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Une «usine».
On a fait comme d’habitude. On a entré l’adresse dans notre iPhone, et on a suivi les indications, pour se ramasser devant une maison de banlieue.
Même pas une maison de mascotte, genre, avec des ballons, des animaux en peluche ou des flamands roses plantés dans le gazon. Une maison ordinaire.
On s’était sûrement trompé quelque part. Nerveusement, on a fait plusieurs tours du bloc en voiture. Mais il ne semblait pas y avoir d’erreur. Ça devait être là.
Max avait peur d’aller sonner. «T’imagines comment on a l’air con si c’est pas la bonne adresse? Bonjour, est-ce que c’est ici l’usine de mascottes?»
Et même si c’était bien là, qu’est-ce qu’on ferait? On s’imaginait mal filmer un gars qui fabrique des mascottes dans son sous-sol.
On a pris notre courage à quatre mains et on a sonné. C’était là.
C’est quand on est entré que la magie s’est créée.
Il y avait beaucoup de vie, d’histoire et de transpiration, dans ce sous-sol finalement pas ordinaire. Les têtes de mascottes s’enlignaient sur les tablettes, les costumes, les rouleaux de peluche. La machine à coudre battait son plein.
Dans cette fabrique, on a rencontré un jeune surprenant. Jessy. Quand il met son costume de mascotte, il se transforme.
Son corps s’anime, il danse, son toutou en peluche rouge prend vie. Non, ce ne sont pas de vieux alcooliques qui incarnent les mascottes.
Ça nous a donné une bonne leçon de vie. La banlieue, c’est un peu comme les mascottes. Faut pas se fier aux apparences extérieures. À l’intérieur se cache peut-être quelque chose de plus grand. – Paulo Coelho