Je suis allé voir un concours d’élocution japonaise

Sans surprise, je n'ai rien compris.

Ado, j’avais confié à une fille sur qui j’avais le kick (allô Sarah) que je rêvais d’apprendre le japonais. Elle m’a répondu: « Ugh, j’imagine que tu veux lire tes bédés en japonais? »

Elle avait tout à fait raison. 

Des années plus tard, j’ai suivi un cours de japonais à l’université, puis je me suis inscrit à des cours du soir au YMCA. 

Je ne sais toujours pas dire grand-chose à part « C’est délicieux » (oishii desu/おいしいです) et « Où se trouve le bar de danseuses? » (ストリップクラブはどこですか)… mon voyage au Japon était wild.

J’étais donc curieux quand j’ai reçu une invitation pour aller assister à un cours d’élocution japonaise qui se déroulait à Montréal le week-end dernier. 

Même pas débutant

Je me suis dit que l’idéal serait d’aller assister aux catégories Novice et Débutant. Comme j’ai une petite base en japonais, je me disais que je pourrais comprendre de quoi il était question en général. 

Pas vraiment non. 

Les compétiteurs devaient présenter un texte d’environ 3 minutes sur un sujet de leur choix. Saluons d’ailleurs l’originalité de certains compétiteurs qui ont choisi des sujets comme « L’université, la bière et les études » et « How to get rid of depression » (j’ai malheureusement manqué ce second exposé, je devrai donc m’arranger tout seul).

Un comité d’experts évaluait alors leur accent, mais également leur mémorisation, ce qui s’est avéré un problème pour plusieurs participants qui lisaient sur leur feuille. 

On voyait que les juges étaient cléments, même si clairement le japonais de certains candidats devait sonner comme un français qui essaie de dire « tabarnac ».

Je n’ai pas compris grand-chose, mais c’était quand même fascinant de voir de jeunes gens se dévouer à l’apprentissage d’une langue ainsi. D’ailleurs, on voyait que les juges étaient cléments, même si clairement le japonais de certains candidats devait sonner comme un français qui essaie de dire « tabarnac ».

Après tout, le japonais n’est pas une langue qu’on apprend pour voyager partout dans le monde ou pour les affaires. C’est une langue qui n’est parlée que dans un seul pays (deux si on compte les concerts de Hatsune Miku comme un pays). 

Ces participants ont donc décidé de se dévouer à l’apprentissage du japonais par passion pour la culture de ce pays. Quand on sait que la participation à cette compétition était sur une base volontaire, c’est plutôt impressionnant. 

Let’s Koto

Avant l’annonce des résultats, une sympathique dame est venue nous faire une démonstration de Koto, un instrument traditionnel japonais. 

C’est une espèce de guitare couchée sur le côté, mais ben plus compliquée. De la main droite, on gratte les cordes alors qu’on module les vibrations de la main gauche. On doit également ajuster les ponts sur lesquels reposent les cordes en fonction de la tonalité de la pièce.

Les Japonais font jamais rien de simple

La démonstration était magnifique. J’aime beaucoup la musique traditionnelle japonaise, mais je n’en écoute jamais parce que je ne sais pas quoi chercher sur Spotify (« La Bottine souriante but in japanese, genre? »). 

Les gagnants

Le temps est finalement venu d’annoncer les gagnants, qui pourront passer au prochain niveau de compétition. 

C’est William Ouellet (« L’âme musicale ») qui est reparti avec les honneurs dans la catégorie novice, alors que Zixin Pan (« My Memory of Japanese Concert ») s’est distinguée dans la catégorie Débutant. 

William est un musicien: « Je joue de la musique, et ça m’a amené à aller au Japon plusieurs fois. Je trouve ça important de parler la langue quand on voyage quelque part». Ça ne fait que quelques semaines qu’il a commencé son apprentissage, mais il a réussi à remporter la première place dans sa catégorie. Il est bien parti. 

Zixin Pan a commencé son étude il y a moins d’un an. Comme pour plusieurs, c’est sa passion de la culture japonaise qui l’a poussée à apprendre la langue nippone. 

Elle m’avoue aussi être quelqu’un de nature très timide, et que cette compétition était une façon pour elle de confronter sa timidité. Défi réussi, visiblement!

J’ai peut-être rien compris à aucun des exposés, mais ça m’a motivé à reprendre mes études. Qui sait, peut-être que l’an prochain je vais comprendre quelque chose?   

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