentaires de boomers qui critiquaient le spectacle trop sulfureux de la mi-temps dans les lignes ouvertes.

 

Gretel et Hansel : j’avais vu juste!

J’avais prédit une petite 4e ou 5e position pour Gretel et Hansel, et ce fût précisément le cas, avec un modeste 6 millions et une 4e position, derrière Bad boys for life, 1917 et Dolittle.

The Rhythm Section pulvérise des records

Mais tout n’est pas négatif, puisqu’un record a été pulvérisé en fin de semaine! En effet, l’anonyme drame d’action The Rhythm Section avec l’angélique Judd Law  se mérite la palme de la pire fin de semaine de tous les temps pour un film en «wide release», soit projeté sur plus de 3000 écrans, avec un pathétique 2.7 millions. La production de 50 millions ne réussira pas à en faire 10, et sera vite reléguée au fond du baril de DVD à l’entrée du Pharmaprix.

Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn

Heureusement, retour à la normale cette semaine, avec la plus grosse sortie de l’année (à date) : Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn). Spinoff/suite de l’horrifiant Suicide Squad, cette fois les astres sont beaucoup mieux alignés.

Le premier est un film charcuté par le studio, détesté par les fans, et contient la pire représentation du Joker au grand écran (et j’inclus le film d’Adam West de 1966 dans lequel on peut voir la moustache de l’acteur sous son maquillage). Sa version costume d’Halloween de pimp avec des grillz et un tattoo «damaged» dans le front  fut, contre toute attente, très mal reçue, et sa présence à l’écran fut réduite par le studio de 50 minutes à un misérable 10. Peut-être aurait-il connu plus de succès en Influenceur Instagram. Jamais un clown n’aura été plus triste à voir, et on peut maintenant imaginer Jared Leto pleurer seul chez-lui en regardant Joaquin Phoenix gagner l’Oscar d’interprétation masculine.

Le seul point positif du film était la prestation énergique et charismatique de Margot Robbie, et comme de fait, elle est le seul élément qui est de retour dans Birds of Prey (and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn). Comme indiqué dans le titre -plus long qu’une game de Monopoly contre un chien-, la sympathique Harley Quinn y verra son émancipation, de par sa rupture avec son bouffon de copain et sa rencontre avec ses nouvelles chums de filles funky. S’en suivront 109 minutes survitaminées de moments d’action couleur bonbon et de ralentis sur des toune pop à la mode. Un ensemble chargé et coloré, cinéma qui s’assume comme un plaisir pur et une escapade à notre vie de marde oh-non-chu-pogné-sur-le-pont-faut-aller-chercher-les-petits-à-la-garderie-je-suis-tout-le-temps-fatigué-stressé-et-anxieux.

Autre aspect intéressant, le film suit les pas du film Joker (celui de Joaquin Phoenix) et est coté R, plutôt que le moins restrictif PG-13 qu’on retrouve dans presque tous les films de superhéros, y compris son précédent Suicide Squad. Ça veut dire plus de gore et de «I’m Mother Fucking Harley Quinn!», pour notre plus grand plaisir. Joker étant le succès critique et public qu’on connaît (plus d’un milliard mondialement), le studio est probablement un peu moins frileux de prendre ce risque. Dans sa foulée plus progressiste aussi, l’antagoniste Black Mask est maintenant homosexuel, contrairement à sa version bande dessinée. Coup de marketing, petite fleur à un public délaissé ou véritables bonnes intentions? Probablement un mélange de tout ça, mais il ne faut pas oublier qu’un studio est là pour faire de l’argent avant tout.

Je prédis donc une première fin de semaine de 53 millions, et un box-office total de 165 millions. Le film ne rencontrera tout de même pas le succès d’un Batman (plus connu) ou d’un Spiderman (plus accessible), mais devrait néanmoins justifier son budget modeste (pour un film de superhéros) de 75 millions, ainsi que plusieurs présences futures au cinéma pour la tonique Harely Quinn. Sans son Joker avec des grillz.

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